402 interpellations, 14 131 départs de feu, 117 000 hectares brûlés, ce sont les chiffres transmis par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Parmi les 402 interpellation, 36 personnes ont été incarcérées. Autre chiffre impressionnant, parmi les 402 interpellations, 156 interpellés sont des mineurs. Se posent alors plusieurs questions dont la principale : Quel est le profil des incendiaires ? Sont-ils responsables pénalement ? A toute ces questions, le Docteur en psychologie et criminologue Jean-Pierre Bouchard nous éclaire au micro de Sud Radio.
« Ils sont responsables de leurs actes »
Que pensez-vous des chiffres communiqués par le ministère de l’Intérieur ? Sont-ils impressionnant ?
« Oui, ils sont impressionnants, et à mon avis, ils ne sont pas complets, puisqu'en matière de délinquance et de criminalité, et c'est le cas aussi pour les incendiaires, on ne connaît pas tout le monde. Là, il s'agit des interpellés, donc il se peut qu'il y ait un chiffre noir, avec encore beaucoup plus de personnes impliquées à l'origine de ces incendies volontaires », explique le Docteur Jean-Pierre Bouchard au micro de Sud Radio.
« Après, sur le commentaire général, il faut distinguer deux populations. La majorité de ces gens qui mettent volontairement le feu sont ce qu'on appelle des incendiaires, c'est-à-dire des gens qui n'ont pas de pathologie mentale, simplement, ils veulent mettre le feu pour détruire, pour se venger, pour différentes raisons comme ça. Ils ne présentent aucune maladie mentale de nature à les irresponsabiliser. Donc, ils sont complètement responsables de leurs actes, et donc traduits devant la justice pénale », déclare le psychologue et criminologue au micro de Jacques Cardoze.
« Ils ne présentent pas de troubles mentaux »
Sont-ils pénalement responsable, que dit la Loi ?
«La majorité des incendiaires est responsable pénalement, c'est-à-dire qu'il y a un article du Code pénal qui gère l'irresponsabilité pénale, ou la responsabilité pénale atténuée », évoque le médecin.
« J'allais aborder une petite famille, que nous, les cliniciens, on appelle les pyromanes. Ce sont eux qui ont une fascination pour le feu, qui sont quelquefois même excités par le feu, et donc ils agissent en fonction de cette motivation, mais eux aussi ne présentent pas de maladies mentales au moment de la commission des faits, de nature à les irresponsabiliser », décrit le docteur au micro de Sud Radio
« Ils ont conscience de tout ça »
Toutes les catégories peuvent être des incendiaires, y-a-t-il une tranche d’âge qui est plus représentée ?
Le Docteur Jean-Pierre Bouchard déclare que « On peut les trouver dans toutes les catégories de la population, dans toutes les catégories d'âge, pas toujours pour le même style de commission des faits. Et puis il y a ce groupe qui sont dits être les mineurs, c'est-à-dire les gens de moins de 18 ans, avec en particulier des gens très jeunes. »
« Ça vaut pour les incendiaires comme pour les délinquants et les criminels mineurs en général, ils ont absolument conscience de ce qu'on peut faire, de ce qu'on ne peut pas faire, de l'interdit, du bien et du mal », décrit le docteur en psychologie et criminologue.
« Ils ont conscience de tout ça et certains veulent justement détruire, etc. et c'est pour ça qu'ils le font. Donc si vous voulez, là aussi, à l'échelle de ce que prévoit la loi, il y a une responsabilité pénale, y compris pour les mineurs, qui la plupart du temps est pleine et entière », estime Jean-Pierre Bouchard
« Tout le monde est responsable sur le plan pénal »
Quelles sont les peines encourues ?
« Elles peuvent aller jusqu'à la prison ferme assez longue si les conséquences sont très importantes et mortelles, notamment, et puis elles peuvent être mineures. Moi, je pense que ce qui est très important en matière de délinquance et de criminalité, qu'elle soit incendiaires ou autre, c'est que, puisqu'on a vu que quasiment tout le monde est responsable sur le plan pénal, qu'il y ait des poursuites pénales systématiques et que les peines, évidemment appropriées à ce que prévoit le Code pénal, soient systématiques et rapidement prononcées », conclut Jean-Pierre Bouchard