La grande majorité des incendies en France, cet été, sont d’origine criminelle, du fait de pyromanes. Maître Muriel Gestas, avocate au barreau de Draguignan, a eu l’occasion dans sa carrière de défendre une dizaine d’auteurs de feu.
"Généralement peu curables"
Pourquoi a-t-elle décidé de ne plus défendre ceux mettant volontairement le feu, et non ceux ayant mis le feu de façon involontaire ? " J’ai le choix de défendre telle ou telle personne. Malheureusement, je constate que le pyromane est généralement peu curable, explique-t-elle au micro de Benjamin Glaise, sur l’antenne de Sud Radio. Soit il a une pathologie et sa place n’est pas en détention, soit il le fait pour des raisons pécuniaires. Le syndrome du sauveur est tout-à-fait autre chose."
"J’ai défendu plusieurs pompiers pyromanes. Il faut rappeler que c’est marginal par rapport à l’ensemble des pompiers. J’en ai eu un qui a mis le feu par rapport aux vacations, aux indemnités horaires. Lorsqu’ils sont en intervention, il y a des majorations, non imposables.Malheureusement, quand ils sont de garde, les montants sont très bas, de l’ordre de 8 euros. Il faudrait peut-être revoir cela."
🔥 « Le pyromane est peu curable »
🗣️ Muriel Gestas, avocate au barreau de Draguignan : « J’ai fait le choix de ne plus défendre les pyromanes »
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— Sud Radio (@SudRadio) July 30, 2026
Pyromanes : "aucune empathie ni considération"
"Un autre avait le syndrome du sauveur : il a été très surpris de l’ampleur du feu, explique Maître Muriel Gestas, avocate au barreau de Draguignan, sur l'antenne de Sud Radio. Il pensait faire un petit feu, appeler, ce qu’il a fait d’ailleurs, et intervenir. Sauver le monde, entre guillemets. Mais sur des terres arides, avec des pommes de pin qui sont de vraies grenades, on ne peut pas maîtriser un feu."
Comment les pyromanes expliquent-ils leurs gestes ? "Ce sont des arguments pauvres, tel des gamins pris en faute. Les mots de regrets sont de circonstance. Il n’y a aucune considération, empathie pour les animaux, les gens évacués, les maisons et les centaines d’arbres ravagés. Malheureusement, par rapport aux crimes commis, ils sont rapidement remis en liberté, au bout d’un ou deux ans. Les lois existent, les peines théoriques sont lourdes, mais ils sont dans la nature. Le maximum que j’ai eu, de mémoire, aura été quatre ans de prison ferme."
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