Face à la crise dans le détroit d’Ormuz, se dirige-t-on vers« une ère de pénurie » de pétrole d’ici« deux ou trois mois », comme le prévoit le patron de TotalEnergies ? Faut-il prendre cette prédiction au sérieux ?
"Nous perdons dix millions de barils par jour"
"Il faut totalement le faire, estime Philippe Chalmin, professeur d'histoire économique et président de Cyclope, au micro de Patrick Roger sur l'antenne de Sud Radio. Il faut la remettre dans son contexte : « si la situation du détroit d’Ormuz reste bloquée pendant deux à trois mois ». C’est totalement logique. Avec la fermeture d’Ormuz, nous perdons dix millions de barils par jour."
"Si cela dure encore, la plupart des stocks seront épuisés"
"Comme cette guerre dure depuis 55 jours, nous avons largement dépassé les 500 millions de barils. Si cela dure encore deux à trois mois, on atteindra le milliard de barils. À ce moment là, il faut être clair : la plupart des stocks que nous avons constitués un peu partout seront épuisés. Dans certains pays, ils le sont déjà."
⛽️Pétrole : se dirige-t-on vers "une ère de pénurie" d'ici "2 ou 3 mois", comme le prévoit le patron de TotalEnergies ?
🗣️Philippe Chalmin : "Il faut prendre très au sérieux cette déclaration" #GrandMatin
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Des vols low cost annulés
L’Europe et la France ont-ils suffisamment de stocks ? "Le problème n’est pas là, juge Philippe Chalmin, professeur d'histoire économique et président de Cyclope, sur l'antenne de Sud Radio. Il n’y aura pas vraiment de pénurie, de manque, de stations vides. Ce que l’on aura plus vite et plus tôt, ce sera la pénurie par les prix. Ce que l’on voit déjà. Les hausses de prix commencent à se faire sentir sur le kérosène. En Europe, nous importons un tiers de notre kérosène, et une bonne partie vient normalement du golfe."
"Les prix du kérosène ont doublé. Pour les compagnies low cost, où le kérosène peut représenter un tiers du prix d’un billet, on annule les vols. Les prix jouent aussi immédiatement sur la demande. Si le blocage se poursuit, le seuil de 150 dollars le baril sera franchi. Certains conjoncturistes parlent de 200 dollars le baril. Il n’y a pas de pénurie, mais il y a des flambées de prix."
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