Les magasins Intermarché, Coopérative U et Leclerc ont découvert les dégâts à leur ouverture, au petit matin. Contrairement à une cyberattaque classique visant à voler des données, celle-ci a directement touché les équipements chargés de maintenir les aliments au froid. Les pirates auraient exploité d'anciennes versions du logiciel de régulation du fabricant danois Danfoss, utilisé dans de nombreux commerces français pour piloter leurs installations frigorifiques. Des magasins Metro, mais aussi des commerces indépendants, comme des boucheries, pourraient également être concernés.
Des produits conservés à + 50 °C
Les équipements frigorifiques disposent d'un système de dégivrage automatique, destiné à éliminer la glace qui s'accumule sur les installations. Ce cycle est généralement programmé pour fonctionner environ deux heures par jour. Mais les pirates auraient détourné ce mécanisme en déclenchant un dégivrage continu, avec une température de consigne fixée à + 50 °C. Au lieu de refroidir les aliments, les installations auraient donc chauffé pendant plusieurs heures, faisant grimper la température des produits stockés.
L'attaque aurait débuté vers minuit dans certains magasins, laissant aux températures le temps de monter et condamnant tous les produits concernés. Dans d'autres, touchés plus tard, les salariés auraient pu sauver une partie des produits frais. Intermarché semble être le plus affecté : environ 150 magasins du réseau seraient concernés. Coopérative U et Leclerc comptent aussi des points de vente touchés, sans bilan annoncé pour l’heure mais qui pourrait atteindre plusieurs millions.
Une situation « inacceptable »
Sur X, Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, a confirmé qu'une cyberattaque touchait « depuis cette nuit » les installations de production de froid de plusieurs magasins de son réseau. Il a assuré que les équipes étaient « pleinement mobilisées », avec les frigoristes, pour rétablir la situation. Il a aussi réclamé une enquête pour « faire toute la lumière » sur les faits.
Selon lui, s'attaquer à des équipements essentiels à la conservation des produits frais et à l'approvisionnement alimentaire des Français est « d'une extrême gravité » et « inédit » tout en jugeant la situation « inacceptable. »