Depuis ce dimanche 1er novembre, la France a commencé à libérer une partie de ses stocks stratégiques de pétrole : 10 millions de barils de gazole. L’objectif : faire baisser le prix du carburant à la pompe, qui explose depuis le début de la guerre entre les États-Unis et l’Iran.
« Les petites stations en milieu rural sont en danger »
Serge Papin a annoncé que « plus de la moitié des stations (…) ont baissé les prix de 12 à 18 centimes » ce jour. E.Leclerc a notamment parlé d’une réduction de 21 centimes par litre et TotalEnergies a ramené le prix du gazole à 2,15 euros le litre. Le prix moyen du gazole dans l'Hexagone s'établit désormais à 2,27 euros le litre, contre 2,38 euros à la fin du mois d'octobre.
Mais cette baisse ne profite pas à tout le monde. « Ce qui m'inquiète, moi, c'est que les petites stations en milieu rural, comme la mienne et comme beaucoup de mes collègues, sont en danger », déclare Jacques Vaysse, pompiste dans l'Aveyron et président de la Fédération nationale de l'automobile, branche carburant.
« Comme d'habitude en France, les plus petits sont servis en dernier »
C’est une question de moyens en premier lieu : « On ne peut pas acheter du produit remisé, parce que, comme d'habitude en France, les plus petits sont servis en dernier », déplore le pompiste. Mais le drame, c’est le temps qui va s’écouler entre le début de ce déstockage stratégique et le moment où les indépendants pourront en bénéficier.
Un mois avant de pouvoir commander du carburant moins cher
Selon le pompiste, il faudra attendre « trois semaines à un mois » avant de pouvoir commander du carburant à prix réduit. D'ici là, les indépendants devront écouler leurs stocks achetés plus cher. « On a acheté du carburant à prix fort, donc on ne le vend pas. Et étant donné qu'on ne peut pas bénéficier de cette remise, on va se retrouver encore plus cher, donc on va le garder encore plus longtemps », explique Jacques Vaysse.