De fausses alertes à la bombe ont de nouveau perturbé jeudi le trafic aérien européen, poussant des avions de chasse à escorter plusieurs vols civils, notamment au départ de l'Italie et à destination de la Bulgarie et de la République tchèque.
Après de fausses alertes similaires en début de semaine, au moins une vingtaine de vols - pour la plupart de compagnies low-cost - avaient été visés par des alertes à la bombe jeudi à la mi-journée, selon plusieurs autorités et compagnies aériennes.
Tous les appareils ont atterri sans incident, ont-elles précisé.
- Italie -
L'armée de l'Air française a annoncé que deux de ses avions de combat avaient escorté en Normandie un avion de la compagnie irlandaise Aer Lingus, qui reliait Dublin à Rome, après une alerte des autorités italiennes.
La manoeuvre n'a en effet pas été aisée car le pilote irlandais "aurait refusé" d'atterrir sur la base militaire d'Evreux, "préférant un aéroport civil", ce qui a conduit la justice française à ouvrir une enquête. L'Airbus A320 et ses 151 passagers a finalement "atterri en toute sécurité", selon la compagnie.
Deux vols de la compagnie Finnair, reliant Helsinki à Rome et Vienne, ont également été visés par une fausse alerte à la bombe.
Le vol pour Rome a été escorté par des avions de chasse italiens jusqu'à l'aéroport romain de Fiumicino, a confirmé à l'AFP un porte-parole des Aéroports de Rome. Mais "rien d'anormal n'a été constaté", a indiqué un porte-parole de Finnair.
"C’est très préoccupant, nous sommes très inquiets pour la sécurité en Europe en général", a commenté auprès de l'AFP une Brésilienne de 29 ans à l'aéroport de Rome, Natalia Lobo. "Mais ça va, je pense que tout est sous contrôle. Je me sens en sécurité pour prendre l’avion, j’ai l’impression que les services de sécurité gèrent tout", a-t-elle ajouté.
Un vol Wizz Air devant relier Milan Malpensa (nord de l'Italie) à Varsovie (Pologne) s'est posé à Vienne en Autriche, et un vol Varsovie-Bruxelles de la compagnie LOT a également fait l'objet d'une alerte, selon les compagnies.
- Alertes par courriel -
Ces alertes à la bombe s'inscrivent dans un contexte de recrudescence d'attaques hybrides en Europe, parfois liées par les autorités ou les chercheurs à la Russie ou à l'Iran.
"Toute menace contre des civils est inacceptable", a affirmé le commissaire européen aux Transports, Apostolos Tzitzikostas, ajoutant qu'il était "trop tôt pour tirer des conclusions sur le fait que ces incidents étaient liés".
En République tchèque, "c’est l’aéroport de Prague qui a reçu les menaces par courrier électronique" émanant d'adresses anonymes, a précisé à l'AFP la porte-parole de l’aéroport, Denisa Hejtmankova.
En Italie, l’alerte sur les vols Helsinki-Rome et Dublin-Rome a été déclenchée par un courriel envoyé à l'aéroport et à d’autres sociétés de la plateforme aéroportuaire, a confirmé un porte-parole des Aéroports de Rome.
Selon les médias italiens, ce message (en italien) visant les deux vols était signé par les "combattants de l’État masculin", du nom d'un groupuscule extrémiste russe: "Vous êtes tous complices d’un complot criminel. Nous voulons vous anéantir pour cela (...). Votre régime féministe s’en souviendra à jamais. L’explosion se produira dans 60 minutes. Aujourd’hui, votre ciel sera rouge".
Il existe en Russie un mouvement d’extrême droite appelé "État masculin" ("Male State"), mais l’AFP n’a pas pu confirmer s’il était à l’origine du message.
- Troisième vague -
Lundi déjà, un vol de la compagnie Wizz Air reliant Londres (Luton) à Sofia avait été dérouté en raison d’une menace à la bombe et contraint de faire un atterrissage d’urgence à Budapest.
Mardi, une dizaine de vols commerciaux en Europe avaient été visés. Tous les avions ont été inspectés à l'atterrissage, sans qu'aucun engin suspect ne soit découvert.
"Je ne pense pas que nous ayons déjà vu cela auparavant, mais aujourd’hui, la défense est vraiment en place", a commenté jeudi le PDG d'Air France-KLM, Benjamin Smith, à l'issue d'une conférence de résultats. "Nous sommes assez confiants d’avoir mis en place tout ce qui est nécessaire pour faire en sorte que l’impact sur nos opérations soit minimal, voire nul".
Les autorités danoises avaient informé Air France jeudi d'une alerte "initialement jugée crédible, mais rapidement écartée" concernant un vol Paris-Copenhague.
- Ryanair -
En Bulgarie, des chasseurs MiG-29 de l'armée de l'air ont décollé jeudi matin pour intercepter et escorter trois avions Ryanair aussi "visées par des alertes à la bombe", selon le ministère de la Défense.
Les deux avions en provenance de Madrid et Copenhague ont atterri à Sofia, leur destination prévue, tandis que le troisième, en provenance de Londres-Stansted, a été dérouté vers l'aéroport de Plovdiv, à l'est de la capitale.
Là aussi aucun explosif n'a été découvert, a indiqué à l'AFP une porte-parole du ministère bulgare de l'Intérieur.
Des menaces ont aussi visé trois vols liés à Madrid, même si l’exploitant aéroportuaire espagnol Aena a refusé de préciser les compagnies aériennes concernées ou d’indiquer si Madrid était la ville de départ ou d’arrivée.
On ne savait pas immédiatement si ces trois vols incluaient le vol Ryanair Madrid-Sofia.
- Prague -
Quatre avions qui se sont posés à Prague entre 8H45 et 9H30 GMT ont aussi été visés par des alertes à la bombe, a indiqué à l'AFP la police de l'immigration tchèque.
Il s'agit de deux vols Easyjet en provenance de Glasgow et Newcastle, un vol Ryanair depuis Dublin et un Sky Express depuis Athènes.
"Les résultats des contrôles d’engins explosifs se sont révélés négatifs", a indiqué la police tchèque sur X, ajoutant que le Centre national de lutte contre le terrorisme était chargé de l’enquête.
Par Ljubomir MILASIN et Taimaz SZIRNIKS / Rome (AFP) / © 2026 AFP
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