Pour Willy Schraen, la place du gibier dans l'assiette des Français n'est pas qu'une question de goût, c'est un marqueur de civilisation. Selon le président de la Fédération nationale des chasseurs invité au micro de Sud Radio, « la place aujourd'hui du gibier dans la gastronomie française est en train de reprendre la place qui a toujours été la sienne ». Il rappelle que l'acte de chasse est au fondement même de l'humanité : « Si nous sommes devenus un jour, si on a mangé de la viande, c'est parce qu'on a été chasseur. C'est sûrement ce qui nous a permis à un moment de développer notre cerveau ».
« La place du gibier dans la gastronomie française est en train de reprendre la place qui a toujours été la sienne »
Cette noblesse du produit est, pour lui, l'ADN de la cuisine française : « C'est grâce au gibier qui devait être magnifié plus que le reste qu'aujourd'hui on a la France comme elle est et qu'elle a sa gastronomie ». Il regrette toutefois les entraves administratives qui freinent la consommation locale : « Aujourd'hui, c'est plus compliqué de manger un morceau de sanglier qui a été tué dans notre village que de manger un steak de cerf qui vient de Nouvelle-Zélande ». Son message aux autorités est clair : « Faudrait juste surtout que l'État comprenne un petit peu qu'un moment faut nous lâcher la grappe ».
🥩Le gibier va-t-il faire son retour dans nos assiettes ?
— Sud Radio (@SudRadio) June 13, 2026
🗣️ @WillySchraen (@ChasseursFrance) : "Faut que l'État comprenne qu'il faut nous lâcher la grappe ! C'est plus compliqué de manger du sanglier de notre village que manger un steak de cerf qui vient de Nouvelle-Zélande !" pic.twitter.com/P0ad9iN8Dg
« Une toile d'araignée à la fois sociale et culturelle »
Au-delà de l'acte de chasse, Willy Schraen décrit une mission d'intérêt général, particulièrement dans les zones rurales délaissées. « C'est la dernière association du village qui reste en fin de compte. C'est au-delà de la chasse. C'est le dernier souvent le dernier lien social ». Il compare le réseau des chasseurs à une « toile d'araignée à la fois sociale, culturelle et c'est un dernier rempart qu'on ne doit pas laisser partir ».
Pour lui, la chasse est une école de tolérance : « C'est un état d'esprit, c'est une ouverture d'esprit. C'est encore respecter les différences ». Il récuse l'image de violence souvent associée à sa pratique, affirmant que les chasseurs sont des « gens modérés » qui savent écarter ceux qui ne respectent pas les règles.
« On n'a aucune leçon à recevoir ! »
Interrogé sur les tensions avec les mouvements écologistes, Willy Schraen dénonce ce qu'il appelle une déconnexion urbaine. « L'écologie politique aujourd'hui, c'est je pense que c'est un des plus grands mensonges qu'on a pu inventer », martèle-t-il, accusant ces mouvements de créer une « anxiété » artificielle.
Sa colère se tourne vers les technocrates, qu'ils soient à Paris ou à Bruxelles : « On n'a aucune leçon à recevoir que des mecs qui habitent dans une grande tour à Paris viennent m'expliquer comment moi je vais gérer la terre qui est la mienne qui m'appartient dans mon village ». Il fustige la prolifération des normes : « Il n'y a rien de plus dangereux qu'un ordinateur qui s'emmerde parce qu'il invente quelque chose, c'est comme ça qu'il paye son salaire ».
🐗 Les politiques défendent-ils vraiment la chasse ?
— Sud Radio (@SudRadio) June 13, 2026
🗣️ @WillySchraen : "Je ne comprends pas ce qu'on reproche à la chasse à courre. On lui reproche d'être la chasse des rois ! C'est la plus populaire de France"#LaFranceDansTousSesEtats en direct du salon Game Fair sur le… pic.twitter.com/z6cbRZw8NS
Prôner l'exemplarité en matière de sécurité
Défenseur de toutes les chasses, il assume la brutalité apparente de la vènerie (chasse à courre) en la comparant aux cycles naturels : « Quelle différence avec une meute de loups qui court après le même cerf ? C'est la sélection naturelle. Qui c'est qui meurt ? Le plus vieux ou le plus con ? Et c'est tant mieux pour l'espèce ».
Sur le terrain de la sécurité, il prône l'exemplarité, conscient de la responsabilité que confère le port d'une arme : « On a quelque chose sur nos épaules, c'est qu'en plus d'être dans la nature, même si on est chez nous, on a une arme dans les mains. Donc on doit être exemplaire ».
Un avenir qui se féminise
Malgré les polémiques, Willy Schraen se réjouit du regain d'intérêt pour la chasse, notamment chez les femmes qui représentent désormais un quart des nouvelles inscriptions au permis. « C'est une activité qui est vraiment faite d'abord et avant tout pour les femmes. Quand je vois la passion dans leurs yeux... ça m'interpelle énormément ». Pour lui, la chasse reste une valeur d'avenir, moderne et attractive : « Aller à la chasse, tuer quelques pièces de gibier, les magnifier, les manger... tout ça dans le bonheur et la rigolade avec les copains ».
Il conclut en réaffirmant l'ancrage profond des chasseurs dans les valeurs nationales : « Ils sont même au centre des valeurs de cet arc républicain ».