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Taxe lapin : "Toutes les plateformes vont jouer le jeu", assure Frédéric Valletoux

Par Jean Baptiste Giraud

"Toutes les plateformes vont jouer le jeu" concernant la taxe lapin, selon Frédéric Valletoux, ministre délégué en charge de la Santé et de la Prévention. Il était “L’invité politique” sur Sud Radio. 

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Frédéric Valletoux, interviewé par Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio, le 11 avril 2024, dans “L’invité politique”.

La taxe lapin, l'accès aux soins, la revalorisation des médecins, le retour de l'obligation de garde... Frédéric Valletoux, ministre délégué en charge de la Santé et de la Prévention, a répondu aux questions de Jean-Jacques Bourdin.

 

 

Taxe lapin : "C’est Doctolib qui l’avait lui-même proposé il y a quelques mois"

Gabriel Attal, Premier ministre, a dévoilé son nouveau plan pour la santé avec plusieurs nouveautés. Parmi celles-ci, l’arrivée en 2025 de la "taxe lapin". Principe : les patients qui ne décommandent pas les rendez-vous et ne se présentent pas, pourront être sanctionnés de 5 euros. Mais alors que le gouvernement compte sur les plateformes comme Doctolib pour se charger de ce prélèvement, elles semblent plutôt réticentes. "C’est un problème de calage technique", assure de son côté Frédéric Valletoux. "C’est Doctolib qui l’avait lui-même proposé il y a quelques mois."

"Les plateformes ont facilité l’accès aux rendez-vous", explique le ministre délégué en charge de la santé et de la prévention, notamment par leur rôle d’intermédiaire. "La contrepartie, c’est que parfois, on prend plusieurs rendez-vous. Puis, on choisit celui qui vous est le plus favorable. Et on oublie d’annuler les rendez-vous qu’on a pris." Les médecins demandent de lutter contre ce phénomène qui peut prendre "deux ou trois rendez-vous par jour". "C’est des millions de rendez-vous qui sont non-honorés", explique Frédéric Valletoux.

 

Taxe lapin : "On va donner la possibilité aux médecins de pouvoir pénaliser celui qui ne sera pas respectueux"

Il précise toutefois que la taxe lapin sera une simple "possibilité" pour le médecin. "C’est vraiment le médecin qui déclenchera ça." Et il l’assure : "toutes les plateformes vont jouer le jeu. Et on va mettre ça en place avec eux".

 


De plus, ça ne permettra de couvrir qu’un rendez-vous sur deux, "la moitié des rendez-vous pris sont par des plateformes" et l’autre moitié en direct avec le secrétariat médical ou le médecin. "On va donner la possibilité aux médecins qui le souhaitent de pouvoir effectivement pénaliser celui qui ne sera pas respectueux."

Le médecin pourra demander, ou non, l’empreinte bancaire du patient. Et, ensuite, il "aura le choix de déclencher, ou pas, cette pénalité". Frédéric Valletoux tient à souligne que bien qu’appelée taxe lapin, "ce n’est pas une taxe" mais bien une "pénalité". "Comme on le fait ailleurs, au restaurant ou dans des hôtels."

Il confirme en outre que la taxe lapin sera lancée "à partir du 1er janvier 2025" après une loi qui devrait être présentée au Parlement dans la deuxième moitié de l’année.

 

"On sait tous que les Français nous regardent et que l’enjeu c’est vraiment faciliter l’accès aux soins pour les Français"

Les discussions sur une revalorisation des actes semblent au point mort entre l’Assurance maladie et les médecins. Ces derniers demandent que le prix de la consultation soit porté à 30 euros. "Je suis favorable à ce que les discussions aillent au bout", déclare le ministre délégué à la Santé et la Prévention. Il estime que "les discussions, c’est jamais facile". Notamment car elles portent sur des sommes importantes mais, aussi, sur les "engagements respectifs que les médecins vont vouloir prendre".

 

 

S’il y a des "petits moments de tension", Frédéric Valletoux assure qu’il y a "de la bonne volonté de tous les côtés". "On sait tous que les Français nous regardent et que l’enjeu, c’est vraiment faciliter l’accès aux soins pour les Français."

 

Retour de l'obligation de garde pour les médecins ? "L’État prendra ses responsabilités et pourra imposer des organisations"

Sur la question de la somme, 30 euros, "c’est une proposition qui a été effectivement faite par l’Assurance maladie". Mais, tient à préciser Frédéric Valletoux, ce n’est pas "un chèque en blanc". Parmi les sujets de discussion, il y a le suivi des patients en Affection Longue Durée (ALD), la permanence des soins.

La question se pose notamment concernant les gardes. L’obligation de garde a été supprimée, pour les médecins, en 2002. "On voit que dans beaucoup de territoires, ça pose des problèmes." Le retour de cette obligation n’est toutefois pas annoncé pour tous, ni définitivement : "on va travailler territoire par territoire", affirme le ministre.

L’obligation de garde pourrait être rétablie "dans certains territoires" dès lors qu’aucune solution autre n’est trouvée pour garantir et améliorer l’accès aux soins. "L’État prendra ses responsabilités et pourra imposer des organisations." Et donc pourrait bien réintroduire l’obligation de garde. "Mais c’est l’ultime recours", assure-t-il.

 

 

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