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Banques alimentaires à sec : un « marché du manque » pour alerter sur la précarité

Par Christine Bouillot et

REPORTAGE SUD RADIO - À Toulouse, des bénévoles ont installé un « marché du manque » : des étals vides pour illustrer la baisse des dons et l’explosion de la demande. Face à une précarité alimentaire qui touche désormais 38 000 personnes chaque semaine en Haute-Garonne, les banques alimentaires alertent avant l’hiver.

En 2026, plus d’un bénéficiaire sur deux déclare vivre avec moins de 1 000 euros par mois.
En 2026, plus d’un bénéficiaire sur deux déclare vivre avec moins de 1 000 euros par mois.

En cette fin 2026, les temps sont durs et mécaniquement, les bénéficiaires des associations caritatives sont en hausse. Sauf que les banques alimentaires sont déjà à sec, avant même l’hiver ! Pour sensibiliser à la crise, l’antenne locale de Haute-Garonne a exposé son « marché du manque alimentaire », ce 4 novembre, à Toulouse. Un étal de marché complètement vide comme SOS silencieux.

Moins de 1 000 euros par mois

« Toutes ces caisses vides, ça fait peur. Après, vu le prix de la tomate, il y a eu 8 euros le kilo. C'est une honte. Putain, c'est dur, 1,95 euros la salade », s’exclame Franck, un Toulousain, au micro de Sud Radio. Le choc est immense, et malheureusement, non loin de la réalité.

A quelques jours des grandes collectes 2026, les banques alimentaires ont presque épuisés les stocks. Une situation critique car le mois de novembre démarre tout juste, et déjà, les budgets des familles ne permettent plus de remplir les frigos chez de nombreux Français. Plus d’un bénéficiaire sur deux déclare vivre avec moins de 1 000 euros par mois.

38 000 bénéficiaires par semaine

Philippe Coupé, le premier vice-président de la banque alimentaire de Haute-Garonne, fait état de cette précarité quotidienne croissante, au micro de Sud Radio. Son équipe approvisionne un réseau de 130 associations partenaires alors qu’en 6 ans, le chiffre de demandeurs a presque doublé.

« Il y a quand 38 000 bénéficiaires par semaine. L’équivalent de deux stades Ernest Vallon, complets, remplis. » Inflation, salaire non-proportionnel au coût de la vie, instabilité économique : La directrice, Aurélie Racine, essaie de maintenir le cap face à « ce fléau, cette précarité alimentaire qui touche tout le monde aujourd’hui. »

Une aide toujours moins ponctuelle

Nouvelle difficulté pour les banques alimentaires : « Les gens restent plus longtemps. Avant, on restait en moyenne 9 mois dans l'aide alimentaire, aujourd'hui on reste 18 mois dans l'aide alimentaire. »

L'an dernier, la banque alimentaire a distribué 3 804 tonnes de denrées, soit l'équivalent de plus de 7 000 000 et demi de repas. Elle espère atteindre les 200 tonnes pour sa collecte 2026, annoncée les 6, 7 et 8 novembre.

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