single.php

Monde : L’humanité vient d’atteindre son jour du dépassement

Par Hugo Paillart

Décryptage Sud Radio – L’Humanité vient de consommer toutes ses ressources pour l’année 2026. En France, ce jour est dépassé depuis le 24 avril 2026. C’est 73 % plus rapide que ce que la Terre peut régénérer pour nourrir tout le monde.

Thumbnail

Selon la Global Footprint Network, le jeudi 30 juillet 2026 marque le jour du dépassement. C’est la journée où l’Humanité a consommé plus de ressources que ce que la planète produit. Une date qui intervient six jours plus tard par rapport à l’année dernière. En revanche, cela ne signifie pas que nous consommons moins de ressources. Ce « recul » de la date s’explique avant tout par un changement dans la méthode de calcul. L’Organisation Non-Gouvernementale World Wide Fund for Nature estime que ce seuil a été atteint le 24 avril 2026 pour l’Hexagone.

Comment est désignée cette date ?

Les chercheurs estiment cette date en comparant ce que la Terre peut régénérer en une année (sa biocapacité) à ce que l’humanité consomme sur la même période. Par la suite, ils réalisent une conversion en nombre de jours sur un calendrier. Jusqu’aux années 1970, notre biocapacité était supérieure à notre empreinte écologique. Il n’y avait donc pas de dépassement puisqu’elle était toujours dans le positif. Durant la décennie 1970, l’empreinte écologique par personne a augmenté tandis que la biocapacité par personne s’est fortement réduite, ce qui creuse progressivement l’écart et fait avancer la date du jour du dépassement dans l’année.

Hélène Van Rossum, responsable de recherche sur la diplomatie et les politiques pour le climat à l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI), rappelle que cet indicateur est utilisé comme « outil de sensibilisation » et prend en compte l’énergie, l’eau, l’agriculture, la pêche ou encore l’élevage.

Global Footprint Network estime que l’humanité consomme actuellement les ressources naturelles 73% plus vite que les écosystèmes ne peuvent la régénérer, soit l’équivalent de 1,73 planète Terre. A cela, il faut ajouter les émissions de CO2 qui entrent en compte pour une part à environ 61 %. Ce qui contribue directement au changement climatique.

61 départements en « crise » pour l’usage de l’eau

De son côté, WWF France souligne que le jour du dépassement ne rend pas pleinement compte d’une autre pression majeure : notre consommation d’eau « invisible ». Dans son étude « L’eau que nous mangeons », l’ONG indique que nous utilisons environ 150 litres d’eau par jour et par personne pour boire, nous laver ou faire la vaisselle, mais que notre empreinte eau totale atteint près de 500 litres, dont 250 litres liés à notre alimentation, dans un contexte où 98 départements sont sous surveillance et 61 en « crise » pour l’usage de l’eau.

Par exemple, lorsque l’on consomme un barbecue d’été, on consomme environ 101 litres d’eau par personnes dont 97 litres rien que pour la viande. Un barbecue alternatif, avec une seule brochette de bœuf, des légumes de saison, une salade de lentilles, du pain complet et une sauce au yaourt, ne requiert plus que 45 litres, soit une économie d’environ 55% et une réduction de 19,4% de l’empreinte eau annuelle liée à l’alimentation, ce qui conduit WWF à estimer que l’indicateur mondial ne prend pas assez en compte l’eau que nous « mangeons » et à plaider pour une alimentation plus végétale et une agriculture plus sobre en eau.

L'info en continu
16H
15H
14H
13H
12H
11H
10H
Revenir
au direct

À Suivre
/