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Un club de foot amateur teste un tournoi... interdit aux parents !

Par Tania Robieu

GROS PLAN SUD RADIO – Un club amateur du Loiret a testé une nouvelle formule : faire jouer des enfants sans la présence de leurs parents pendant un tournoi. L'objectif : observer le comportement des jeunes joueurs sans pression extérieure. Une initiative qui relance le débat sur la place des parents au bord des terrains.

tournois football
À Boigny-sur-Bionne, le tournoi sans parents a permis aux jeunes joueurs de gagner en autonomie et en sérénité.

À Boigny-sur-Bionne, dans le Loiret, le club de l’AGBCM a tenté une expérience peu commune : organiser (mercredi dernier) un tournoi de football pour enfants sans la présence des parents. À peine sur les terrains que certains jeunes sont déjà projetés comme de futures stars, dans une logique de “projet Mbappé”. Une pression qui peut peser sur les enfants et compliquer le travail des entraîneurs. Pour y répondre, le club a testé un format à huis clos, afin d’observer les jeunes joueurs sans l'influence parentale.

Pourquoi organiser un tournoi sans parents ?

Pour Fabien Lefèvre, manager général du club, l’objectif est d’observer les jeunes dans un environnement plus serein. Au micro de Sud Radio et de Benjamin Glaise, il détaille la démarche : observer les jeunes joueurs dans un environnement apaisé, sans pression extérieure.

« On a proposé à des équipes de participer à un tournoi à huis clos pour évaluer le comportement des enfants et des éducateurs lorsqu’ils ne sont pas entourés des parents. Les équipes se sont inscrites volontairement (…) Aujourd’hui, il existe un phénomène problématique avec des parents très interventionnistes qui veulent gérer la carrière de leurs enfants. »

« Des parents qui veulent que leurs enfants performent, parfois plus qu’à l’école »

Le dispositif ciblait une catégorie jeune, où ces comportements sont les plus marqués et où la pression parentale est particulièrement visible, pouvant peser directement sur le jeu.

« On a identifié que chez les enfants, notamment entre 6 et 13 ans, ces problématiques sont encore plus présentes. Quand on passe au football à 11, les problématiques concernent davantage les comportements envers les arbitres ou des tensions entre parents. Mais ici, on était vraiment concentrés sur le côté interventionniste, avec des parents qui veulent que leurs enfants performent, parfois même plus qu’à l’école ! »

Une présence qui complique le travail des éducateurs

Sur le bord des terrains, certains comportements reviennent régulièrement et perturbent le bon déroulement des matchs.

«Ils sont très présents autour des terrains. Ils donnent des consignes à tout le monde. Ça nuit au calme et à la sérénité des matchs (…) À moyen terme, cela entraîne des envies de départ vers d’autres clubs. Finalement, ça empêche les enfants de jouer librement et c’est très énergivore pour les clubs. »

Un tournoi apaisé, des enfants plus libres

Privés de la présence de leurs parents, les effets ont été immédiats sur le terrain. Le climat s’est révélé beaucoup plus apaisé, avec des enfants plus concentrés et plus libres dans leur jeu.

«C’était très calme ! Cela n’empêche pas certains éducateurs d’être parfois nerveux. Mais globalement, les enfants ont identifié qu’ils étaient plus tranquilles. Ils n’ont plus besoin d’aller voir leurs parents entre les matchs pour recevoir des consignes. (…) Les enfants nous ont dit qu’ils se sentaient plus tranquilles, plus concentrés. Ils osent davantage, sont plus créatifs, et ont moins peur de faire des erreurs. (…) pour des enfants de 9-10 ans, cela favorise aussi une forme d’autonomie » explique Fabien Lefèvre.

Vers une nouvelle édition du tournoi à huis clos ?

« Pour l’instant, on n’en a pas rediscuté. J’ai fait un sondage auprès des enfants, des parents et des éducateurs, dans 98 % des cas, ils seraient d’accord pour le faire une fois par an. Mais pas plus. (…) c’était surtout pour tester et faire passer un message, sensibiliser. Peut-être que certains parents réfléchiront (…) Parce qu’au final, savoir si un enfant joue en équipe 1, 2 ou 3 ne va pas changer sa vie ou sa carrière » conclut le manager général de l'AGBCM.

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