"On a en France des visas talents, on n’a pas des visas Poutine" : au micro de Sud Radio, David Amiel, Ministre de l’Action et des Comptes publics, a répondu aux questions de Benjamin Glaise.
"Le budget de la sécurité civile continuera à augmenter dans le budget 2027"
Benjamin Glaise : Le tout dernier budget de l’ère Emmanuel Macron sera présenté dans deux mois, quasi tout pile, en Conseil des ministres. Ce budget, il aura des conséquences directes, très concrètes, pour les Français, pour les entreprises. Qui va payer ? Qui sera épargné ? Vous nous le direz dans un instant. Mais d’abord, quelques, quelques mots sur ces incendies. Le gouvernement a multiplié les, les annonces ces derniers jours en direction des, des entreprises sinistrées : chômage partiel, report de cotisations, aide financière exceptionnelle pour les indépendants. Combien ça va coûter à l’État et comment vous allez financer l’ensemble de ces aides, David Amiel ?
David Amiel : D’abord, la priorité absolue, évidemment, des derniers jours, des dernières semaines, encore en ce moment, à cette heure, c’est de tout faire pour combattre les feux et pour protéger les populations, protéger les villes, protéger les sites industriels, les activités économiques. Et vous me permettrez, à ce micro, de rendre hommage à l’ensemble des agents publics — il se trouve que je suis ministre de la Fonction publique aussi — qui ont été mis à rude épreuve et qui se sont considérablement mobilisés. Évidemment, les agents publics présents dans les départements les plus concernés, la Gironde, le Var, les Landes, tous ceux qui ont été affectés par les incendies, la Marne, mais aussi les agents publics de toute la France qui sont venus apporter leur concours et leurs renforts. Et j’avais demandé, moi, dans mon ministère, évidemment, à ce que des autorisations spéciales d’absence soient accordées à tous les fonctionnaires qui souhaitaient, parce qu’ils sont sapeurs-pompiers volontaires, pouvoir prêter main-forte, qu’ils puissent le faire. Ensuite, il y a évidemment le moment de la reconstruction qui va venir.
C’est la raison pour laquelle, à Bercy, on se mobilise depuis le début de la crise, à la fois pour répondre aux urgences immédiates et pour préparer cette deuxième phase, avec une mobilisation des assureurs qui va être extrêmement importante. Les délais de déclaration des sinistres ont été étendus jusqu’au 31 août. C’est évidemment très important que ne s’applique pas le délai traditionnel des cinq jours pour des personnes qui sont dans une situation dramatique. Très important aussi que les assurances puissent prendre en charge le relogement pour les personnes qui ont été amenées à se déplacer, dans le cadre des assurances habitation. Donc il y a ce volet de mobilisation des assureurs. On a évidemment donné consigne aux Urssaf, vous le rappeliez, de pouvoir procéder à des décalages des paiements de cotisations et autres. C’est évidemment extrêmement important. Pour être concret, ce sera discuté entreprise par entreprise, selon leur situation, mais dès aujourd’hui elles peuvent faire leur demande sur le site de l’Urssaf et, évidemment, ce sera regardé avec la plus grande bienveillance et l’accompagnement maximal. Donc cet accompagnement-là de la situation économique, qui se fait évidemment, il se fait en lien aussi avec les collectivités locales.
Benjamin Glaise : Une estimation sur ce que ça va coûter à l’État, qui s’engage justement pour, pour l’ensemble de, de ces sinistrés ?
David Amiel : Non, il est trop tôt pour pouvoir faire un bilan parfaitement chiffré. Dans tous les cas, ce qui est très important, je le dis, c’est que ce soutien immédiat par les assurances et par les décalages de trésorerie, de cotisations, puisse être fait.
🇫🇷 Budget de la Sécurité civile
— Sud Radio (@SudRadio) July 31, 2026
🗣️ @Amiel_David_, ministre de l'Action et des Comptes publics : « Je confirme que le budget de la Sécurité civile continuera à augmenter dans les prochaines années. On a entendu beaucoup de fake news dans les médias : il a quasiment doublé en dix… pic.twitter.com/PJp22J18R4
Benjamin Glaise : Le budget de la sécurité civile, qui est passé de 450 à 800 millions d’euros en dix ans, est-ce qu’il augmentera bien en 2027 ? On parle d’une hausse de 83 millions d’euros. Vous confirmez à ce niveau ?
David Amiel : Alors, je confirme que le budget de la sécurité civile continuera à augmenter dans le budget 2027. Le réglage sera évidemment fait dans les prochaines semaines. Et vous avez raison de le rappeler, je vous en remercie, parce qu’on a entendu beaucoup de fake news dans les médias à ce sujet. Le budget de la sécurité civile a considérablement augmenté ces dernières années, avec un quasi-doublement sur dix ans. Et moi, je suis toujours un peu étonné quand j’entends des responsables politiques aller sur les plateaux de télévision, qui se sont opposés à toutes les augmentations de ce budget.
Benjamin Glaise : Vous pensez à qui ?
David Amiel : Je pense aux élus de La France insoumise, par exemple. Ils ont voté la censure de tous les budgets qui prévoyaient une augmentation du budget de la sécurité civile. Ils ont voté contre la loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur, qui prévoyait une augmentation du budget de la sécurité civile. Ils ont censuré les budgets qui créaient le Fonds vert. Et donc cette hypocrisie-là, je pense qu’elle est effectivement très, très grave.
"Grâce à la facturation électronique en matière de TVA, on va pouvoir lutter contre la fraude"
Benjamin Glaise : Avant de passer au budget, quelques mots sur la facturation électronique. À partir du 1er septembre, ce sera obligatoire pour toutes les grandes entreprises, les ETI également, les entreprises de taille intermédiaire. Certaines sont inquiètes, puisque ça va arriver très vite. Est-ce qu’il y aura une forme de tolérance à partir du 1er septembre ?
David Amiel : D’abord, c’est un chantier extrêmement important. Il vise à faire quoi, la facturation électronique ? À faire ce qui a été fait, d’ailleurs, dans nos pays voisins — je pense à la Belgique, je pense à l’Italie —, c’est-à-dire de pouvoir chasser davantage les fraudeurs en embêtant moins l’immense majorité de nos entreprises. Parce que, grâce à la facturation électronique en matière de TVA, on va pouvoir lutter contre la fraude à la TVA en ayant beaucoup moins recours à des contrôles intrusifs, lourds pour les entreprises. Ça va être un gain de temps considérable. Les organisations professionnelles, et je les remercie, sont d’ailleurs très mobilisées pour soutenir la facturation électronique, parce que ça va aussi permettre de réduire les coûts, de réduire les délais de paiement, dont on sait que c’est une plaie pour énormément de petites et moyennes entreprises, pour énormément d’auto-entrepreneurs. Et donc, au fond, la facturation électronique, ce sera pour les entreprises la même modernisation que ce que le prélèvement à la source a été pour vous et moi : des déclarations préremplies.
Benjamin Glaise : Des déclarations de TVA préremplies. Ça, c’est la première étape, l’évolution à venir ?
David Amiel : La première étape, effectivement, c’est la facturation électronique. Elle rentre en vigueur au 1er septembre. Bien sûr, il y a une période de tolérance et de bienveillance pour les entreprises de bonne foi qui auraient des difficultés dans la mise en œuvre, parce que, comme pour tous les changements, il y a des craintes et elles sont parfaitement, parfaitement entendables. Et donc, évidemment, tout cela sera pris en compte. Mais c’est un chantier, je le dis, extrêmement important. Et dès le 2 septembre, c’est-à-dire dès cette première étape de la facturation électronique, je lancerai une deuxième très grande étape de modernisation pour nos entreprises, qui est effectivement le préremplissage des déclarations de TVA, parce que ça évitera à beaucoup de chefs d’entreprise, beaucoup de PME, d’avoir à passer des heures, parfois même des jours, avec leur expert-comptable ou tout seuls, à remplir à la main des documents à n’en plus finir. Je pense que ce que nous disent tous nos chefs d’entreprise, c’est : « On n’en peut plus de la paperasse. » Et à l’heure du numérique, à l’heure des systèmes d’information, c’est insupportable. Je pense que chacun a vu ce que le prélèvement à la source avait permis de simplifier pour l’impôt sur le revenu.
🇫🇷 Facturation électronique obligatoire à partir du 1er septembre
— Sud Radio (@SudRadio) July 31, 2026
🗣️ @Amiel_David_, ministre de l'Action et des Comptes publics : « La première étape est la facturation électronique. Il y aura une période de tolérance et de bienveillance. Dès le 2 septembre, je lancerai une… pic.twitter.com/uht2bxtwcH
Benjamin Glaise : La mise en place de cette déclaration de TVA préremplie, ce sera quand ?
David Amiel : Je lance le chantier maintenant, pour les prochaines années. Mais la facturation électronique, ce sera dès le 1er septembre 2026.
Benjamin Glaise : L’Insee a annoncé hier que la croissance avait été de 0,2 % au deuxième trimestre de cette année. Pas de récession, c’est un soulagement ?
David Amiel : C’est un soulagement que nous ne soyons pas en récession, évidemment. Ça montre d’ailleurs que, malgré des chocs extérieurs importants — parce qu’on parle là du deuxième trimestre, donc les mois d’avril, de mai et de juin, ceux où les prix du baril de pétrole étaient extrêmement élevés —, ça montre que les chefs d’entreprise, le tissu économique français, sont résistants. Et tout ça, effectivement, est plutôt une bonne nouvelle. Il faut rester quand même très vigilant, évidemment, pour le reste de l’année.
"L’inaction, ce ne serait pas la stabilité ; l’inaction, ce serait le décrochage"
Benjamin Glaise : David Amiel, vous êtes le Monsieur budget du gouvernement. Pour 2027, vous parlez d’un budget de sauvegarde républicaine. On comprend qu’il faudra faire des économies importantes. Oui ou non, est-ce que l’année prochaine sera une année blanche ? C’est-à-dire, je précise : gel des prestations sociales, des pensions de retraite, du barème de l’impôt sur le revenu.
David Amiel : Alors, il y a plusieurs questions. D’abord, est-ce que l’année 2027 peut être une année où on se croise les bras sur la réduction du déficit ? La réponse, elle est non. Parce qu’il faut bien le comprendre : l’inaction, ce ne serait pas la stabilité ; l’inaction, ce serait le décrochage. Si rien ne se passe, le déficit français passerait de 5,1 % du produit intérieur brut — c’était son niveau en 2025 — à près de 6 % en 2027, à près de 7 % en 2030. Ce serait une véritable explosion du déficit.
Benjamin Glaise : Objectif : 35 milliards d’euros d’économies l’an prochain ?
David Amiel : J’ai eu l’occasion, j’ai eu l’occasion de dire que la France était assise sur un baril de poudre, en parlant de sa dette publique. Ben, il est urgent d’éteindre la mèche. Et c’est la raison pour laquelle ce budget 2027, malgré l’élection présidentielle, doit pouvoir continuer à réduire le déficit. Il faut d’ailleurs qu’en 2026, on soit le plus proche possible des 5 % de déficit public. Il faut qu’on fasse le maximum pour être en dessous des 5 % en 2027. C’est vital.
Benjamin Glaise : Est-ce qu’on aura une année blanche ? Est-ce qu’on pourra se priver d’une année blanche l’an prochain ?
David Amiel : Le débat sur les augmentations, les indexations automatiques indifférenciées, il faudra effectivement qu’on l’ait. Parce qu’à chaque fois qu’on augmente de manière automatique et indifférenciée — parce que les situations sont très différentes dans ce que vous évoquez —, mais à chaque fois qu’on le fait de manière automatique et indifférenciée, ça se fait au détriment d’autres investissements indispensables, des investissements dans l’avenir qui ont été trop sacrifiés depuis des décennies. Et dans le budget, dans les premiers éléments de budget que j’ai pu présenter le 15 juillet à l’Assemblée nationale, il y a deux budgets qui augmentent de la manière la plus importante : c’est la défense et l’écologie. Et l’écologie, ce n’est pas le plus facile électoralement, parce que ce sont des dépenses pour l’avenir, ce ne sont pas des dépenses pour la prochaine élection, ce sont des dépenses pour la prochaine génération.
Benjamin Glaise : Vous travaillez sur ce projet de loi de finances, le budget 2027. Est-ce que vous allez proposer très concrètement une année blanche ?
David Amiel : On procède par étapes. La première étape, c’est le budget de l’État. C’est ce que j’ai pu présenter le 15 juillet.
🇫🇷 Année blanche en 2027 ?
— Sud Radio (@SudRadio) July 31, 2026
🗣️ @Amiel_David_, ministre de l'Action et des Comptes publics : « Le débat sur les indexations automatiques et indifférenciées, il faudra l'avoir. Elles se font au détriment d'autres investissements indispensables pour l'avenir »
➡️ Suivez le direct… pic.twitter.com/nnR58Y6Blv
Benjamin Glaise : On a déjà les informations, notamment le ministère de la Défense et de l’Écologie…
David Amiel : Oui, c’est très important de le rappeler, avec un effort colossal des ministères. Hors défense, le budget des ministères augmentera quatre fois moins vite que le niveau de l’inflation. C’est un effort colossal, et qui va avec une réorganisation profonde de l’État. Parce qu’avant de demander des efforts aux Français, bah il faut évidemment que l’État balaie devant sa porte. Et c’est le cas aussi des réformes structurelles. Je vous donne d’ailleurs un exemple. Un exemple : quand j’ai été nommé ministre de l’Action et des Comptes publics, je me suis interrogé sur la politique immobilière de l’État. Combien coûte tel bâtiment, son entretien, sa rénovation ? Est-ce qu’on peut mieux faire ? Est-ce qu’on peut mutualiser ? Vous savez la réponse qu’on m’a donnée ? On ne sait pas. Parce qu’aujourd’hui, dans l’État, on ne sait pas, au niveau global, ce que coûte notre patrimoine immobilier. Le temps des audits, des rapports, etc., on en a plein les armoires. La question, c’est de les mettre en œuvre. Donc ce qu’on a fait, c’est qu’on a adopté — et je remercie les parlementaires de droite comme de gauche qui se sont engagés là-dessus — une proposition de loi du groupe Renaissance. Pour réorganiser ça, on crée une structure unique, professionnelle, pour piloter notre politique immobilière.
Il y aura une première étape, évidemment ; ça se mettra en place sur plusieurs années. C’est une grande réforme structurelle. Première étape en 2027. Je vous donne un autre exemple de modernisation importante : l’intelligence artificielle. Elle ne peut pas être partout, sauf dans l’État. On voit très bien les gains de productivité très importants que ça permet de créer. Au mois d’avril, vous n’aviez pas, quand vous étiez agent de l’État, accès aux outils d’IA sécurisés, souverains, que ceux qui nous écoutent peuvent avoir dans leur poche, sur leur téléphone portable. Eh ben, depuis le mois de juin, on a ouvert à tous les agents de l’État, quoi, un agent conversationnel, en gros ChatGPT, mais avec Mistral, pour que ce soit sécurisé, souverain, français, protégé. Un outil de transcription, parce que vous comme moi, on a vu beaucoup de fonctionnaires, d’agents, qui passaient beaucoup de temps à taper à la main des choses que les gens disent à l’oral. Et je pense que ce n’est pas vraiment la raison pour laquelle ils ont rejoint le service public, et c’est plutôt démoralisant. On a un outil de transcription qui est ouvert à tous les agents de l’État. Vous comme moi, on a vu très souvent, à des guichets du service public, des personnes qui parlent des langues étrangères, un agent qui parfois ne la connaît pas, qui a besoin d’appeler un collègue : outil de traduction ouvert à tous les agents publics depuis le mois de juin.
Benjamin Glaise : Est-ce que vous envisagez de diminuer le remboursement de certains médicaments jugés peu efficaces ?
David Amiel : Oui, ça fait effectivement partie de ce qui est travaillé. Mais je voudrais vous dire d’abord pourquoi. Parce qu’on a besoin d’investir dans l’hôpital. On a à investir au minimum 3 milliards d’euros supplémentaires l’année prochaine dans notre hôpital. Et je crois qu’on a vu au mois de juillet à quel point les hôpitaux avaient été, encore une fois…
Benjamin Glaise : Les gros hôpitaux, pas les petits hôpitaux. Philippe Juvin propose justement de fermer les tout petits hôpitaux.
David Amiel : Je pense que ceux qui nous écoutent, ils veulent d’abord savoir pourquoi est-ce que toutes les femmes et tous les hommes politiques défilent au micro en faisant des annonces dont, ensuite, ils ne voient jamais la couleur. Et la raison, c’est que quand on fait des promesses et qu’on ne dit pas comment on les finance. Et donc il faut pouvoir investir davantage dans l’hôpital. Il faut continuer à le moderniser, il faut continuer à soutenir les soignants. Et donc ça implique, ça implique effectivement de faire des choix. C’est la raison pour laquelle ma collègue Stéphanie Rist a annoncé le relèvement des plafonds des franchises médicales et des participations forfaitaires. Ils sont aujourd’hui à 50 euros par an, ils passeraient à 100 euros. Dix-huit millions de Français ne sont, par définition, pas concernés. Mais c’est vrai que c’est un effort pour un certain nombre d’entre eux. Par exemple, si vous consommez 60 boîtes de médicaments par an, c’est une augmentation de 2 euros par mois. Et c’est vrai que ça veut dire réorganiser, entre l’assurance maladie obligatoire et les complémentaires, les remboursements, pour que les médicaments les moins efficaces soient davantage pris en charge par les complémentaires, et donc permettre à la Sécurité sociale d’investir.
Benjamin Glaise : Le crédit d’impôt recherche, 8 milliards d’euros par an, raboté ou pas ?
David Amiel : Non, mais il y a un travail qui est en cours pour pouvoir rendre tous nos dispositifs les plus, les plus efficaces possibles. Il y a un travail qui est en cours avec les organisations patronales pour savoir quels sont les outils les plus efficaces pour soutenir la compétitivité dans la période. À nouveau, à chaque fois, il y a des choix à faire. Ce travail-là, il est en cours.
Expulsion de Xenia Fedorova : "’Il faut être intransigeant"
Benjamin Glaise : David Amiel, un mot sur la présidentielle. Vous pensez quoi de Sébastien Lecornu, votre collègue ? Je ne sais pas si vous avez vu, le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, déclare qu’il ferait un excellent candidat du rassemblement pour 2027. Vous êtes d’accord avec lui ?
David Amiel : Sébastien Lecornu est d’abord un Premier ministre aujourd’hui pleinement à la tâche. Vous savez, quand je me projette vers l’élection présidentielle, moi, ce qui est vrai, ce qui m’inquiète, c’est, au fond, qu’on voit se mettre mécaniquement en place un boulevard pour l’extrême droite. Et chaque jour qui passe, souvent, les hommes et les femmes politiques vont au micro et disent : « Les sondages, ça ne veut rien dire. » Bon, d’abord, ils disent ça souvent quand les sondages ne les arrangent pas. Bon, quand un sondage est favorable, là, on s’en prévaut plutôt. Moi, j’observe les sondages, et ce que je vois, c’est que, dans plein de configurations aujourd’hui, au second tour, Marine Le Pen gagne l’élection présidentielle. Alors, ça ne veut pas dire que ce sera le cas…
Benjamin Glaise : Sébastien Lecornu peut être une solution ?
David Amiel : Ça ne veut pas dire que ce sera le cas au printemps prochain. Mais ça veut dire une chose : ça veut dire que, dans les forces modérées — bloc central, gauche sociale-démocrate, droite républicaine —, bah il faut qu’on se réveille. Et il faut notamment qu’on puisse porter des projets, des idées qui donnent envie aux Français.
🇫🇷 Gel des avoirs de Xenia Fedorova ?
— Sud Radio (@SudRadio) July 31, 2026
🗣️ @Amiel_David_, ministre de l’Action et des Comptes publics : « On a des visas talents, pas des visas Poutine. À partir du moment où des personnes alimentent une propagande contraire aux intérêts fondamentaux de la nation, elles n'ont rien… pic.twitter.com/7F6PnNoque
Benjamin Glaise : Parce que c’est une personnalité qui donne aussi envie aux Français, Sébastien Lecornu ? Est-ce que Sébastien Lecornu peut être une option intéressante ?
David Amiel : Mais toutes les options, par définition, sont intéressantes. Moi, j’ai eu l’occasion de le dire : je soutiens la candidature de Gabriel Attal, qui est le président de mon parti. Je n’ai aucun doute qu’à la fin, tout le monde se rassemblera. Mais ce qui compte aujourd’hui, c’est le projet qu’on est capable de porter. Parce que si on fait une campagne uniquement sur un vote barrage, eh ben le barrage, il prend l’eau de toutes parts.
Benjamin Glaise : Le gouvernement gèle les avoirs de la chroniqueuse russe Xenia Fedorova pour six mois. Vous confirmez ?
David Amiel : Oui, je le confirme. Et c’est complémentaire avec les mesures d’expulsion qui ont été prises par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Je pense qu’il faut être évidemment intransigeant sur les principes. On a en France des visas talents, on n’a pas des visas Poutine. Donc, à partir du moment où des personnes alimentent une propagande qui est contraire aux intérêts fondamentaux de la nation, elles n’ont rien à faire en France.
Retrouvez "L’invité politique" chaque jour à 8h15 dans le Grand Matin Sud Radio
Cliquez ici pour écouter "L’invité politique"
Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !