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Grève à Radio France : Charles Sapin refuse le débat sur Valeurs Actuelles

Après deux éditos sur France Inter et autant de journées de grève contre son arrivée, Charles Sapin, l'un des responsables du magazine Valeurs actuelles, a refusé la proposition de transformer en débat ce rendez-vous et ne sera plus à l'antenne.

Le logo de Radio France sur un bâtiment, symbole de la controverse autour de Charles Sapin.
Ludovic MARIN - AFP/Archives

Après deux éditos sur France Inter et autant de journées de grève contre son arrivée, Charles Sapin, l'un des responsables du magazine Valeurs actuelles, a refusé la proposition de transformer en débat ce rendez-vous et ne sera plus à l'antenne.

En conséquence, l'intersyndicale du personnel du groupe public a appelé les salariés finalement "à ne pas cesser le travail" lundi, alors qu'une nouvelle grève était programmée.

Depuis fin août, le personnel s'opposait au recrutement du directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles, arguant que ce magazine, qui se revendique conservateur, porte des idées d'extrême droite et a été condamné en justice, notamment pour injure publique à caractère raciste. Deux journées de grève ont perturbé les antennes dimanche et lundi derniers.

Samedi, Charles Sapin a annoncé sur X avoir décliné la proposition de la direction de Radio France de faire évoluer cet édito politique de 2 minutes 30 le dimanche matin - deux numéros ont déjà été diffusés - en un débat contradictoire.

Contactée par l'AFP, la direction a confirmé avoir "proposé un aménagement", "sous la forme d'un débat, qu'il a décidé de décliner". Une décision dont elle a "pris acte". Le troisième édito de M. Sapin, qui a rejoint Valeurs actuelles cet été en provenance du Point, n'aura pas lieu dimanche, a-t-on précisé à France Inter.

- "Victoire pour personne" -

Son arrivée avait été justifiée par la direction de la radio au nom du pluralisme.

"Inutile d’attendre qu’un chroniqueur dise quelque chose de répréhensible; il suffit d’imaginer ce qu’il pourrait penser, de s’en indigner, puis de faire grève contre ce qu’il n’a jamais prononcé", a fustigé Charles Sapin dans message, dénonçant une "censure préventive".

L'intersdyndicale CGT-CFDT-FO-SNJ-Sud-Unsa a dit ne tirer "aucun triomphalisme" du retrait de Charles Sapin, dans un communiqué.

"Les salariés peuvent être fiers d'avoir défendu les valeurs du service public face à une direction qui semble prête à tous les renoncements", a-t-elle écrit, regrettant que cette affaire "a(it) fait beaucoup de mal à Radio France et a(it) donné l'occasion à celles et ceux qui veulent détruire l'audiovisuel public de rabâcher leur rengaine".

L'intersyndicale réclame à la direction une "discussion sérieuse sur la façon d'appliquer le pluralisme élargi".

Pour la direction, l'interruption de l'édito n'est "une victoire pour personne". "Conformément à nos obligations et missions de service public, France Inter continuera d’être un lieu de dialogue reflétant la diversité des sensibilités, notamment durant la campagne présidentielle", a-t-elle ajouté.

La Société des journalistes de France Inter "se félicite de la mobilisation des journalistes", rappelant que celle-ci visait avant tout la ligne de Valeurs Actuelles, "contraire aux valeurs et au cahier des charges de l'audiovisuel public".

- "Editoralistes de droite" -

Le magazine a été plusieurs fois condamné en justice, notamment pour injure publique à caractère raciste après avoir dépeint en esclave l'élue LFI noire Danièle Obono en 2020. Il était alors dirigé par Geoffroy Lejeune, passé en 2023 au Journal du dimanche.

"Toute cette histoire, tout ce +petit théâtre antifasciste+ pourrait presque être risible s’il n’était pas financé par les impôts des Français", a réagi sur X, Bruno Retailleau, candidat LR à la présidentielle.

Pour Jordan Bardella, "la Maison de la Radio a été privatisée par la gauche qui déteste la démocratie, qui n'aime pas le pluralisme". En déplacement dans l'Oise, le président du RN a rappelé devant la presse la volonté du parti de "privatiser l'audiovisuel public" en cas de victoire à la présidentielle.

A gauche, le coordinateur de LFI Manuel Bompard a au contraire pointé un "bel exercice de victimisation" de Charles Sapin, "qui esquive la question centrale : le directeur de rédaction adjoint d’un journal condamné pour incitation à la haine raciale a-t-il sa place sur le service public ? La réponse est évidemment non".

"Cela n’a rien à voir avec le pluralisme", a-t-il estimé sur X car "il existe heureusement des éditorialistes de droite en dehors de Valeurs Actuelles".

Outre France Inter, la récente arrivée de Charles Sapin sur la chaîne de télévision franceinfo a également été contestée par les syndicats du groupe public France Télévisions.

Par Karine PERRET / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

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