« Mon humeur est diverse et variée. On se remet un peu de cette séquence politique et, pour beaucoup, il y a comme une gueule de bois. Tout le monde est un peu mécontent, frustré : certains sont contents, d’autres ne le sont pas du tout.
Mais ce que nous avons vu hier, c’est surtout l’état dans lequel Emmanuel Macron laisse la France. Après neuf années de mandat présidentiel, quel est le paysage, quel est le visage du pays qu’il nous laisse ?
"Un pays divisé, disloqué"
C’est celui d’un pays divisé, d’un pays disloqué, où la confrontation et l’affrontement prennent des tournures très inquiétantes pour notre démocratie. On assiste à une exacerbation des extrêmes, qu’ils le soient réellement ou non. Les discours sont violents, souvent empreints de haine et d’agressivité.
On n’est plus dans le débat démocratique que j’ai connu autrefois. À l’époque, la politique reposait sur la confrontation d’idées, sur l’échange et la discussion. On pouvait s’invectiver, bien sûr, il y avait parfois des noms d’oiseaux, mais cela ne prenait pas ces proportions. Après ce que j’appelle la catastrophe de la dissolution, on a vu comment le paysage politique et électoral français a explosé, avec des crispations et des tensions très fortes.
"Un désintérêt, voire une désaffection de la classe politique"
On peut aussi se demander ce qui se serait produit, quels auraient été les résultats, s’il n’y avait pas eu la tragédie de Quentin Deranque, qui a alerté l’opinion publique sur le climat de violence qui est en train de gangrener la vie politique française. Les résultats auraient peut-être été différents.
Il y a aussi un problème lié à notre système électoral, qui éloigne de plus en plus les Français de la politique. Le niveau très élevé d’abstention est le signe d’un désintérêt, voire d’une désaffection – pour ne pas dire d’un rejet – de la classe politique.
🇫🇷 Le bilan catastrophique du macronisme
— Sud Radio (@SudRadio) March 16, 2026
🗣️ @perikolegasse :"Voilà comment Macron a laissé la France… Un pays disloqué où les affrontements prennent des tournures inquiétantes pour notre démocratie"
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"Beaucoup de citoyens n’y croient plus"
Cette présidence a contribué à installer un climat de défiance. Beaucoup de citoyens n’y croient plus. Ils n’ont plus envie d’aller voter. Ils ont le sentiment qu’on leur a menti, qu’on les a menés en bateau, qu’on leur a raconté des histoires pour aboutir finalement à des bilans catastrophiques dans de nombreux domaines : économiques, sociaux, politiques, culturels, scolaires ou encore sanitaires. C’est, d’une certaine manière, un cauchemar général.
À cela s’ajoute le fonctionnement du système électoral, notamment avec l’obligation de parité. Je connais de nombreuses communes où il n’a pas été possible de constituer une liste complète parce que la parité ne pouvait pas être respectée.
"Deux Français sur trois n’avaient qu’une seule liste"
Nous allons d’ailleurs en parler avec le président des maires ruraux. Dans beaucoup de communes, deux Français sur trois n’avaient qu’une seule liste pour laquelle voter. Et neuf maires sur dix ont été élus dès le premier tour, faute de véritable concurrence électorale.
On en arrive presque à un système de liste unique. Or une seule liste, ce n’est pas un véritable choix démocratique. Malgré tout, certains citoyens sont allés voter et ont déposé leur bulletin dans l’urne. Mais cela montre bien que notre démocratie est aujourd’hui très malade.
"Le bilan de Macron est profondément négatif"
Et pourtant, nous avons un président de la République qui avait suscité énormément d’espoir. Je sais que le fait de remettre Emmanuel Macron au centre de l’arène suscite beaucoup de réactions et parfois de colère. Mais, à mes yeux, son bilan est profondément négatif. Il faudra sans doute en tirer des conséquences pour éviter que ce type de situation ne se reproduise.
Cela pose aussi des questions institutionnelles. Est-ce que ce mode de scrutin est encore adapté ? Est-ce que la fonction de président de la République, telle qu’elle existe aujourd’hui, fonctionne encore correctement ? Quand on voit certains responsables politiques se retrouver devant les tribunaux ou risquer la prison, on peut se demander si la fonction elle-même n’est pas devenue malade. Le statut du président de la République et l’ampleur de ses pouvoirs méritent probablement d’être réexaminés. »
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