singlesud.php

La France veut accélérer l’électrification de ses bâtiments publics… mais coupe les aides !

Par Aurélie Giraud

DECRYPTAGE SUD RADIO - La France veut accélérer l’électrification de ses bâtiments publics, mais le programme ACTEE pourrait voir son budget divisé par cinq. Un paradoxe qui menace les économies d’énergie promises aux collectivités.

Salle de classe avec chaises empilées, éclairage faible, indiquant la suspension des cours.
La rénovation énergétique des bâtiments publics menacée par les coupes budgétaires. © Philippe LOPEZ - AFP/Archives

Remplacer les vieilles chaudières au gaz et au fioul par des pompes à chaleur, réduire les factures énergétiques et mieux affronter les canicules : les ambitions sont là. Mais le programme ACTEE, qui accompagne les collectivités dans cette transition, risque de perdre l’essentiel de ses financements. Qu’est-ce qui cloche ?

Des économies d’énergie qui commencent par des études

La France veut accélérer l’électrification de ses bâtiments publics, notamment les écoles, les gymnases et les équipements municipaux. L’objectif est de remplacer progressivement les anciennes chaudières au gaz ou au fioul par des pompes à chaleur, nettement plus économiques à l’usage. Mais avant de lancer les travaux, encore faut-il déterminer quels équipements installer et dans quels bâtiments. C’est précisément le rôle du programme ACTEE (Action des collectivités territoriales pour l’efficacité énergétique), qui finance notamment les études énergétiques préalables à ces investissements.

L’intérêt de ces nouvelles installations est double. Les pompes à chaleur permettent de réduire les dépenses de chauffage, mais certains modèles sont également réversibles : ils produisent de la chaleur en hiver et peuvent rafraîchir les bâtiments en été. Un avantage particulièrement important pour les écoles, dont certaines ont dû fermer plusieurs jours lors des dernières canicules en raison de températures devenues insupportables dans les salles de classe. Le gouvernement a d’ailleurs affiché sa volonté d’accélérer leur équipement en climatisations réversibles.

Des projets de rénovation au ralenti

Seulement voilà : si les objectifs restent officiellement inchangés, les moyens financiers risquent de ne plus suivre. Dans le projet de budget 2027, le programme ACTEE figure toujours parmi les dispositifs destinés à accompagner la transition énergétique des collectivités. Mais sur les 54 millions d’euros initialement prévus pour financer les études, il n’en resterait plus que 10 millions. Une réduction drastique qui pourrait considérablement ralentir les projets de rénovation énergétique des bâtiments publics.

Des ambitions maintenues, mais un budget divisé par cinq

Les conséquences seraient immédiates : alors que 12.500 écoles devaient bénéficier d’une étude énergétique préalable à leur équipement, seules 2.500 pourraient finalement être accompagnées. Cinq fois moins que prévu. Un choix budgétaire paradoxal, alors que le remplacement des anciennes chaudières au gaz et au fioul pourrait permettre de réaliser plusieurs centaines de millions d’euros d’économies chaque année. Sans compter la nécessité d’adapter les bâtiments publics aux épisodes de chaleur de plus en plus fréquents. En réduisant les financements nécessaires aux études préalables, l’État risque donc de retarder des investissements qui permettraient précisément de réduire durablement les dépenses publiques.

Retrouvez “Qu’est-ce qui cloche ?” d’Aurélie Giraud chaque jour à 6h40 dans le Petit Matin avec Benjamin Glaise

Cliquez ici pour écouter “Qu’est-ce qui cloche ?”

Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !

L'info en continu
09H
08H
07H
06H
01H
23H
22H
21H
Revenir
au direct

À Suivre
/