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Épidémie de cyberattaques de réfrigérateurs en Europe : mais qui se cache derrière ?

Par Elliott Léonard

Il y a moins d'un mois, la France a connu des cyberattaques d’ampleur sur les réfrigérateurs de plusieurs supermarchés. Depuis, les attaques se multiplient dans un certain nombre de pays d’Europe. Alors, comment expliquer cette vague déferlante ?

Réfrigérateurs (Pexels)

Après la France ciblée en premier, au moins 14 pays européens ont été touchés par des cyberattaques visant les réfrigérateurs ces derniers jours. Selon une analyse de la revue Grand Continent, 700 supermarchés en France, 75 en Belgique, 30 en Suède et 20 en Italie ont été touchés. Dans les autres pays, les cas sont plus sporadiques.

Des réfrigérateurs qui « ne reçoivent plus de mises à jour logicielles »

Dans les grandes surfaces, les installations frigorifiques sont généralement pilotées par des systèmes informatiques. Et c'est précisément cette connexion à Internet qui constitue la faille dans laquelle s'engouffrent les hackers.

Lors de la première vague d'attaques, les pirates ont notamment exploité la vulnérabilité d'anciennes versions des logiciels de contrôle Danfoss ou Dixell. Danfoss, entreprise danoise, a assuré que ses produits « ne reçoivent plus de mises à jour logicielles ou de sécurité ». Et selon le même principe : « Une seconde vague d’attaques a eu lieu dans la nuit du 1er au 2 novembre, touchant 14 pays, dont l’Allemagne, où des magasins Rewe et Edeka ont été visés, et l’Italie, où une vingtaine de magasins ont été touchés en Sicile », précise le Grand Continent.

Des conséquences directes et physiques

Ces attaques ne se limitent pas à quelques congélateurs en panne. Contrairement à une cyberattaque classique visant à voler des données personnelles ou à bloquer un site Internet, les attaques contre les technologies opérationnelles (OT) ont des conséquences immédiates. Dans ce cas, les pirates ont pu faire monter la température de chaque réfrigérateur à 50 degrés dans plusieurs pays européens. Même mécanisme à l'Établissement français du sang (EFS). Les pirates ont tenté de modifier les paramètres de température à plus de 110 degrés des installations servant à conserver du sang et du plasma.

« Lorsque des pirates s'introduisent dans les systèmes technologiques opérationnels, les conséquences sont d'ordre physique », explique Michael Ferdinandsen, PDG de Secomea, une entreprise danoise spécialisée dans la cybersécurité industrielle.

Une possible implication russe ?

Reste une question essentielle : qui se cache derrière ces cyberattaques ? Pour l'heure, les auteurs n'ont pas été officiellement identifiés. Dans l’analyse publiée ce 4 novembre, le Grand Continent évoque plusieurs signes qui pourraient suggérer une implication russe.

Beaucoup d’ingénieurs et d’informaticiens, comme Kévin Tellier, ingénieur en cybersécurité chez Synacktiv, interrogé par France 24, expliquent dans le même temps que « n'importe qui disposant de quelques connaissances » a pu modifier les températures de ces réfrigérateurs. Les motivations des pirates restent toutefois inconnues, puisque les attaques sont très nombreuses, dans beaucoup de pays et dans plusieurs types de commerces.

14 pays cyberattaqués

Pour l’heure, en comptant tous les commerces touchés et les cas confirmés par une autorité, la France, la Belgique, la Suède, l’Italie, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Irlande, le Portugal, la Finlande, le Luxembourg, l’Estonie, la Roumanie, le Danemark, la Pologne et le Royaume-Uni ont subi des cyberattaques depuis le 11 octobre. La Grèce et la Norvège en auraient également subi, mais les autorités ne l’ont pas confirmé.

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