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Stéphanie Rist : « Nous devons aller vers une génération sans tabac »

INTERVIEW SUD RADIO – Santé mentale, déserts médicaux, Assurance maladie : Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, était l’invitée de Sud Radio au micro de Benjamin Glaise.

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Benjamin Glaise : Sur la plateforme que le gouvernement a lancée, 12 % des contributions lycéennes portent sur la prise en charge de la santé et notamment de la santé mentale. Quelle réponse le gouvernement compte-t-il leur apporter ?

Stéphanie Rist : « Vous avez raison d'en parler parce que 20 % des lycéens disent avoir eu dans l'année des idées suicidaires. On est face à un véritable enjeu de santé publique. On est dans l'année grande cause nationale santé mentale. Et donc, au début du printemps l'année dernière, avec Édouard Geffray notamment et d'autres ministres puisque c'est très interministériel, nous avons annoncé des mesures qui permettent de mieux prendre en charge la santé mentale des jeunes. 

Et typiquement, pour être très concret, dès ce mois-ci, tous les lycées auront un numéro de téléphone direct qui permettra une prise en charge, d'orienter le jeune en fonction de ses troubles. S'il a besoin d'une mesure urgente, d'un soin urgent ou d'un soin dans les 24 à 48 heures, il aura un rendez-vous. C'est une mesure qu'on avait appelée le coupe-file et pour laquelle j'ai travaillé avec les professionnels, les psychiatres, les organisations sur les territoires. 

On peut le mettre en place, on le met en place, et ce sera une avancée importante pour toutes les familles qui nous écoutent et qui peuvent parfois se dire : "Mais le rendez-vous est dans six mois, comment je vais faire ?" Désormais, il y aura un numéro unique à appeler qui permet une prise en charge de ces jeunes s'il y a besoin. »

Santé mentale : « Les familles ne seront pas abandonnées »

Ce coupe-file devait être mis en place à la rentrée. Est-ce qu'on a déjà des lycéens qui ont pu en bénéficier ?

« Très probablement oui, puisque ce sont des organisations de territoire avec ce qu'on appelle le service d'accès aux soins. Ça existe déjà pour tout ce qui n'est pas santé mentale, et dans plus de la moitié des départements, il existe pour la psychiatrie. Puis, quand il n'existe pas, on a mis en place d'autres organisations qui permettent d'avoir un numéro de téléphone, un accès direct à un professionnel qui va dire : "Oui, il faut que ce jeune soit vu aujourd'hui ou dans une semaine", et on lui donne son rendez-vous. Les familles ne seront pas abandonnées et le lycéen aura une prise en charge. Donc oui, c'est démarré, il y a une prise en charge possible. »

« Nous devons tous pouvoir repérer les signes chez un jeune qui va mal »

Quand on voit sur le terrain 8 000 infirmières scolaires, selon certains parlementaires il en faudrait 15 000. Il y a un manque de moyens aujourd'hui à ce sujet du côté du gouvernement.

« Il y a eu beaucoup de débats ces dernières semaines et on est en plein débat du budget de l'État. Cette augmentation est vraiment la bienvenue et Édouard Geffray est vraiment engagé, encore une fois depuis un an que je travaille avec lui sur les sujets de santé mentale des jeunes. C'est un engagement très fort. On ne fait pas d'ailleurs que ce coupe-file... »

Ce n'est pas simplement une goutte d'eau cette annonce d'Édouard Geffray ?

« Non, il y a aussi beaucoup de mesures qui sont mises en place, notamment former les professionnels autour des jeunes et, dans l'Éducation nationale, des kits de formation mis en place pour les professeurs, pour les encadrants, et ce sont des mesures majeures. Nous devons tous pouvoir repérer les signes chez un jeune qui va mal. D'ailleurs, on met en place aussi les premiers secours en santé mentale. Ça marche chez les adultes : on a de plus en plus de Français qui se forment pour prendre en charge les gens dans leur entourage et repérer les problèmes de santé mentale. Nous allons le faire aussi chez les jeunes, et il y a un engagement fort du ministre de l'Éducation sur le sujet. »

« On est en train de gagner le combat contre les déserts médicaux »

Ces 3 000 docteurs juniors sont affectés pendant un an dans des déserts médicaux. Qu'est-ce qui garantit qu'ils y resteront ensuite ?

« En termes d'accès aux soins, il y a encore des difficultés. Évidemment, je ne veux pas dire à tous nos auditeurs qu'aujourd'hui ils n'ont plus de problème d'accès aux soins, mais ce que je leur dis, c'est qu'on est en train de gagner le combat contre les déserts médicaux. Comment on l'a fait ? On l'a fait notamment en augmentant le nombre de professionnels et de médecins formés. Lundi, 10 000 internes ont pris leur poste. Ça veut dire une augmentation, si je prends la psychiatrie, de 32 % d'internes en psychiatrie. On est en moyenne à 24 % d'augmentation du nombre de médecins : c'est la fin du numerus clausus, ça arrive.

Ensuite, il y a ces docteurs juniors. Les docteurs juniors, c'est qu'on a rajouté une année de formation aux médecins généralistes. Il s'agit de médecins qui ont leur thèse, ils ont les compétences médicales, mais ils avaient besoin d'une année de formation notamment pour l'apprentissage de leur future installation, pour savoir comment on fait pour s'installer, gérer les démarches administratives. 

Ces jeunes sont dans leur dernière année d'études : ils sont en formation, ils sont encadrés, mais ils sont dans des territoires où spontanément ils n'iraient pas forcément, soit parce qu'ils ne connaissent pas ces territoires, soit parce qu'ils ont peur de s'y retrouver tout seuls. Ce qu'on fait, c'est qu'ils ne seront pas seuls puisqu'ils seront encadrés. En un an, ils auront la possibilité de s'y sentir bien et de rester. »

« L'obligation est une mesure inefficace »

Ça n'aurait pas été plus simple et plus efficace de mettre en place une obligation d'installation dans les déserts médicaux ?

« Ce qui faisait que les jeunes n'allaient pas dans ces territoires, c'est vraiment la peur de se retrouver seuls et de ne pas être en capacité de bien soigner leurs malades. Donc là, on leur donne cette assurance, et cette assurance va permettre que la plupart s'installeront. Tous les ans, il va y avoir ces docteurs juniors, on est à plus de 2 500 à 3 000. 

Si vous mettez cette obligation, vous faites en sorte que des jeunes vont arriver à un endroit où ils ne connaissent personne et où ils vont considérer qu'ils soignent mal les patients. Ils ne le feront pas, parce qu'en médecine vous avez la possibilité de faire plein d'autres choses : ils pourront aller travailler dans les hôpitaux où il y a des postes disponibles, dans l'industrie pharmaceutique, à la Sécu, etc. Donc ils ne le feront pas, ça ne marchera pas. L'obligation est une mesure inefficace. 

Ça a été fait dans d'autres pays et les gens reviennent en arrière parce que ça ne marche pas, alors que l'installation avec un encadrement et avec un accompagnement, ça va marcher. Et puis il faut reconnaître aussi l'implication de beaucoup de communes pour faire venir ces médecins, c'est important de le dire. »

Tabac : « On a une politique qui marche »

On est en plein Mois sans tabac. Vous vous étiez prononcée en faveur de l'interdiction de la vente des cigarettes pour toutes les personnes nées après 2009. Il faudra forcément arriver un jour à une génération sans tabac ?

« Oui, moi je suis favorable à une génération sans tabac. On n'en est pas très loin : si on regarde les chiffres pour les jeunes de 16 ans, on est à 3 % de fumeurs. Il nous reste cette marge des 3 %. »

Donc il n'y a pas besoin d'interdire finalement dans ce cas-là si on va dans le bon sens ?

« Vous envoyez un message très important de dire aux jeunes : "C'est interdit, vous ne fumerez plus." Si on le fait avec des jeunes qui sont prévenus que quand ils arrivent à l'âge adulte ils n'ont pas le droit, ça a été fait dans d'autres pays et cela fonctionne. En dix ans, on a baissé de 10 % le nombre de consommateurs de tabac, c'est une bonne chose. On a une politique qui marche, de prévention, d'accompagnement et de fiscalité, qui fonctionne et qu'il faut poursuivre. »

« Penser une société sans tabac, c’est possible »

Mais le gouvernement vous suit-il sur cette interdiction ?

« Il y a deux choses, il ne faut pas mélanger. Là où on est défavorable, et je le suis aussi, c'est qu'il était proposé dans le budget de la Sécurité sociale un amendement qui visait à surtaxer. Nous, ce qu'on dit, c'est qu'il faut arriver à une génération sans tabac. On voit que finalement on y arrive et qu'on n'aura même peut-être pas besoin de mettre l'interdiction, mais en tout cas penser une société sans tabac, c’est possible. »

L'Assemblée a rejeté le gel de l'indexation du prix du tabac sur l'inflation. Y êtes-vous favorable ? Faut-il viser un paquet à 15 euros ?

« On arrive à ce qui était l'objectif que nous nous étions fixé dans cette politique de ces dix dernières années, qui est un paquet à 13 €. La fiscalité sur le tabac a fonctionné, mais elle est accompagnée : il y a des mesures de prévention, des financements mis pour faire de la prévention notamment auprès des jeunes mais aussi des personnes les plus éloignées, pour ce qu'on appelle "l'aller vers", vers les populations qui continuent à fumer plus que d'autres parce qu'elles ont moins l'information, la sensibilisation et la prévention. 

Et puis nous avons mis en place des mesures de remboursement des substituts nicotiniques par un grand nombre de professionnels de santé, ce qui permet vraiment d'être efficace sur cette politique. Ce qui est important, c'est qu'on regarde à chaque fois si ça fonctionne ou pas. Chez les jeunes de 16 ans on est plutôt bons, mais il reste encore 18 % de fumeurs dans la population, c'est encore trop. Nous devons continuer cette politique, tout comme lutter contre le marché noir, ce que nous faisons de façon importante avec le ministre des Comptes publics. »

« Ma responsabilité est de faire que l'Assurance maladie soit soutenable »

En transférant 200 millions d'euros de remboursements des cures thermales aux mutuelles, ne risquez-vous pas de fragiliser cette activité, qui représente 25 000 emplois et 5 milliards d'euros de retombées économiques ?

« Ma responsabilité est de faire que l'Assurance maladie soit soutenable, que les dépenses d'Assurance maladie puissent être maintenues dans les clous. Nous avons deux financeurs : l'Assurance maladie obligatoire et les complémentaires. Une partie du remboursement qui était actuellement assuré par l'Assurance maladie va être transférée aux complémentaires. Nous l'avons fait cet été par décret pour les médicaments qui ont un service rendu modéré, pour lesquels nous avons diminué le remboursement de l'Assurance maladie obligatoire en le passant aux complémentaires ; nous faisons pareil pour les cures thermales. »

Pourquoi ne pas avoir attendu les conclusions du rapport scientifique sur l'efficacité des cures thermales avant de prendre cette mesure d'économie ?

« C'est une mesure de cohérence : à partir du moment où la science nous guide, comme nous l'avons fait pour les médicaments à plus faible efficacité, il était cohérent de le faire aussi pour les cures thermales. Mais le budget de la Sécu passe la semaine prochaine au Sénat, c'est un débat qui se fait et je suis sûre que sur ce sujet, nous aurons le débat. »

Un décret pour « faire diminuer l'activité des médecins esthétiques »

Vous avez décider de consacrer votre carte blanche à la médecine esthétique : vous avez une annonce à faire ce matin à ce sujet sur Sud Radio ?

« Oui, pour dire que dans les jours qui viennent, il va y avoir un décret qui va faire diminuer l'activité des médecins esthétiques pour libérer du temps de dermatologue et de médecin. Ce décret va dire quoi ? C'était une demande aussi de l'Ordre des médecins avec qui j'ai beaucoup travaillé sur ce sujet, une demande des parlementaires avec qui on avait eu le débat. On a un accès aux soins de dermatologie qui est très difficile, ou de médecins généralistes aussi, et certains ont une activité à temps complet de médecine esthétique. Ce qu'on dit demain, c'est que ces professionnels ne pourront pas avoir une activité à temps complet de médecine esthétique, mais qu'elle sera limitée dans le temps. »

Limitée à combien ?

« Dans le décret, il y a deux cas. Soit vous êtes un nouveau médecin, vous n'avez pas commencé la médecine esthétique, et donc votre temps sera limité à 30 % de votre temps en médecine esthétique. Et par contre, si vous êtes un médecin qui fait de la médecine esthétique à 100 % de son temps depuis de nombreuses années, l'Ordre des médecins va accompagner ces professionnels pour que dans les deux à trois ans qui viennent, ils puissent diminuer leur temps de médecine esthétique. »

Comment vous ferez pour vérifier qu'ils ne consacrent pas, pour ceux dont vous parliez, plus de 30 % de leur activité à faire de la médecine esthétique ?

« C'est quelque chose qu'on fait déjà par exemple sur la limitation de la télémédecine. Vous savez, quand les médecins sont limités à un pourcentage de leur temps sur la télémédecine, il y a des codages : ils codent les actes pour être remboursés par l'Assurance maladie, et l'Assurance maladie regarde le pourcentage d'actes d'une activité ou d'une autre activité. »

« La médecine esthétique sera un exercice complémentaire »

Avec des sanctions possibles du coup ?

« Ce qu'on a fait avec l'Ordre des médecins, c'est qu'on a créé un exercice complémentaire de la médecine. La médecine esthétique sera un exercice complémentaire, ce qui permet de valoriser cet exercice, d'avoir des professionnels qui seront formés avec des contrôles possibles. »

Le décret est pour quand ?

« Il devait sortir ce matin. Je pense que ce sera demain matin, mais en tout cas avant la fin de la semaine. »

Sur les injections illégales, une femme qui est encore décédée cet été à Nice. Que fait le gouvernement pour lutter contre ce fléau ?

« C'est un vrai sujet qui est différent de ce dont on vient de parler puisqu'il s'agit de gens qui ne sont pas des professionnels de santé et d'un exercice illégal. Avec le ministre Serge Papin, nous travaillons à faire beaucoup plus de contrôles, à lutter contre ces fraudes et à sanctionner plus sévèrement les personnes qui ont cette activité qui, je rappelle, est une activité illégale. »

Carburants : « Nous ciblons les personnes qui en ont le plus besoin »

Une infirmière libérale parcourant 48 000 km par an en zone semi-rurale dénonce des charges trop lourdes et un manque d'aides au carburant. Que lui proposez-vous pour améliorer sa situation ?

« Merci pour cette question parce que ça concerne beaucoup d'infirmiers qui me posent cette question. Avec le gouvernement, nous avons choisi, et je l'assume réellement, de cibler les aides grands rouleurs avec un revenu seuil que nous avons élargi. Il y a plus de Français qui peuvent avoir accès à ces aides grands rouleurs, qui sont de 100 € avant l'été et 100 € maintenant. J'ai fait rajouter pour ces infirmiers — je pense que madame doit être dans cette catégorie — 80 € qui ont été versés vendredi dernier par l'Assurance maladie pour les infirmiers qui roulent plus de 100 km en moyenne par jour. Ce sont les aides ponctuelles. C'est 25 000 infirmières et infirmières de pratique avancée qui étaient concernées, donc à peu près un quart des infirmiers : tout le monde ne roule pas 100 km par jour. 

C'est une aide ponctuelle, je me doute que cette aide ne va pas régler le problème de pouvoir d'achat de tous les professionnels. Ensuite, je dois rappeler que la négociation de l'année dernière pour les infirmiers, à qui on a augmenté le champ de compétences, a donné lieu à des revalorisations avec une enveloppe de 500 millions d'euros avec l'Assurance maladie. Je ne dis pas qu'il n'y a pas de difficulté, évidemment, quand l'essence et l'alimentation augmentent autant. Mais vu l'état économique de notre pays et les nécessités de maîtriser nos dépenses, nous faisons le choix de cibler les personnes qui en ont le plus besoin. »

Donc pas de hausse prévue pour leurs indemnités kilométriques ? Ce n'est pas à l'ordre du jour ?

« Je rappelle encore une fois que l'année dernière, il y a eu des négociations avec l'Assurance maladie de plus de 500 millions d'euros. »

« Je suis assez favorable au dépistage génétique des embryons »

Le gouvernement soutient-il la proposition de loi visant à autoriser le DPI-A en France pour éviter l'implantation d'embryons non viables lors des PMA ?

« C'est un débat que nous avons eu dans les dernières lois de bioéthique il y a quelques années maintenant, et on avait commencé à entendre ce débat. Depuis, le Comité consultatif national d'éthique s'est saisi de cette question qui peut être clivante, parce que vous allez sélectionner. Il y a des gens qui sont très défavorables à cette mesure. Moi, à titre personnel, je suis assez favorable. 

Mais je pense que notre organisation en France est très bien faite : nous avons un Comité national d'éthique qui a fait ses travaux pendant l'année sur le sujet, qui doit apporter des éléments dans ce débat, et cela doit faire partie véritablement des débats parlementaires dans le cadre des lois de bioéthique qui permettent d'avoir du temps, d'entendre tout le monde et de regarder les données scientifiques. Il faut avancer sur ce sujet et il faut le faire dans le débat que nous avons régulièrement sur ces sujets éthiques : attendre que le Comité national d'éthique apporte sa contribution, puis que les lois de bioéthique se rouvrent sur ce débat. »

« On ne fera pas semblant pour les Français »

Donc ça veut dire que sur cette proposition de loi transpartisane, vous ne la soutenez pas ?

« Je ne dis pas ça aujourd'hui. »

Que dira le gouvernement si ça arrive à l'Assemblée ?

« Je n'ai pas l'habitude de faire semblant : cette proposition de loi est transpartisane à l'Assemblée, mais je ne suis pas sûre qu'elle le soit au Sénat, pour être claire. La question, c'est comment on avance. Moi, ce qui m'intéresse, c'est comment on avance pour les Français. Il faut avancer sur ce sujet, encore une fois à titre personnel, et il me semble que la façon la plus efficace d'avancer sur ce sujet qui peut être très clivant, c'est de passer par le Comité consultatif national d'éthique puis des lois de bioéthique. C'est de cette façon qu'on ne fera pas semblant pour les Français.

Mais c'est le mois de la fertilité ce mois-ci, un rapport m'a été remis hier et j'ai pu faire des annonces parce que ce n'est pas le seul sujet. Il y a le sujet de l'information, de la sensibilisation. J'ai pu annoncer hier que toutes les personnes de 29 ans de notre pays vont recevoir un courrier de l'Assurance maladie sur l'information, pas pour leur dire qu'il faut faire des enfants et pas pour faire des injonctions, mais sur ce courrier, il y aura des informations sur la contraception pour ceux qui ne veulent pas d'enfants, et il y aura des informations pour savoir quoi faire si on veut par exemple conserver ses ovocytes. 

J'ai pu annoncer d'ailleurs sur ce sujet, alors qu'on a déjà augmenté le nombre de centres de conservation ovocytaire, que nous allons travailler à ouvrir aux centres privés lucratifs pour ne plus avoir ces délais qui sont à plus d'un an, pour que toutes les femmes puissent être prises en charge et mieux accompagnées avec un parcours personnalisé dans leur fertilité. Et cela ne concerne d'ailleurs pas que les femmes. »

« On est à 30 millions d'euros mis sur la recherche sur la fertilité »

Est-ce qu'il ne faut pas mettre juste aussi plus de moyens à un moment sur la PMA et la congélation ?

« On en met, plus de moyens, on en met aussi sur la recherche, et ce que j'ai pu annoncer hier, c'est que les efforts sur la recherche vont se poursuivre. On est à peu près à 30 millions d'euros mis sur la recherche sur la fertilité. Nous mettons aussi des financements sur des plateformes de santé environnementale qui sont très intéressantes parce qu'il y a des professions qui peuvent être plus exposées, avec des professionnels de santé du travail qui reçoivent les gens en consultation et leur donnent des conseils très concrets de prévention pour leur fertilité. Nous allons généraliser ces plateformes, il y en a une quinzaine en France actuellement. Il y a un vrai engagement du gouvernement que j'accélère sur la prise en charge.»

C'est une situation ubuesque où aujourd'hui on a des femmes qui partent à l’étranger parce que ce n'est pas possible en France. C'est une situation assez invraisemblable ?

« Ce n'est pas que ce n'est pas possible en France : en France, c'est pris en charge, et tant mieux, par la Sécurité sociale. C'est vrai que les délais sont longs, avec une file d'attente d'un an. C'est pour cela que nous avons ouvert 30 centres de plus de conservation des ovocytes. Cela a permis une diminution, mais de quelques semaines, ce qui honnêtement n'est pas satisfaisant. 

Nous devons donc augmenter encore le nombre de centres de prise en charge, évidemment sans dépassement d'honoraires parce que nous sommes sur des mesures importantes pour les couples français. Nous allons aussi travailler sur le don de gamètes pour favoriser le don de gamètes. Voilà un ensemble de mesures que j'ai pu prendre hier et qui vont permettre de mieux accompagner les couples qui ont le souhait d'être accompagnés. »

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