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Alexandra Saviana : "Paris est la capitale qui a le plus d'avantages pour les espions"

ENTRETIEN SUD RADIO - Comme le souligne au micro de Sud Radio Alexandra Saviana, grand reporter à L’Express, Paris est un centre névralgique du renseignement pour de nombreux services d'espionnage internationaux. Explications.

Alexandra Saviana
Alexandra Saviana, invitée de Maxime Lledo dans "Le Grand Matin Sud Radio".

Alexandra Saviana, grand reporter à L’Express, publie une enquête intitulée "Paris, nid d'espions", dans laquelle elle explique pourquoi la capitale française est aujourd’hui l’un des lieux les plus prisés par les services de renseignement. Comme elle l'explique au micro de Sud Radio, Paris combine de nombreux atouts face à d’autres villes comme Vienne : un contre-espionnage performant, des infrastructures idéales pour les rencontres discrètes et un sentiment de sécurité recherché par les espions, notamment ceux de pays alliés.

"Les espions choisissent Paris pour rencontrer leurs sources en toute sécurité"

Dans votre enquête, vous soulignez que Paris reste la ville où les espions choisissent de se retrouver.

Alexandra Saviana : Tout à fait. Chaque capitale a ses avantages et ses inconvénients, et Paris est la capitale qui a le plus d'avantages. Vienne, c'est une capitale d'espionnage, c'est sûr, il y a plein de monde. Mais c'est un peu un panier percé dans la mesure où elle a été traversée par beaucoup de scandales d'espionnage ces dernières années, notamment russes. Tandis que nous, on a un contre-espionnage qui est très fort. Alors, quand les espions, notamment de pays alliés, viennent rencontrer des sources à Paris, ils savent qu'ils sont en sécurité.

Certes, au 20ème siècle, il y avait eu de nombreux assassinats ciblés à Paris. Paris était un peu un terrain de jeu au 20ème siècle - on l'a vu avec l'enlèvement et la disparition de l'opposant marocain Ben Barka en 1965, qui a été l'objet d'un livre récemment. Depuis, il y a eu pas moins de 16 assassinats ciblés, il y en a eu encore en 2013, notamment avec des opposants kurdes. Aujourd'hui Paris est beaucoup plus apaisée, mais elle a été vraiment un centre névralgique, y compris de ces événements violents.

"Les métros parisiens permettent de casser les filatures"

Pourquoi Paris est-elle prisée par les services d'espionnage ?

Alexandra Saviana : Paris a une taille idéale, elle n'est ni trop grande ni trop petite, ce qui fait qu'on peut vraiment rencontrer des gens, s'y perdre et en même temps retrouver ses points d'appui. Elle a les bonnes infrastructures, c'est-à-dire les métros pour casser des filatures. Elle a des beaux hôtels. Et elle a aussi des aéroports : Charles-de-Gaulle ou Le Bourget. Il faut aussi que les sources aient des raisons d'aller à Paris. Et ça, c'est aussi un point central, parce que la France a les infrastructures pour se soigner, parce qu'il y a une histoire familiale : de nombreuses sources venant du Moyen-Orient ou des anciennes colonies françaises en Afrique viennent à Paris pour retrouver la famille. Et à cette occasion ils peuvent retrouver leurs officiers traitants américains, du Mossad ou autres.

"Les services français et la DGSI ont des palaces attitrés, et même des hôtels"

Paris est également connue pour certains de ses palaces. Cela peut paraître anecdotique, mais dans le monde de l'espionnage, c'est très important. Vous expliquez même à quel point certains services d'espionnage ont vraiment leurs habitudes dans les palaces, au point que certaines chambres sont équipées pour écouter ce qui s'y passe…

Alexandra Saviana : Tout à fait, on dit 'sonoriser' dans le langage. On parle même d'opérations de dépoussiérage. Quand on dit que les différents services ont leurs habitudes dans les palaces, il ne faut pas oublier que les services français, la DGSI, a des palaces attitrés, et même des hôtels. À chaque fois qu'ils vont faire une opération, qu'ils vont recevoir des délégations ou des sources, ils vont rentrer dans les chambres, ils vont "dépoussiérer", c'est-à-dire vérifier qu'il n'y a pas de micros, et ensuite ils vont poser les leurs pour enregistrer ce qu'il s'y dit.

"Le Ritz aussi a beaucoup été fréquenté par les services israéliens. Le Lutetia aussi"

Ça, c'est le cas des Français. Mais les Américains aussi ont leurs habitudes. Je vous rappelle que Le Crillon, très proche de l'ambassade américaine… Ce n'est pas le seul. Le Ritz aussi a beaucoup été fréquenté par les services israéliens. Le Lutetia aussi. Il a une histoire absolument formidable, avec les périodes un peu plus sombres de cet hôtel, notamment dans la période de l'occupation : il avait servi de zone d'occupation à l'armée allemande, qui était là. Et aujourd'hui, c'est devenu l'un des sièges du Mossad.

Retrouvez "La vérité en face" avec Maxime Lledo dans "Le Grand Matin Sud Radio".

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