Dans cet entretien, Thierry Beccaro revient sur l’impact inattendu de son récit, devenu un triptyque – livre, adaptation télévisée et seul-en-scène – et sur les milliers de témoignages reçus. Entre émotion et humour, il explique pourquoi parler a été une étape décisive, et comment son histoire a permis à d’autres victimes de se sentir moins seules. Son premier livre s'intitule Je suis né à 17 ans (Éditions Mon Poche) et son deuxième Ma résilience à moi (Éditions Plon).
Thierry Beccaro : "La résilience, ce n'est pas passer d'un chemin de ronce à un chemin de pétales de rose en deux jours !"
Valérie Expert : Ça a été une aventure incroyable ?
Thierry Beccaro : C'est incroyable. Quand j'écris le livre, mon éditeur, qui est formidable, me dit : "Écoute, Thierry, fais-nous confiance. Tu n'imagines pas à quel point tu vas aider les gens". Très bien, je fais confiance. Le livre ouvre des portes incroyables, se vend à 60.000 exemplaires… Je vais en écrire un deuxième qui s'appellera Ma résilience à moi. Donc, l'aventure va continuer. Et puis on va m'annoncer un jour que le livre va être adapté par France Télévisions avec des comédiens formidables, je vais jouer mon personnage. Je vais recevoir des témoignages incroyables de femmes qui me remercient parce que grâce à ce livre ou à ce film, ils ont pu parler. Ils ont pu dire à leur conjoint : "Tu sais quoi, moi, j'ai vécu ça. Je ne te l'ai jamais dit, mais c'est incroyable, j'ai l'impression qu'il a raconté ma vie. Il a raconté ce que j'ai vécu". Et si j'ai pu être utile à ça, c'est déjà un cadeau. Et puis, je vais réaliser le triptyque, ce qui est quand même incroyable. Comment je pouvais deviner quand ce livre est sorti que ça deviendrait un livre, un film et un seul en scène ?
Valérie Expert : Il faut le dire, la pièce, elle n'est pas triste, hein ! Il y a beaucoup d'humour dedans.
Thierry Beccaro : Ce que je souhaite à la fin de ce spectacle, c'est que celles et ceux qui auront la gentillesse de m'applaudir se disent que ce type qu'on a vu sourire pendant pendant des années à la télévision tout à coup nous raconte ce par quoi il est passé. On est deux sur scène : il y a Thierry, ce peintre-là, et puis il y a le petit Thierry à l'intérieur. Et les gens se disent qu'on s'en sort, quoi ! Je vous assure qu'on peut s'en sortir. Mais il faut le fameux courage dont je parle. Ce mot "résilience" dont je parlais tout à l'heure, il est employé à toutes les sauces. La résilience, ce n'est pas passer d'un chemin de ronce à un chemin de pétales de rose en deux jours !
"J'ai pu montrer à ceux qui ont lu le livre qu'ils n'étaient pas tous seuls"
Gilles Ganzmann : Avez-vous eu le sentiment que votre destin est lié à cette violence ?
Thierry Beccaro : J'ai mis du temps à en parler parce que j'estimais que ça ne me concernait que moi, et que peut-être que je devais être le seul à subir ce que je subissais, et que le l'intérêt, c'était de faire son travail derrière un micro ou devant une caméra ou sur scène. C'était mon problème. Et puis, tout à coup, on m'a encouragé à écrire cette histoire qui a été la mienne. Et, puis cette histoire a ouvert des portes, et ça a été quelque chose d'incroyable. Parce que moi qui me croyais seul, j'ai pu montrer aux autres à ceux qui ont lu le livre que finalement, ils n'étaient pas tous seuls.
Gilles Ganzmann : Est-ce qu'aujourd'hui, c'est pas l'effet inverse, le fait de ne plus avoir d'autorité sur son enfant ? Cela n'a-t-il pas changé les enfants d'aujourd'hui ?
Thierry Beccaro : Autorité autoritarisme, ce n'est pas du tout la même chose. Moi, je n'ai jamais levé la main sur mes enfants, je vous le promets. Frapper un enfant, c'est c'est la force de la faiblesse.
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