Deux jours après le déraillement d'un TER qui a fait 44 blessés en Normandie, les autorités continuent d'appeler à la prudence sur les causes de l'accident, qui alimentent de nombreuses spéculations, la présence d'un morceau de rail sur les voies restant à ce stade inexpliquée.
Dimanche sur France 2, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a demandé à "rester extrêmement prudent", répétant qu'aucune piste n'était "privilégiée" ou "exclue".
Le locataire de Beauvau a dit disposer "des mêmes informations" que le procureur de la République de Rouen, qui dirige l'enquête.
Un morceau de rail présent sur la voie pourrait être à l'origine du spectaculaire déraillement, selon le parquet normand.
"Quand vous avez un rail qui se retrouve sur une voie ferrée et que le conducteur dit qu'il a vu un rail en arrivant et qu'il a déclenché un freinage d'urgence, on peut effectivement penser que quelqu'un l'y a mis", a remarqué le ministre.
Cependant, les causes de la présence de cet objet restent pour l'instant "inconnues" et l'enquête se poursuit, a précisé le procureur Sébastien Gallois samedi soir.
Un acte malveillant a été évoqué, notamment par des sources policières ou des responsables politiques, comme le président de la région Normandie Hervé Morin ou le maire de Nice Eric Ciotti qui a même utilisé le terme d'"attentat".
Dimanche, une source ferroviaire interrogée par l'AFP continuait de s'interroger sur la présence d'un "bout de rail de 300 à 350 kg" un vendredi soir sur une voie empruntée "une heure avant par un train qui allait dans le même sens" et "une demi-heure avant par un train passant dans l'autre sens".
"Le conducteur de ce train n'a rien vu alors qu'ils ont pour consigne d'observer et de signaler des anomalies. Il n'y avait pas de travaux SNCF sur les lieux du déraillement. Les premiers éléments laissent à penser que ceux qui ont fait ça ont suivi le cadencement de la ligne pour ne pas être repérés. Ils étaient forcément plusieurs pour manipuler le bout de rail", a estimé cette source.
- Enquête technique -
Pour faire toute la lumière sur ce déraillement, dont le bilan humain aurait pu être plus lourd, une enquête technique du Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) a été ouverte.
Elle doit "déterminer précisément les circonstances" de cet accident, a écrit dimanche le ministre des Transports Philippe Tabarot, à propos de cette enquête qui s'ajoute à l'enquête judiciaire confiée à la PJ de Rouen.
Le BEA-TT se saisit lui-même des accidents sur lesquels il lui paraît pertinent d'ouvrir une enquête et son "but est de formuler des recommandations", avait indiqué samedi à l'AFP son directeur.
Photo le 12 septembre 2026 d'une voiture du TER qui a déraillé la veille à Cléon, en Seine-Maritime, faisant 44 blessés
GUILLAUME SALIGOT - AFP
Cet organisme, créé en 2004, "a pour mission de réaliser, en toute indépendance, des enquêtes techniques sur les accidents (...) afin d'en établir les circonstances, d'en identifier les causes certaines ou probables, et d'émettre des recommandations (...)", selon son site.
Le déraillement du TER, qui assurait la liaison Rouen-Caen, s'est produit entre les gares de Tourville et d'Elbeuf-Saint-Aubin, au niveau de la commune de Cléon, au sud de Rouen, vendredi vers 19H45, à proximité d'une usine Renault. Le convoi de deux rames transportait 186 personnes.
Principale victime de l'accident, une jeune femme de 18 ans est "toujours hospitalisée, mais les craintes pour sa vie ou une infirmité grave sont maintenant écartées", a rassuré samedi soir le procureur Sébastien Gallois.
Si les trains circulent "selon les horaires quasi habituels, avec quelques adaptations" pour les trajets entre Caen et Elbeuf, la ligne n'est pas praticable entre Elbeuf et Rouen, a indiqué dimanche SNCF Voyageurs Normandie à l'AFP.
La date de "relevage" du train reste indéterminée.
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Par Manuel SANSON avec Benjamin MASSOT à Rennes / Rouen (France) (AFP) / © 2026 AFP
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