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Macron appelle Andorre à dépénaliser l'avortement

Le président français et coprince d'Andorre Emmanuel Macron a appelé mardi à ce que le débat sur la dépénalisation de l'avortement "progresse" dans la principauté, seul Etat en Europe avec le Vatican à interdire totalement l'interruption volontaire de grossesse.

Valentine CHAPUIS - POOL/AFP

Le président français et coprince d'Andorre Emmanuel Macron a appelé mardi à ce que le débat sur la dépénalisation de l'avortement "progresse" dans la principauté, seul Etat en Europe avec le Vatican à interdire totalement l'interruption volontaire de grossesse.

"De là où je suis, sans préempter vos débats, je souhaite avec affection que ce débat progresse et qu'il permette de répondre à une demande que j'entends", a-t-il dit dans une adresse aux Andorrans sur la Plaça del Poble à Andorre-la-Vieille.

"Votre gouvernement a fait une proposition d'avancer (..) Elle va sur ce chemin" que "beaucoup réclament", a-t-il ajouté.

En vertu d'un système vieux de plusieurs siècles, le chef de l'Etat français partage les fonctions de coprince d'Andorre avec l'évêque catholique de la ville frontalière espagnole d'Urgell.

Cette structure singulière de gouvernance de la principauté rend la question de l'avortement particulièrement épineuse car toute avancée nécessite des négociations avec le Saint-Siège.

La dépénalisation de l'avortement "doit se faire dans le respect des institutions, des équilibres, des consciences de chacun, de la tradition aussi de la principauté", a d'ailleurs souligné Emmanuel Macron.

La principauté interdit totalement l'interruption volontaire de grossesse (IVG), même en cas de viol, d'inceste, de danger pour la mère ou de maladie du fœtus.

- "Mûrement réfléchi" -

L'IVG est passible de prison pour les femmes et les médecins qui la pratiquent, même s'il n'y a jamais eu de procès.

Le président français et coprince d'Andorre Emmanuel Macron au côté du Premier ministre andorran   Xavier Espot Zamora le 28 avril 2026 à Andorre-la-Vieille

Le président français et coprince d'Andorre Emmanuel Macron au côté du Premier ministre andorran Xavier Espot Zamora le 28 avril 2026 à Andorre-la-Vieille

Ed JONES - POOL/AFP

Le chef du gouvernement andorran, Xavier Espot Zamora, avait dit fin mars à l'AFP espérer dépénaliser l'IVG d'ici à un an sans pour autant la légaliser.

Mardi, il a reconnu qu'il s'agissait d'"une revendication présente dans notre société". "Le gouvernement s'efforce de trouver une solution mûrement réfléchie et négociée (...) sans compromettre notre système politique, a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron a aussi appelé la principauté à adopter l'accord d'association conclu avec l'Union européenne. Il doit lui permettre de participer au marché commun sans devenir Etat membre de l'UE, mais rencontre des réticences et suscite de vifs débats.

C'est une "promesse d'avenir, un jalon naturel pour cette principauté profondément européenne par sa géographie, son histoire et sa culture", a assuré le président français.

"Si à la fin vous disiez non, ou pas maintenant, on va renégocier (...), la porte ne se rouvrira pas", a-t-il averti au deuxième et dernier jour de sa visite. "Je vous le dis en toute sincérité, la Commission européenne et tous les gens qui se sont engagés pendant des années (...) diront +on en a marre de ces gens-là+", a-t-il ajouté, assurant que le texte était "bien négocié et complet", avec "des périodes transitoires très longues".

L'accord - qui sera signé "avant l'été" par la Commission européenne et les les Vingt-Sept, a-t-il précisé - doit encore être soumis à référendum dans le pays.

- "L'écart se creuse" -

Emmanuel Macron a aussi appelé à "régler des déséquilibres" comme ceux du logement, devenu un véritable défi en Andorre avec la hausse des loyers. Il a d'ailleurs été accueilli par des sifflets de manifestants réclamant une politique de "logement digne".

Le chef du gouvernement a de son côté insisté sur la nécessité de renforcer les échanges entre Andorre et la France - "l'écart avec l'Espagne ne cesse de se creuser", a-t-il dit - et de "continuer à améliorer les liaisons terrestres" entre les deux pays.

La principauté, dont la surface équivaut à moins de deux fois celle de Marseille, est connue pour ses pistes de ski et sa fiscalité avantageuse.

Elle a quitté la liste des paradis fiscaux de l'OCDE en 2010 et mis en place depuis des taxations modérées, bien inférieures à celles de la moyenne dans l'UE.

Le président français se rend traditionnellement une fois par mandat en Andorre. Emmanuel Macron, qui s'y était déjà rendu en 2019, a enchaîné durant deux jours les séquences protocolaires et plus politiques.

Il s'est aussi longuement attardé auprès des Andorrans entre bain de foule et signatures de drapeaux ou visites d'écoles où il a vanté les mérites du multilinguisme, entre catalan, français et espagnol.

Les deux coprinces se sont vu remettre la "Croix des sept bras" de la principauté au sanctuaire de Méritxel en conclusion de la visite.

Par Valentin Graff et Valérie LEROUX / Andorre-la-Vieille (Andorre) (AFP) / © 2026 AFP

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