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Luc Farré (UNSA Fonction publique) : "Gardons le 1er mai chômé ! C'est irrationnel de le remettre en cause !"

INTERVIEW SUD RADIO – À l'occasion du 1er mai, le débat sur le travail durant cette journée symbolique revient au cœur de l'actualité politique et sociale. Alors que certains souhaitent assouplir les règles, les syndicats défendent fermement ce jour férié historique.

François NASCIMBENI - AFP/Archives

Des milliers de Français défileront dans la rue pour la Fête du Travail ce vendredi 1er mai. D'autres, exerçant des professions dites "essentielles", seront au travail, notamment dans les hôpitaux, les gendarmeries ou les transports publics.

Les boulangers, charcutiers et fleuristes aimeraient eux aussi ouvrir, mais la loi les en empêche, malgré les dérogations accordées cette année. Invité de Sud Radio, Luc Farré, secrétaire général de l'UNSA Fonction publique, a réaffirmé son opposition à toute remise en cause du 1er mai chômé.

"Le 1er mai, c'est une conquête sociale"

Pour vous, le 1er mai est un jour férié auquel on ne doit pas toucher ?

"Oui. Le 1er mai est un jour férié essentiel. Et ce n'est pas un privilège : c'est une conquête sociale. Je rappelle les 9 morts de 1891 qui ont marqué son histoire. C'est un jour important pour l’ensemble des salariés. C'est un jour chômé, payé double pour les quelques personnes amenées à travailler."

Donc pour vous, il faut préserver ce principe ?

"Absolument. C'est pour cela qu'aujourd'hui je serai en tête de la manifestation parisienne avec d'autres responsables syndicaux, pour défendre l'idée d'un jour dans l'année accordé à tous les salariés. Un jour pour se retrouver et défendre les acquis sociaux."

Le débat a pourtant pris une ampleur particulière cette année. Vous avez obtenu l'abandon du projet de loi pour 2026, mais un nouveau texte pourrait revenir en 2027. Le ministre du Travail appelle à "l'intelligence collective". Que lui répondez-vous ?

"L'intelligence collective, c'est justement de préserver ce droit social"

"L'intelligence collective, c'est justement de préserver ce droit social. Aujourd'hui, les salariés font déjà face à beaucoup de remises en cause : les retraites, l'intelligence artificielle, les transformations du travail… Gardons au moins ce symbole fort qu'est le 1er mai."

Mais près de 70% des Français se disent favorables à l'ouverture de certains commerces ce jour-là. Même le gouvernement semble hésiter à aller jusqu'au bout du bras de fer avec les syndicats. Est-ce qu'il n'y a pas quelque chose d'un peu irrationnel dans ce débat ?

"L'irrationnel, c'est justement de vouloir remettre en cause une seule journée chômée dans l'année"

"L'irrationnel, c'est justement de vouloir remettre en cause une seule journée chômée dans l'année. Et si l'on devait n'en garder qu'une parmi tous les jours fériés, ce serait peut-être celle-là. Après, certains salariés peuvent vouloir travailler. Mais la vraie question, c'est : ont-ils réellement le choix ? Sans pression de leur employeur ? C’est là que ça devient compliqué."

Donc pour vous, le principe doit rester intangible ?

"Oui. Le principe, c'est : un jour férié, chômé, et payé double pour ceux qui travaillent exceptionnellement. Il n'y avait pas de raison de créer cette polémique cette année. C'est une bataille politique dommageable."

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