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Michel Fayad : "On a l'impression que Netanyahou et Trump sont tombés dans le piège"

ENTRETIEN SUD RADIO - Alors que Donald Trump présente le nouvel accord avec l’Iran comme une victoire diplomatique majeure, de nombreuses voix soulignent ses limites. Pour Michel Fayad, auteur de "Après la guerre" (Éditions Fayard), ce texte apparaît moins contraignant que l’accord de 2015, sans répondre aux principales préoccupations liées aux missiles balistiques iraniens et aux réseaux armés soutenus par Téhéran au Moyen-Orient.

Michel Fayad
Michel Fayad, invité de Périco Légasse dans "La France dans tous ses états"

Invité de Périco Légasse dans "La France dans tous ses états" sur Sud Radio, l'essayiste estime également que l’attention portée à l’Iran masque d’autres menaces sécuritaires plus immédiates. Il alerte notamment sur la progression de Daech dans le Sahel, où l’organisation jihadiste contrôle désormais un territoire considérable aux portes de l’Europe, dans une relative indifférence internationale.

"Les Israéliens ont déclaré assez rapidement qu'ils n'étaient pas concernés par ce traité"

Périco Légasse : Que faut-il penser de ce traité ? Les Iraniens ont été ravis en disant "les Américains se sont agenouillés". Trump crie évidemment à la victoire. Et quand on voit le contenu du texte, il est inférieur au traité de 2018 que Trump avait dénoncé comme une capitulation de la part d'Obama…

Michel Fayad : Absolument ! Sur le nucléaire, tout n'est pas clair. Alors qu'avec Obama, au moins, il y avait un calendrier, il y avait des vérifications. Enfin, on ne sait pas encore tous les termes, mais c'est quand même assez choquant, effectivement. Et puis, il n'y a pas les points que Donald Trump lui-même reprochait au traité de l'époque, le traité de 2015. Et dans ce traité, à l'époque, il reprochait qu'il n'y avait pas de questions sur les missiles balistiques, qu'il n'était pas question du soutien aux proxys, donc le Hezbollah au Liban, en Irak. Et puis les alliés : les Houthis au Yémen et le Hamas, le Jjihad islamique dans les territoires palestiniens.

Et donc, on voit que tout ça n'est pas réglé. Et, d'ailleurs, les Israéliens ont déclaré assez rapidement qu'ils n'étaient pas concernés par ce traité, ils n'en veulent pas. Ils disent : "nous, on n'est pas une partie signataire de ce traité, on n'est même pas une partie qui a négocié ce traité, donc on n'est pas concernés par ce traité". Un autre pays qui a vu cet accord sans qu'il ait la parole, c'est le Liban. Le Liban a été écarté de la table, et ils se sont entendus sur le Liban. C'est quand même invraisemblable !

"Dans le Sahel, Daech se dirige vers le nord, et personne n'en parle"

Périco Légasse : "Tout ça pour ça", c'est ce que disent tous les commentateurs. Quand on voit quand ils sont partis en va-t-en guerre avec un déploiement balistique redoutable, on a pensé que l'Iran était durement frappé. Mais on n'imaginait pas la capacité de résistance. On a l'impression que Netanyahou et Trump sont tombés dans le piège. Vous dites : "attention, après la guerre, la menace est à nos portes". Quelle menace est à nos portes de la France, de l'Occident, de l'Europe ?

Michel Fayad : Vous savez, on nous présente l'Iran comme étant le pire du pire, que l'Iran est le seul sur la table. Si l'Iran venait à tomber ou si l'Iran est affaibli, alors tout se réglerait. Mais en fait, on oublie un peu que 15% des musulmans sont chiites, et 85% sont sunnites. L'Iran est majoritairement chiite, mais le reste des pays, la plupart des autres pays sont majoritairement sunnites. L'immigration chez nous est sunnite, l'islam présent en France est essentiellement sunnite. Les attentats en France, Bataclan, ce sont des islamistes sunnites. La question, c'est : "est-ce que le fait qu'il y a eu cette guerre en Iran va arrêter tout cet islamisme ?". La réponse, c'est "non".

Vous savez que Daech, à leur sommet, avaient la superficie de la Grande-Bretagne, entre la Syrie et l'Irak. Aujourd'hui, ils ont deux fois la superficie de la France. En Afrique, dans le Sahel, ils se dirigent vers le Nord, entre le Mali, le Niger, le Burkina-Faso, le Nigéria, etc. С'est plus d'un million de kilomètres carrés, et personne n'en parle. Pourtant, Daech en Syrie et en Irak, c'était beaucoup plus loin de la France et de l'Europe que l'Afrique.

https://www.youtube.com/watch?v=JkeTNgAUeeE

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Retrouvez “Le face à face” de Périco Légasse chaque jour à 13h dans "La France dans tous ses états" sur Sud Radio.

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