Parlons Vrai chez Bourdin - retraites : "Il y a les ingrédients d'une forte mobilisation"

La mobilisation contre la réforme des retraites est-elle contrôlée ? Stéphane Sirot, historien spécialiste de la sociologie des grèves et du syndicalisme, était l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio le 17 janvier 2023 dans "Parlons Vrai chez Bourdin".

CGT retraites grève énergie
La CGT Mines Energies menace de "s’occuper" des élus favorables à la réforme des retraites. © AFP

La mobilisation contre la réforme des retraites sera-t-elle forte ?

Parlons Vrai chez Bourdin - retraites : "Il y a les ingrédients d'une forte mobilisation"

Pour Stéphane Sirot, "il y a les ingrédients d'une forte mobilisation. La question des retraites est le sujet qui mobilise le plus facilement les Français dès lors qu'il s'agit de réformes restrictives". Par ailleurs, "l'unité syndicale est propice à des mobilisations fortes". "Il y a aussi la caractéristique particulière de cette réforme. Pour la première fois on joue sur les 2 tableaux. Le recul de l'âge légal de départ en retraite et l'augmentation de la durée de cotisation. Ça peut renvoyer l'image d'une réforme injuste pour certains et brutale". "La réforme des retraites agglomère une série de mécontentements".

La contestation va-t-elle durer ? "Les syndicats ont assuré au soir de la présentation de la réforme que la mobilisation commence le 19 janvier et s'inscrit dans la durée", rappelle Stéphane Sirot. "Il y a deux façons de le faire, explique-t-il. Soit comme en 2010 avec des actions répétées et espacées. Soit via des grèves reconductibles, comme en 2019-2020 face à la première tentative de réforme ou en 1995". "Quelle version va prédominer ? Ça dépendra de l'état de la mobilisation". "Un certain nombre de fédérations sectorielles cherchent à mettre en place un plan de bataille. Avec la journée de jeudi suivie de 48h de grève ou à partir 6 février, date du début d'examen du texte, une grève de 72h éventuellement reconduite".

 

"Les coupures ciblées d'énergie existent depuis une vingtaine d'années"

"On va aller voir ceux qui veulent la réforme [des retraites], qui la soutiennent, ceux-là, on va s’occuper d’eux. On va aller les voir dans leurs permanences, on va aller discuter avec eux, et puis si d’aventure ils ne comprennent pas le monde du travail on les ciblera dans les coupures qu’on saura organiser", a affirmé Sébastien Menesplier, secrétaire général de la fédération des mines et de l’énergie (FNME-CGT). "Les coupures ciblées existent depuis une vingtaine d'années, explique Stéphane Sirot. C'était une pratique assez courante quand Nicolas Sarkozy a engagé le processus de privatisation des entreprises publiques EDF et GDF".

"Les électriciens-gaziers s'étaient rebaptisés les 'Robin des bois', se souvient Stéphane Sirot. Soit ils remettaient le courant à des foyers qui ne pouvaient plus payer leurs factures, soit ils coupaient le courant à des élus ou représentants du patronat qui soutenaient la réforme". "On a remplacé une vieille pratique datant du début du 20ème siècle utilisée couramment par les électriciens et les gaziers dans leurs conflits sociaux : couper de manière non ciblée le courant aux citoyens. Les syndicats de ce secteur les ont remplacées par des pratiques plus ciblées, d'autant qu'ils en ont les moyens techniques".

 

 

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