C'est LE livre-événement de cet automne littéraire. Ce jeudi 5 octobre sort « Vous êtes tous trop durs avec moi », un livre choc qui révèle les échanges, conversations libres et autres confidences par SMS durant deux ans d'Emmanuel Macron avec l'éditorialiste de gauche, François Degois, qui officie par ailleurs tout au long de l'année sur Sud Radio.
Depuis 24 heures, le critiques ou remarques pleuvent sur cet ouvrage qui fait déjà beaucoup parler, en raison des sujets d'actualité et des personnalités politiques abordées. Françoise Degois a-t-elle trahi le Chef de l'Etat ? Etaient-ce des échanges de l'ordre de l'intime et du perso ? Le président de la République s'est-il laisser berner ? Est-il tombé dans son propre piège ? A-t-il pêché par naïveté ?Françoise Degois livre sa version et rétablit la vérité, au micro de Sud Radio.
« Je ne suis pas macroniste et Emmanuel Macron n'est pas mon ami »
« Vous remarquerez que l'Elysée ne fait même pas ce procès parce que la réalité, c'est que je suis resté avec Emmanuel Macron dans une sphère politique, dans une discussion politique, une confrontation politique, souligne d'emblée Françoise Degois. Moi, je ne suis pas macroniste, Emmanuel Macron le sait parfaitement. Il n'est pas mon ami, il n'est même pas mon modèle politique. Nous avons eu pendant deux ans des conversations serrées sur le plan politique. Je suis une éducatrice politique, plutôt spécialiste de la gauche et on a commencé à échanger, évidemment, parce qu'une fois j'ai défendu son épouse parce que c'était la façon lamentable dont elle était traitée par les complotistes d'Outre-Atlantique. C'est comme ça que la discussion a vraiment commencé. »
❌ « Cette présidentielle est merdique » 🗣️ @francoisedegois, qui publie ses échanges privés avec Emmanuel Macron : « Je me suis régalée à discuter et à me confronter avec lui, mais il n’est pas mon ami » 📻 https://t.co/ZtgvbSTep3 https://t.co/kIttbOK7eC
— Sud Radio (@SudRadio) November 5, 2026
« Les off en politique, ça n'existe pas ! C'est le bal des faux culs ! »
Et de poursuivre et dérouler son raisonnement : « Il ne faut vraiment pas lui faire injure de son intelligence. Emmanuel Macron, à chaque instant, sait avec qui il parle, sait qu'il parle avec une journaliste de gauche très critique avec sa politique. Donc cette espèce de procès en déontologie, c'est quand même le bal des faux culs ! Les off en politique, ça n'existe pas ! Moi, je n'ai pas craqué du off sentimental ou du off amical. C'est donc ma décision de les publier parce que je les publie comme un document politique. »
« Je pousse jusqu'au bout la provocation comme lui, en fait »
Durant vingt-quatre mois, Françoise Degois va donc échanger « des messages Telegram car c'est le mode de communication moderne, et je pense qu'on peut se dire beaucoup de choses sans avoir besoin de se voir. Vous verrez dans le livre, il y a des confrontations très musclées. Il y a des confrontations où vraiment, il me charge. J'aurais très bien pu prendre le beau rôle et ne mettre que les trucs horribles sur lui. Mais souvent, il a raison sur l'argument et il est assez sévère avec moi : j'ai donc publié cela aussi (…) Je lui ai envoyé un exemplaire, avec un petit mot. Je le remercie d'ailleurs à la fin du livre : ''Remerciement à Emmanuel Macron qui est le héros de ce livre malgré lui''. Donc moi, je pousse jusqu'au bout la provocation comme lui, en fait. »
🇫🇷 « J’aurais pu mettre que les choses horribles qu’il a dites, mais il a souvent raison sur le fond » 🗣️ @francoisedegois, qui publie ses échanges privés avec Emmanuel Macron : « Il est assez sévère avec moi et j’ai publié cela aussi. » 📻 https://t.co/ZtgvbSTep3 https://t.co/OdVHo2rHIk
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« Il n'y a aucun secret d'État dans ces SMS »
« Il n'y a aucun secret d'État dans ces SMS, poursuit cette ancienne journaliste et reporter, avant de rejoindre Ségolène Royal et le gouvernement Hollande comme conseillère spéciale. C'est quelqu'un que j'ai combattu pendant des années. Nous avons commencé à échanger et à nous confronter sur le plan politique. J'ai trouvé ça intéressant. Est-ce que c'est dramatique ? Jamais je ne ferai ça, rassurez-vous, à tous mes amis, à ma famille et les gens que j'aime. Il n'y a rien de sentimental ou d'affectif dans cette relation avec Macron. Mais par contre, je me suis régalé à discuter avec lui, à me confronter avec lui. C'est un document politique presque, j'ai envie, pour l'histoire. Moi, je suis passionnée par la psyché des politiques. »
Macron m'a dit : « la dissolution, ça m'a coûté quand même... »
A ce propos, le passage consacré à la dissolution de l'Assemblée nationale vaut son pesant d'or. « Il ne lâche jamais là dessus, raconte Françoise Degois. Il a dit ''ça m'a coûté quand même'' mais il est persuadé qu'il a bien fait, ou que peut-être il aurait dû le faire plus tard même si ça aurait été pire. C'est très rare qu'un homme ou une femme politique reconnaisse de toute façon une forme d'erreur. Mais il sait que la dissolution, c'est ce qui nous a tous plongés dans un trou noir. C'est une forme d'éclipse de la politique qui explique aussi pourquoi nous en sommes là aujourd'hui, en réalité. »