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À Gujan-Mestras, la solidarité s’organise pour les victimes des incendies en Gironde

TÉMOIGNAGE SUD RADIO - Alors que les incendies de forêt continuent de menacer plusieurs secteurs de la Gironde, Gujan-Mestras s’est transformée en base arrière pour accueillir les populations évacuées. La commune du bassin d’Arcachon a ouvert deux centres d’hébergement d’urgence et coordonne une importante mobilisation locale.

À Gujan-Mestras, la solidarité s’organise pour les victimes des incendies en Gironde
© Mairie de Gujan-Mestras

Jusqu’à 500 personnes ont été accueillies simultanément dans la ville après les évacuations ordonnées dans plusieurs communes voisines. Entre hébergement, restauration, accompagnement médical et soutien psychologique, les équipes municipales et les habitants se relaient pour venir en aide aux sinistrés.

"Nous avons dû ouvrir un second centre suite à l'évacuation de trois villes du bassin d'Arcachon"

Depuis le déclenchement du violent incendie qui a touché le nord du bassin d’Arcachon, plusieurs milliers d’habitants et de touristes ont dû quitter leurs logements par mesure de précaution. Les flammes, attisées par des conditions météorologiques difficiles, ont rapidement progressé dans le massif forestier girondin, entraînant de nombreuses évacuations dans les communes exposées.

À Gujan-Mestras, la priorité a été donnée à l’accueil des personnes déplacées. La commune a d’abord ouvert un centre à la patinoire municipale pour héberger des habitants évacués, avant d’activer un second site dans la salle omnisports du Lycée de la Mer lorsque de nouvelles évacuations ont concerné plusieurs communes du bassin d’Arcachon.

"Effectivement, nous sommes une ville qui accueille les sinistrés. Nous avons ouvert un premier centre à la patinoire de Gujan-Mestras, où nous avions accueilli au tout début des incendies des habitants de la ville de Sanguinet. Et, quelques jours après, nous avons dû ouvrir un second centre suite à l'évacuation de trois villes du bassin d'Arcachon, un deuxième centre qui se situe dans la salle omnisports du Lycée de la Mer", raconte au micro de Sud Radio Xavier Paris, maire de Gujan-Mestras.

"La prise en charge dépasse le simple hébergement d’urgence"

"C'est toute une organisation à mettre en place. Accueillir comme ça un nombre de personnes très important, et dans des délais assez courts… Nous avons accueilli jusqu'à 500 personnes samedi soir, lorsque les trois villes du bassin ont été évacuées. Aujourd'hui, je suis à 200 personnes encore accueillies, puisque d'autres personnes ont trouvé d'autres solutions. Nous avons aussi logé des personnes chez des habitants, certains habitants se sont proposés spontanément pour héberger ces personnes-là", poursuit Xavier Paris à l'antenne de Sud Radio.

Au fil des jours, la commune a dû mettre en place une véritable organisation logistique pour répondre aux besoins des familles accueillies. Les centres fonctionnent en continu, avec une prise en charge qui dépasse le simple hébergement d’urgence. Des repas sont servis plusieurs fois par jour grâce au soutien d’entreprises locales, tandis qu’un accompagnement médical et psychologique a été organisé pour les personnes les plus fragilisées.

"Aujourd'hui, les deux centres sont ouverts 24 heures sur 24. Nous nous relayons, il y a un planning qui a été fait. Quelques entreprises locales nous fournissent les repas, puisque nous faisons petit déjeuner, déjeuner et dîner. Nous avons aussi un petit pôle médical qui s'est créé. Parce que, imaginez bien que ces personnes que nous avons accueillies sont aujourd'hui un peu fatiguées, un peu désappointées, un peu à bout, il faut le dire. Moralement, c'est très dur depuis plusieurs jours. Donc, il y a aussi un accompagnement à faire. Donc, j'ai des infirmières, des psychologues, des kinés qui viennent pour essayer d'apaiser tout ça", détaille le maire de Gujan-Mestras au micro de Sud Radio.

"Une trentaine de personnes se sont totalement mobilisées"

Derrière cette organisation municipale, Xavier Paris souligne une mobilisation collective impliquant les services publics, les associations, les habitants et le tissu économique local. La réserve communale de sécurité civile, créée trois ans auparavant, joue également un rôle important dans la coordination des volontaires.

"C'est vraiment un travail collectif qui a été réalisé. La municipalité, les élus, les agents municipaux ont fait un travail extraordinaire. J'ai la chance d'avoir sur ma commune une réserve communale de sécurité civile que j'ai créée il y a trois ans. Ce sont une trentaine de personnes qui se sont totalement mobilisées. Et puis, d'une manière générale, ce sont les habitants qui ont proposé d'être présents, de soutenir moralement les personnes ou d'apporter des denrées, des produits. Donc, c'est une mobilisation générale, sans compter les entreprises, qui jouent vraiment le jeu", raconte Xavier Paris à l'antenne de Sud Radio.

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