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Négociations commerciales : le pouvoir d’achat des Français toujours plus menacé en 2027

GROS PLAN SUD RADIO - À un mois de l'ouverture des négociations annuelles entre la grande distribution et les industriels, qui fixeront du 1er décembre au 1er mars les prix d'achat des produits vendus en supermarché, les signaux sont inquiétants pour les consommateurs.

La vague de cyberattaque dans les supermarchés se poursuit ce 13 octobre 2026.

Chaque année, distributeurs et industriels de l'agroalimentaire se retrouvent autour de la table. Ces négociations commerciales sont obligatoires et se tiennent toujours à la même période, entre le 1er décembre et le 1er mars. Les deux camps disposent de trois mois pour s'accorder sur les prix auxquels les enseignes achètent les produits qu'elles revendent ensuite en rayon. C'est donc à l'issue de ce processus que l'on saura si le panier des Français coûtera plus cher l'an prochain, et de combien.

Un climat tendu avant même l'ouverture

Et logiquement, cette édition s'annonce particulièrement tendue. Comme chaque année, les distributeurs dénoncent les marges des grands industriels comme Coca-Cola, Danone ou L'Oréal, dont les marges nettes seraient près de quatre fois supérieures à la moyenne de l'industrie agroalimentaire française, d'après une étude de la Fédération du Commerce et de la Distribution.

Les enseignes accusent aussi les multinationales de se cacher derrière les petits fournisseurs pour obtenir davantage. Les industriels, eux, contestent. Signe de la crispation, une réunion prévue hier à Bercy a dû être reportée.

Une année 2026 sans inflation, mais un choc à venir

Pour comprendre l'enjeu, il faut revenir sur l'édition précédente. Les industriels réclamaient alors une hausse moyenne de 3,5 % de leurs tarifs. Au terme d'un bras de fer que certains ont qualifié d'historique, les discussions ont débouché sur une hausse moyenne de seulement 0,05 %, soit une quasi-stagnation des prix. « Pour l'instant en 2026, on est sur une inflation qui est quasiment à zéro », confirme Yves Puget, directeur de la rédaction du magazine LSA, spécialiste de la grande distribution. 

Mais depuis le 1er mars, la guerre en Iran et le blocage du détroit d'Ormuz ont changé la donne. S'y ajoutent les épisodes répétés de canicule et de sécheresse de cet été en France. Tout laisse donc penser que les prix en rayon progresseront beaucoup plus fortement l'an prochain.

Jusqu'à +4 %en moyenne ?

« En septembre, tous les professionnels disaient, si on veut être raisonnable, que 2027 serait peut-être à +2 %. Maintenant, j'entends plutôt du +3 % ou du +4 % », explique Yves Puget. Un niveau qu'il juge important, d'autant que les Français ont déjà connu, il y a quelques années, une hausse cumulée de 22 % en deux ans. Il appelle néanmoins à la prudence face à ces chiffres. Il s'agit « de moyennes », et surtout d'estimations avancées avant négociation. Même avec une inflation proche de zéro aujourd'hui, certaines conserves affichent « sur un an une hausse de 17 % », quand « le sucre recule de 6 % ». 

Yves Puget relève par ailleurs un fait inhabituel : alors que le débat médiatique sur les négociations s'ouvre d'ordinaire au moment « du Salon de l’agriculture », en février, il a démarré cette année dès le 1er novembre. Il y voit le reflet d'une crise du pouvoir d'achat qui rend les Français particulièrement vigilants sur les prix en rayon.

Eau, glaces : les produits les plus exposés

Même sans « boule de cristal », Yves Puget identifie les produits les plus à risque : ceux dont la fabrication consomme beaucoup d'énergie, principal facteur de tension cette année. L'eau, dont « le plastique pour les bouteilles a un prix », et « les glaces, énergivores à fabriquer », figurent en tête de liste.

Le spécialiste rappelle enfin que le pouvoir d'achat ne dépend pas seulement des prix mais aussi des salaires. Si l'alimentaire augmente de 2 % et que les rémunérations progressent de 2 % en moyenne, le pouvoir d'achat stagne. « Malheureusement, on risque en 2026 d'avoir une quatrième année consécutive de baisse de pouvoir d’achat », légèrement sous zéro, estime-t-il. « Sur une longue période, le pouvoir d'achat reste en légère hausse », nuance-t-il, mais les Français « ne le croyaient déjà pas » quand il progressait. « Quand le pouvoir d'achat est en baisse, là, les Français vont vraiment le croire », conclut-il.

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