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Harcèlement et cyberharcèlement : quand l’IA devient un confident pour un quart des jeunes victimes !

Par Estelle Solari

GROS PLAN SUD RADIO - À l’occasion de la Journée nationale de lutte contre le harcèlement à l’école, une étude révèle que 32% des jeunes de 6 à 18 ans se disent victimes de harcèlement ou de cyberharcèlement. Face à ce phénomène, un quart des victimes se tournent désormais vers l’intelligence artificielle pour obtenir du soutien ou des conseils.

La journée contre le harcèlement scolaire est célébrée le 4 novembre.
La journée contre le harcèlement scolaire est célébrée le 4 novembre.

La journée nationale de lutte contre le harcèlement à l'école est célébrée ce jeudi 5 novembre. Un rappel important alors qu’en 2026, le baromètre des 6-18 ans pointe une souffrance persistante chez les jeunes, marquée par l'essor de l'IA et l’explosion du cyberharcèlement, constate Samuel Comblès, psychologue, directeur général adjoint de l'association l’Enfance 3018, au micro de Sud Radio.

"Il faut continuer la prévention et rappeler que ce sont des délits"

« 32% de cette classe d'âge se dit victime de harcèlement ou de cyberharcèlement. » Et si le chiffre en très légère baisse, identique à 2025, il n’y a pas de quoi se réjouir. Le cyberharcèlement reste l’une des problématiques les plus courantes chez nos cadets. Il est donc capital de « continuer à intervenir, à célébrer ce genre de journée. Et surtout, continuer la prévention et rappeler que ce sont des délits. »

Le harcèlement scolaire peut être puni de 3 ans de prison et 45 000 € d’amende lorsque les faits ont causé une incapacité totale de travail de 8 jours ou moins. Les peines sont aggravées si l’incapacité dépasse 8 jours. En cas de suicide ou tentative de suicide de la victime, la peine peut atteindre 10 ans de prison et 150 000 € d’amende. Le psychologue et ses confrères appellent à la citoyenneté des élèves, derrière leur ordinateur, comme dans la cour de récréation.

Le numérique comme "porte d'entrée" vers le cyberharcèlement

Car l’image de l’élève persécuté dans les couloirs, bloqué dans un casier ou encore, humilié devant la classe, coexiste avec une toute autre forme de harcèlement. Devant leur ordinateur, les harceleurs 2.0 font tout autant de mal. Le cyberharcèlement s'invite dans les jeux en ligne et même dans les groupes de classe. Ce sont aujourd'hui « des portes d'entrée, des outils utilisés loin du regard des parents ». Moins « high-tech » que leurs enfants, les adultes n’ont pas toujours l’œil aussi attentif quant aux actions de leur progéniture sur le web.

Et c’est là, que les mineurs persécutent ou se font persécuter, passant sous les radars. Mais plus qu’une question d’harcèlement de jeune à jeune, ce sont « parfois aussi des adultes pédocriminels qui profite de cette solitude d'usage pour entrer en contact avec les adolescents. » Une fausse photo, un profil « friendly » : la duperie est facile, les dégâts, immenses voire, irréversibles.

"25% des jeunes victimes utilisent l'IA pour obtenir du soutien"

Ce baromètre 2026 « prend également en compte l'essor de l'intelligence artificielle dans ce cyberharcèlement. » Et les résultats dévoilent que « 25% des jeunes victimes utilisent l'IA pour obtenir du soutien ou des conseils. » Une constatation nouvelle qui interroge les liens sociaux d’aujourd’hui : « Ça veut dire qu'un jeune confronté à du harcèlement, va spontanément parler à l’IA, avant de parler à quelqu'un » de réel.

Samuel Comblès n’y voit pas un mal, mais plutôt, un outil face à la timidité. « C'est peut-être, un jeune qui a du mal à parler aux adultes et qui va expérimenter une première approche. » Un moyen de « répéter » son discours, pour mieux l’expliquer lorsque la vraie discussion s’impose.

"Il faut pousser les jeunes à parler"

Et c’est justement pour sécuriser ce « sas de sécurité » que l’association travaille d’arrache-pied pour « faire en sorte que les éditeurs de ces IA soient capables de dire à un moment : Stop là, ta situation est trop compliquée, elle dépasse ma compétence et tu dois tourner vers une vraie personne. »

Pour déceler une situation d’harcèlement, la France est « en retard. On n'a pas forcément d'intelligence artificielle capable de déceler de manière très précise l'état de situation d'un échange ou une difficulté pour un jeune. Donc il n'y a pas 36 solutions, je pense qu'il faut vraiment pousser les jeunes à parler, il n'y a qu'eux qui peuvent être les détecteurs eux-mêmes de leur propre situation. »

Appeler le 30-18

Des gestes simples peuvent sauver. Entre autre « entretenir ce réflexe du dialogue, signaler systématiquement à la plateforme, appeler le 30-18 si on est en difficulté pour lutter contre ce repli sur soi, malheureusement souvent le comportement observé chez les victimes. » Le 30-18 est le numéro national contre les violences numériques. La ligne est gratuite, confidentielle et accessible 7 jours sur 7, de 9h à 23h.

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