Fatigue inhabituelle, perte de force, difficultés à marcher… Avec l'âge, la masse musculaire diminue progressivement. C’est un phénomène naturel, appelé sarcopénie, qui peut toutefois être ralenti grâce à une meilleure hygiène de vie. Le docteur Daniel Scimeca livre ses conseils au micro de Sud Radio pour préserver son capital musculaire.
« La sarcopénie, c'est la perte de la masse maigre »
Vieillir ne signifie pas seulement avoir des rides et des cheveux blancs. Le corps perd également progressivement de la masse musculaire. « La sarcopénie, c'est la perte de la masse maigre, c'est-à-dire du nombre de fibres musculaires », explique le docteur Daniel Scimeca. « Les muscles se dégonflent un petit peu, mais il y a aussi un phénomène : notre "viande musculaire" devient plus persillée. Il y a moins de fibres musculaires et plus de graisse. Les muscles sont donc moins efficaces. »
Une perte musculaire qui débute dès 50 ans
Contrairement aux idées reçues, la fonte musculaire ne concerne pas uniquement les personnes très âgées. Elle commence bien plus tôt. « C'est dès 50 ans que cela commence. Parfois même un petit peu avant », souligne le médecin.
Et selon lui, les premiers signes passent souvent inaperçus. « Quand on s'aperçoit de quelque chose, il y a déjà 80 % de la fonction qui a disparu. Il faut être très vigilant quant aux signaux faibles. » D'où l'importance de ne pas attendre que les difficultés deviennent importantes avant de commencer à pratiquer une activité physique et à se nourrir convenablement.
Fatigue et troubles de l'équilibre : les premiers signes à surveiller
La fatigue constitue souvent le premier symptôme. « Du point de vue de la personne elle-même, c'est surtout la fatigue, parfois des troubles de l'équilibre, précise le docteur Scimeca. Je ne parle pas de vertiges, mais d'une difficulté à marcher un petit peu droit. »
L'entourage peut également remarquer certains changements. « Une démarche avec les pieds davantage écartés, une marche à petits pas peuvent apparaître assez tôt. » Ces signes doivent inciter à en parler avec son médecin afin de réaliser un bilan.
Quels tests pour savoir si l’on fait face à la sarcopénie ?
« Je demande souvent au patient de se lever de sa chaise, de faire trois pas, de revenir et de se rasseoir, tout en chronométrant l'exercice », explique le praticien.
Mais des examens plus complets existent également. « Chez les gériatres, les kinésithérapeutes ou dans les centres de santé sportive, il existe des appareils qui permettent un diagnostic beaucoup plus précis. »
L’activité physique comme remède pour compenser cette perte
Pour ralentir la sarcopénie, l'activité physique reste le traitement le plus efficace. Mais tous les exercices ne se valent pas. « Beaucoup de gens disent : "Je fais mes 10 000 pas par jour et ça va." Non. » Il recommande de varier les efforts. « Il faut plusieurs types d'activités physiques : des activités d'endurance comme la marche ou la course, mais aussi des exercices plus statiques, qui travaillent l'équilibre, ainsi que des exercices de renforcement musculaire. »
Les protéines, un élément indispensable
L'alimentation joue également un rôle majeur. Le docteur Scimeca met notamment en garde contre ce qu'il appelle le « régime biscottes-café au lait », fréquent chez les personnes âgées dont l'appétit diminue.
« Le manque de protéines est quelque chose d'épouvantable. Dès lors que l'on prend de l'âge, il faut penser aux protéines, précise-t-il. 50 % de protéines végétales et 50 % de protéines animales. » Si ces efforts ne permettent pas d’empêcher le vieillissement, ils contribuent à le ralentir et à vivre plus longtemps en bonne forme.