singlesud.php

Grève, salaires, pouvoir d’achat, sécurité,... À quoi s'attendre le 5 novembre pour la mobilisation des « convergences » ?

Par Elliott Léonard

GROS PLAN SUD RADIO - Alors que les trois derniers samedis ont été marqués par des mobilisations massives, l’intersyndicale composée de la CFDT, de la CGT, de FO, de l’Unsa et de la FSU appelle les salariés du privé, les fonctionnaires et les retraités à descendre dans la rue ce jeudi 5 novembre. Le but de cette mobilisation : obtenir une hausse des salaires et une amélioration du pouvoir d’achat. Laurent Nuñez promet des « dispositifs opérationnels robustes, agiles et réactifs » pour éviter un nouvel épisode comme celui du 17 octobre. Entre 500 000 et 700 000 manifestants sont attendus.

JEFF PACHOUD - AFP

Initialement lancé début octobre par une intersyndicale composée de la CFDT, de la CGT, de FO, de l’Unsa et de la FSU, l’appel à la mobilisation du 5 novembre entend bien rassembler le plus grand nombre de catégories professionnelles avec « salariés du privé, fonctionnaires, retraités et les jeunes », a annoncé Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. De son côté, Caroline Chevé, secrétaire générale de la FSU, confirme : « C’est une journée qui s’adresse au monde du travail. »

« Le but est de créer la possibilité d'une véritable convergence »

Au cœur de cette journée, il s’agit bien du pouvoir d’achat. Les organisations syndicales réclament notamment une augmentation générale des salaires, une meilleure répartition des richesses, mais aussi la défense de l’emploi, de l’industrie et des services publics.

Les organisations lycéennes et étudiantes entendent également rejoindre les cortèges. « Bien évidemment, les lycéens et lycéennes, les étudiants et étudiantes rejoindront les travailleurs et travailleuses, parce qu’ils nous ont soutenus, on les soutient aussi », avait déclaré Ryad Rani, président de l'Union syndicale lycéenne. La coordination des Gilets jaunes appelle, elle aussi, à participer à cette journée. Benjamin Ball, membre du mouvement, souhaite que le 5 novembre ne soit pas uniquement « un 5 novembre intersyndical », mais « le 5 novembre du peuple », puisque « le but est de, petit à petit, créer la possibilité d'une véritable convergence ».

Les transports fortement impactés

Les transports seront touchés par les appels à la grève, notamment à la SNCF, où les quatre organisations syndicales représentatives (CGT-Cheminots, Unsa-Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT-Cheminots) ont appelé les cheminots à cesser le travail pendant 24 heures. La SNCF prévoit donc un trafic « légèrement perturbé » sur les lignes TGV et plutôt « perturbé » sur les Intercités et les TER. Les RER d’Île-de-France seront aussi soumis à des grèves.

Certains lycées pourraient également être bloqués. Sur son site, la CGT recense au total, en France, 1 150 appels à la grève à 12 heures et 244 points de mobilisation.

« Un grand ras-le-bol général »

Cette convergence semble se mettre en place. Souad, qui accompagnera sa fille lycéenne pour manifester, participera pour la première fois à un cortège. « Les revendications se recoupent un petit peu toutes. Elles vont dans un sens où finalement c'est un grand ras-le-bol général », explique-t-elle.

Katia, assistante administrative dans une entreprise privée, prévoit également de faire grève. « Franchement, on ne peut plus rien faire. Les restos, les sorties, le surplus, se faire plaisir. » Elle dénonce une situation dans laquelle les revenus sont dérisoires par rapport au coût de la vie : « Si on n'a pas un métier où on gagne 3 ou 4 000 euros, on ne s'en sort pas. »

Des manifestations pas autorisées partout

Plusieurs cortèges sont prévus dans les grandes villes françaises. Mais depuis les violences et les pillages qui ont marqué les esprits le 17 octobre, les autorités s'opposent régulièrement aux manifestations dans les centres-villes. C’était notamment le cas le 31 octobre dernier à Marseille ou à Lyon. Cette fois, dans la cité phocéenne, un rassemblement est annoncé à 10 h 30 aux Réformés. À Rennes, les manifestants ont rendez-vous à partir de 11 heures, place de Bretagne.

En revanche, à Lyon, la préfecture a pris un arrêté interdisant les manifestations dans une grande partie du centre-ville, entre 9 heures et 20 heures. À Toulouse, les mobilisations sont interdites. Et à Paris, la situation est assez complexe. L'intersyndicale avait déposé une demande le 21 octobre pour organiser une manifestation entre la place de la Bastille et celle de la Concorde. Mais le parcours n’a pas encore été validé par la préfecture de police. Et lors des deux derniers samedis, celui-ci n’avait pas été autorisé. Pour l’heure, rien n’est décidé.

 Nuñez promet un dispositif de sécurité renforcé 

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, entend éviter une répétition des violences et des pillages observés lors de la journée du 17 octobre. Auditionné à l'Assemblée nationale mardi 3 novembre, le ministre a reconnu des erreurs dans la gestion de cette précédente journée. Il a admis un défaut d'anticipation et un échec dont il s'est déclaré seul responsable.

Pour le 5 novembre, le ministre de l’Intérieur demande la mise en place de « dispositifs opérationnels robustes, agiles et réactifs », avec des effectifs de police et de gendarmerie renforcés. Le nombre de forces de police pourrait s’élever à 70 000 sur tout le territoire, comme les 24 et 31 octobre. Le but est de limiter au maximum les débordements. Des canons à eau et des Centaures devraient être mobilisés.

L'info en continu
12H
11H
10H
09H
08H
07H
Revenir
au direct

À Suivre
/