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Valérie Pécresse (LR) : "À Paris, le seul visage de l'alternance, c'est Rachida Dati"

Par La rédaction

INTERVIEW SUD RADIO - Guerre au Moyen-Orient, prix de l'énergie, municipales : Valérie Pécresse, présidente LR de la région Île-de-France, était “L’invitée politique” sur Sud Radio.

Valérie Pécresse
Valérie Pécresse, interviewée par Jean-François Achilli sur Sud Radio, le 10 mars 2026, dans “L’invité politique”.

Guerre au Moyen-Orient, rôle de la France, prix des carburants, dépenses publiques, réforme de l’État, municipales à Paris et Lyon, rapports de force à droite, alliances avec LFI à gauche. Au micro de Sud Radio, Valérie Pécresse a répondu aux questions de Jean-François Achilli.

Moyen-Orient : "La France est une force de stabilité dans cette région"

Jean-François Achilli pour Sud Radio : Emmanuel Macron assure que la France ne participera pas à la guerre. Vous le croyez ?
Valérie Pécresse : “Oui, je le crois. C’est une guerre dont nous n’avons pas été prévenus et dont nous ne connaissons pas les buts. La France n’a pas à y participer. En revanche, elle doit protéger ses ressortissants, ses alliés, ses accords de défense et la Méditerranée.”

Quand la France ouvre ses bases aux avions américains et renforce une présence défensive, est-ce qu’elle n’entre pas malgré tout dans le conflit ?
“La France respecte ses accords de défense et protège la zone. Elle a des intérêts et des bases militaires dans la région. Elle n’est donc pas totalement en dehors du conflit, mais elle doit y rester une force de protection et de stabilité.”

Certaines forces politiques accusent Donald Trump d’avoir mis le feu au Moyen-Orient. Partagez-vous cette analyse ?
“D’abord, débarrasser le monde du régime des mollahs, c’est une bonne chose. Ce régime opprime son peuple et a tué des milliers d’Iraniens qui réclamaient la liberté. Personne ne va pleurer ce régime. Le vrai sujet, c’est comment arrêter ce conflit et vers quel but on va. Dans cette situation, la France doit être une force de stabilité dans cette région.”

Prix des carburants : "La France n’a plus les moyens de faire des chèques à crédit !"

Que doit faire le gouvernement si les prix des carburants repartent à la hausse ?
“D’abord, il ne faut pas surréagir. On le voit bien, au moindre signe d’accalmie, les prix du pétrole peuvent rebaisser. Mais une chose est sûre : une essence ou un gazole au-dessus de deux euros, ce n’est pas soutenable durablement pour les Français.”

Faut-il alors baisser les taxes sur les carburants ?
“Si on met en place un mécanisme pour atténuer les taxes, il doit être temporaire et financé. On ne peut pas retomber dans le quoi qu’il en coûte. La France n’a plus les moyens de faire des chèques à crédit.”

Vous rejetez donc la baisse de TVA défendue par le RN comme les blocages de prix proposés par LFI ?
“Oui, parce que chacun promet sans dire comment il finance. Le RN doit expliquer comment il baisse les dépenses. Et les blocages de prix, on sait qu’ils peuvent créer des pénuries. Le bon chemin, c’est celui de la responsabilité.”

Les contrôles dans les stations-service vous paraissent utiles ?
“Oui, parce qu’il ne faut pas de profiteurs de guerre. Quand certains affichent des prix aberrants, il faut contrôler et sanctionner. C’est normal.”

"Il faut arrêter de cramer la caisse"

Vous faites de cette crise un révélateur de l’état des finances publiques. Pourquoi ?
“Parce qu’on reporte toujours les décisions difficiles. À chaque crise, on dépense davantage sans réformer. Résultat : la caisse a été cramée. Et quand une nouvelle crise arrive, on n’a plus de marges de manoeuvre.”

Quelles réformes faut-il engager ?
“Il faut faire des économies massives sur la dépense de l’État. Il faut décentraliser, fermer des agences, débureaucratiser et supprimer les doublons. Aujourd’hui, l’État fait trop de choses, souvent en même temps que les collectivités.”

La droite républicaine a pourtant déjà gouverné. Pourquoi ces réformes n’ont-elles pas été menées ?
“Cela fait longtemps qu’elle ne dirige plus l’État. En revanche, dans les régions que nous gérons, nous faisons des économies. En Île-de-France, cela fait dix ans que nous menons une gestion responsable.”

Votre priorité, c’est donc de rendre du pouvoir d’achat par la réforme plutôt que par des aides ponctuelles ?
“Oui. Il faut baisser les dépenses pour rendre de l’argent aux Français sur leurs salaires et leurs retraites. Les Français veulent vivre de leur travail, pas de chèques financés à crédit.”

Paris : “À Paris, le seul visage de l’alternance, c’est Rachida Dati”

Bruno Retailleau parle d’une possible vague bleue aux municipales. N’est-ce pas imprudent ?
“Ce qui est certain, c’est qu’il y a aujourd’hui une immense aspiration à plus de sécurité, plus de propreté, plus de tranquillité et moins d’impôts. Ce sont des attentes très fortes. Là où nous avons de bons candidats et de bons projets, l’alternance est possible.”

Vous pensez notamment à Paris ?
“Oui. À Paris, le seul visage de l’alternance, c’est Rachida Dati. Il n’y en a qu’un. Si la droite se disperse, elle peut perdre une élection qui est pourtant à portée de main.”

Vous appelez donc clairement au vote utile dès le premier tour ?
“Oui. J’appelle à soutenir dès le premier tour celle qui peut gagner. Et au second tour, l’attitude responsable de ceux qui ne sont pas en situation de l’emporter, c’est de se retirer pour permettre la victoire.”

Pourquoi insistez-vous autant sur la situation parisienne ?
“Parce que Paris est aujourd’hui plus sale, plus insécure, plus bloquée, et que les familles s’en vont. L’alternance est possible, donc ce serait une faute politique de la laisser échapper.”

"Les divisions, ce sont des pièges à cons"

Cette division de la droite est donc, selon vous, le principal danger ?
“Oui. Les divisions, ce sont des pièges à cons. Quand on peut gagner une ville comme Paris, chacun doit prendre ses responsabilités et penser à l’alternance plutôt qu’à sa candidature.”

Sarah Knafo relève-t-elle, selon vous, de l’extrême droite ?
“En politique, on n’avance pas masqué. Madame Knafo a fait le choix de siéger au Parlement européen avec l’extrême droite allemande. Ce ne sont pas mes mots, ce sont ses choix politiques.”

Craignez-vous aussi une poussée de LFI dans certaines communes d’Île-de-France ?
“Oui, cela peut arriver. Il faut être très vigilant, parce que LFI surfe sur le communautarisme et laisse prospérer des logiques d’entrisme. C’est un sujet sérieux.”

Après les municipales, faut-il organiser rapidement une primaire de la droite et du centre ?
“Oui. Il faut un candidat unique de la droite et du centre le plus rapidement possible. Une présidentielle ne s’improvise pas, et il faut éviter d’ajouter de la division à la division.”

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