Vigilance rouge dans plusieurs départements, gestion des crues, déclaration de catastrophe naturelle, coût des dégâts et rôle des assurances, entretien des digues, simplification administrative, Salon de l’agriculture et climat politique. Au micro de Sud Radio, Françoise Gatel a répondu aux questions de Maxime Lledo.
Inondations : "Il y aura une déclaration de catastrophe naturelle"
Maxime Lledo pour Sud Radio : Confirmez-vous que nous vivons une journée de tous les dangers avec ce pic de crue attendu ?
Françoise Gatel : “Il y a encore aujourd’hui trois départements en vigilance rouge. L’ensemble des services de l’État, des départements et des collectivités sont mobilisés. J’étais hier dans le Maine-et-Loire, à Angers, et j’ai vu une organisation et un engagement remarquables de l’ensemble des services. Il faut gérer heure par heure parce que la montée de la crue évolue d’une manière très rapide.”
🌧️Crues et inondations de grande ampleur
🗣️Françoise Gatel (Ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation) "La semaine prochaine sera encore un peu difficile. Il faut être très prudent" #GrandMatin
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Plus de 14 départements sont en vigilance orange. Certains peuvent-ils basculer en rouge dans les prochaines heures ?
"C’est difficile à dire parce que les choses évoluent. Nous avons trois départements en vigilance rouge et nous allons avoir l’effet de la tempête Pedro qui peut compliquer la situation. Nous suivons cela avec une attention de tous les instants. La situation est très évolutive d’un département à l’autre.”
Peut-on espérer sortir de cette vigilance la semaine prochaine ?
“Pas dans tous les départements. La semaine prochaine sera encore un peu difficile dans certains territoires. Il faut être très prudent et on ne peut pas déclarer le jour et l’heure où l’on sera sorti de cette affaire parce qu’une rivière et une ville dépendent de ce qui se passe en amont. L’exemple d’Angers montre bien cette dépendance.”
Quel message adressez-vous aux Français qui prennent la route, notamment pour les départs en vacances ?
“Il faut être extrêmement prudent. Si des routes sont fermées, il faut respecter les consignes. On peut se retrouver dans une impasse ou gêner l’intervention des services de secours. Soyons prudents pour nous-mêmes et solidaires avec ceux qui sont sur le terrain et qui font un travail remarquable.”
Avez-vous une estimation des dégâts ? La Caisse centrale de réassurance évoque un milliard d’euros.
“C’est l’estimation donnée. Il est difficile aujourd’hui d’affirmer un chiffre précis. Les communes vont procéder à l’évaluation des dégâts mais c’est difficile tant que l’eau est là. Dès la semaine prochaine, il y aura une réunion interministérielle pour la déclaration de catastrophe naturelle. Ces événements climatiques sont coûteux, mais annoncer un chiffre définitif serait prématuré.”
Les assurances vont-elles pouvoir suivre ?
“La semaine prochaine, le gouvernement déclarera des zones en catastrophe naturelle. Cela déclenche une accélération de l’intervention des assureurs. Roland Lescure reçoit les assureurs pour leur demander d’être très proactifs. Pour les communes, nous avons doublé la dotation pour les événements climatiques. Cette dotation, la DSEC, permettra d’aider à financer des travaux, notamment sur les routes non assurées.”
Les projections prévoient un doublement des primes d’assurance d’ici 2050. Faut-il réguler davantage ?
“Nous constatons déjà des difficultés pour certaines communes à s’assurer, notamment après les violences urbaines. L’État propose un système de médiation pour aider les collectivités à trouver une assurance. Nous avons un suivi très précis de cette question, car les montants et les franchises peuvent être extrêmement élevés.”
"L’État n’a pas laissé les communes se faire inonder !"
Certains accusent l’État d’avoir délaissé les digues et laissé les communes se faire inonder. Que répondez-vous ?
“L’État n’a pas laissé les communes se faire inonder. Il existe un fonds Barnier doté de 300 millions d’euros pour financer des travaux de prévention. J’ai vu sur le terrain des dispositifs financés par l’État. Maintenant, soyons lucides : les phénomènes climatiques augmentent en fréquence et en intensité. Nous devrons nous interroger collectivement sur la prévention et le financement de ces risques.”
🌧️L'État entretient-il les digues ?
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La question des digues doit-elle être revue ?
“Le sujet des digues est un sujet majeur. Une digue est un linéaire : si un territoire entretient trois kilomètres mais que plus loin ce n’est pas le cas, il y a une faiblesse. Il faudra travailler avec les collectivités sur l’entretien et le coût de restauration. C’est une question précise sur laquelle nous devrons trouver des solutions pérennes et sécurisées.”
Un fonds d’aide exceptionnel est-il envisagé ?
“Il existe la DSEC, dotée de 70 millions d’euros. Nous pouvons accélérer le versement pour éviter des problèmes de trésorerie. Mais il faut surtout que collectivement, État et collectivités, nous prenions la mesure de l’enjeu et que nous trouvions des solutions durables.”
"Le regard de l’État sur la ruralité a profondément changé"
Au Salon de l’agriculture, certains dénoncent un mauvais bilan présidentiel pour les territoires ruraux. Que leur répondez-vous ?
“Je pense que le président de la République fait un travail remarquable à l’international. L’exportation est essentielle pour notre agriculture. La France est un grand pays agricole et si nous voulons que nos agriculteurs vivent de leur travail, il faut vendre nos produits. L’international n’est pas déconnecté de la ruralité, au contraire.”
Pourtant, de nombreux habitants des territoires ruraux disent se sentir abandonnés. Comprenez-vous ce sentiment ?
“Je l’entends, mais je veux aussi rappeler ce qui a été fait. Depuis la crise des Gilets jaunes, le regard de l’État sur la ruralité a profondément changé. Nous avons créé les Villages d’avenir pour accompagner les projets locaux, développé les maisons France Services pour maintenir un accès aux services publics de proximité, mis en place les maisons France Santé pour lutter contre les déserts médicaux, et lancé le programme Petites Villes de demain pour soutenir les centres-bourgs. Nous avons réinvesti la ruralité. Peut-être que cela ne va jamais assez vite, mais l’État n’a pas abandonné les territoires.”
"Le décret de simplification sera publié avant la fin mars"
Où en est le méga décret de simplification promis aux collectivités ?
“Il sera publié avant la fin du mois de mars. Le Conseil d’État a rendu son avis. Le Conseil national d’évaluation des normes joue un rôle important pour éviter l’accumulation de contraintes. Nous devons simplifier concrètement la vie des collectivités.”
Après le meurtre de Quentin à Lyon, faut-il un cordon sanitaire autour de certains partis ?
“Il faut être responsables et conscients de la gravité de la situation. Les mots tuent et peuvent intoxiquer. À ma modeste échelle, j’ai toujours fait le choix du ni LFI ni RN.”
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