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Pierre-Yves Bournazel : Dati et Grégoire "méprisent les Parisiens"

Par Aurélie Giraud

INTERVIEW SUD RADIO - Municipales à Paris, procès de Rachida Dati, projets de Sarah Knafo : Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons Renaissance à la mairie de Paris, était “L’invité politique” sur Sud Radio. 

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Pierre-Yves Bournazel, interviewé par Jean-François Achilli sur Sud Radio, le 5 mars 2026, dans “L’invité politique”.


Municipales à Paris : "il vaut mieux six ans avec Bournazel que six mois avec Dati." Au micro de Sud Radio, Pierre-Yves Bournazel a répondu aux questions de Jean-François Achilli.

Jean-François Achilli : Dans dix jours, le premier tour des élections municipales. Franchement, la campagne pschitt, elle a disparu avec la guerre en Iran. Vous le sentez sur le terrain ?

Pierre-Yves Bournazel : "Non, je ne le sens pas forcément sur le terrain. Mais c’est vrai qu’il y a un drame, il y a la guerre. Et moi je suis aux côtés du peuple iranien. Et je pense que c’est important de le dire. Parce que je vois aujourd’hui qu’il y a des politiques qui ne sont pas capables de le dire. Paris est la capitale de la liberté. Et quand on veut être maire de Paris, on est aux côtés des combattants de la liberté. Et donc on doit être aux côtés du peuple iranien, qui doit se libérer de ce régime d’assassins, de ce régime de corrompus qui a financé le terrorisme international."

Jean-François Achilli : Donc vous dites merci Trump, merci Netanyahou ?

Pierre-Yves Bournazel : "Je dis surtout qu’il faut se battre."

"En refusant le débat, Rachida Dati et Emmanuel Grégoire ne respectent pas les Parisiens"

Jean-François Achilli : Vous ne répondez pas à ça ?

Pierre-Yves Bournazel : "Non, je ne réponds pas à ça parce que je ne veux pas rentrer dans le débat qui mettrait beaucoup de temps pour savoir quelles sont les règles internationales."

"Ce que je sais, ma conviction, ma philosophie, mon engagement comme élu de Paris, comme citoyen et demain comme maire de Paris, c’est d’être aux côtés du peuple iranien, de ce peuple qui est libre, qui est un grand peuple et qui est aujourd’hui sous l’oppression, sous la menace d’un régime sanguinaire."

Jean-François Achilli : Vous avez participé hier soir au débat de premier tour entre les candidats, organisé sur France 3 Île-de-France, en l’absence des deux favoris Emmanuel Grégoire et Rachida Dati. Que dites-vous de leur absence ?

Pierre-Yves Bournazel : "Je dis qu’en refusant le débat, ils ne respectent pas les Parisiens. En refusant le débat, cela veut dire qu’ils ne croient pas en la force de leur candidature et de leur projet. Sinon, pourquoi refuser de débattre quand on se sent fort sur son projet ? Et puis je pense qu’ils se sont disqualifiés pour être maire de Paris."

"Ils se sont disqualifiés tous les deux, puisqu’en fait ils ont refusé la confrontation des idées, la confrontation des projets. C’est irrespectueux des Parisiens. Et puis j’ajoute : comment leur accorder demain crédibilité et confiance quand, hier soir, ils ont montré du mépris pour les Parisiennes et les Parisiens ?"

Jean-François Achilli : Est-ce que ça ne veut pas dire aussi qu’ils savent qu’ils sont désormais largement les deux favoris au deuxième tour et qu’au fond on ne va pas prendre de risques alors que le vote approche ?

Pierre-Yves Bournazel : "S’ils ne veulent pas prendre de risques, il ne faut pas être candidat. Parce qu’ils devraient avoir des risques à prendre pendant six ans à la mairie de Paris."

Jean-François Achilli : Pierre-Yves Bournazel, vos électeurs voient les sondages. Vous êtes à 11-12 % max. Ils savent que vous ne gagnerez pas.

Pierre-Yves Bournazel : "Personne n’en sait rien. Il n’y a aucun bulletin qui a été déposé dans l’urne."

"Les Parisiens ne veulent plus de cette majorité qui a échoué"

Jean-François Achilli : L’IFOP dit que huit Parisiens sur dix sont sûrs de leur vote le 15 mars.

Pierre-Yves Bournazel : "Oui, on verra. Moi, je n’en suis pas sûr du tout. Ce n’est pas ce que je sens sur le terrain. Vous voyez d’autres sondages dans d’autres villes : il y a un sondage un jour à Nantes où c’est 35-34 entre les deux candidats et le lendemain c’est 43-26. Donc moi, je ne regarde pas les sondages, j’écoute les Parisiens."

"Je sais que les Parisiens veulent le changement à Paris. Ils ne veulent plus de cette majorité qui a échoué, mais ils veulent choisir leur changement, ils ne veulent pas le subir. Et j’entends beaucoup de Parisiens, et une majorité de Parisiens, qui ne veulent ni de Dati ni de Grégoire. Et je suis le candidat qui porte le bon projet, le projet le plus solide, le plus sérieux, pour être une solution pour ces Parisiens qui ne veulent ni de l’un ni de l’autre."

Jean-François Achilli : Mais pourquoi répéter que vous ne ferez jamais d’accord ? Tenez, à droite, au hasard, la gagnante potentielle qui est la mieux placée : Rachida Dati.

Pierre-Yves Bournazel : "Ne regardons pas les sondages, regardons les Parisiens. Et moi ce qui m’intéresse, c’est d’être avec eux. C’est de porter un bon projet, c’est de leur amener des solutions. Je suis candidat pour convaincre, mêler les lignes et être la surprise de cette campagne, c’est-à-dire gagner."

Jean-François Achilli : Est-ce que vous ne vous tirez pas une balle dans le pied, puisque votre position revient à dire à vos électeurs : « Votez pour moi, ça ne sert à rien » ?

Pierre-Yves Bournazel : "Mais si, ça sert. Ça sert à réussir le changement. Car Madame Dati ne réussira pas le changement. Elle est trop clivante, elle fait le jeu des sortants. Et il vaut mieux six ans avec Bournazel que six mois avec Dati. Car chacun le sait : il y a un risque que Madame Dati ne soit pas maire de Paris jusqu’au bout."

"Rachida Dati a déjà perdu"

Jean-François Achilli : Vous avez entendu ce qu’elle a dit ici même à votre place hier matin. Je la cite : « Si vous faites plus de 10 %, si vous vous maintenez, la droite perdra à Paris ».

Pierre-Yves Bournazel : "Madame Dati, elle a déjà perdu. Elle nous a dit en 2020 qu’elle gagnerait, elle a perdu. Elle est dans une logique de clivage, je suis dans une logique de rassemblement pour les forces de l’alternance. Et donc cette détermination, je l’ai. Je veux convaincre. Et une élection, c’est fait pour ça. Sinon il ne faut pas les voter. Sinon il faut laisser les sondages décider. Mais comme ils ne disent pas le résultat final, jamais, eh bien laissons les Parisiens voter. Ils sont libres, et Paris est une ville rebelle."

Jean-François Achilli : Alors Édouard Philippe, qui soutient votre candidature, tout comme Gabriel Attal. Vous avez deux mentors qui sont derrière vous, qui sont deux possibles candidats à l’élection présidentielle. Édouard Philippe a appelé à un grand rassemblement de la droite et du centre à Paris. C’est un peu exactement l’inverse de votre position.

Pierre-Yves Bournazel : "Eh bien non. Moi, je souhaite le rassemblement. Et c’est ce que je porte. C’est mon tempérament et mon caractère. C’est ma méthode de gouvernement."

"Il n’y a pas de vote utile dans une campagne, et certainement pas au premier tour"

Jean-François Achilli : Il a essayé de vous convaincre sur la posture de second tour de l’élection ?

Pierre-Yves Bournazel : "Il dit qu’il me soutient parce que je suis le meilleur candidat pour porter le meilleur projet pour les Parisiens. Et si on veut réussir l’alternance, eh bien j’appelle les Parisiennes et les Parisiens à se mobiliser autour de moi. Il n’y a pas de vote utile dans une campagne, et certainement pas au premier tour. Au premier tour, on vote avec son cœur. On vote pour le meilleur projet. J’incarne le meilleur projet pour les Parisiens."

Jean-François Achilli : C’est Gabriel Attal qui vous demande de rester ? Je vous dis ça parce que Le Canard Enchaîné affirme que l’ancien Premier ministre vous demande de vous maintenir pour faire perdre Rachida Dati.

Pierre-Yves Bournazel : "Je suis élu de Paris depuis 18 ans. Ça c’est vrai. J’ai un peu de bouteille. Je suis un peu tenace et coriace. Je ne fais pas de la politique avec Le Canard Enchaîné."

"Je suis un homme libre et indépendant d’esprit. Et ça, il va falloir vous y habituer. Je suis un homme libre et indépendant d’esprit. Demain, maire de Paris, je reste libre et indépendant d’esprit. Ma seule boussole, c’est Paris. Ma seule boussole, c’est le service des Parisiens. Je l’ai démontré depuis 18 ans. J’ai le tempérament et le caractère. C’est très important."

"Madame Dati est renvoyée devant un tribunal correctionnel du 16 au 28 septembre prochain. Il y a un risque."

Jean-François Achilli : Emmanuel Grégoire voit votre candidature comme une aubaine. Parce qu’il dit que vous divisez la droite.

Pierre-Yves Bournazel : "J’adore parce que, quand on regarde les sondages, je gagne largement contre lui au second tour. Plus largement que Madame Dati. Donc vous voyez, si on veut l’alternance à Paris, il faut voter pour moi au premier tour parce que j’ai plus de chances de gagner que Madame Dati."

Jean-François Achilli : Vous pourriez vous rallier à lui ?

Pierre-Yves Bournazel : "Je vous ai répondu mille fois à cette question : non. Ils ont échoué sur la sécurité. Ils ont échoué sur la propreté. Ils ont endetté Paris."

Jean-François Achilli : Vous dites : mieux vaut six années avec Bournazel que six mois avec Dati. Vous faites allusion à quoi au juste ?

Pierre-Yves Bournazel : "Tout le monde sait bien qu’il y a un risque. Et c’est un fait. Madame Dati est renvoyée devant un tribunal correctionnel du 16 au 28 septembre prochain. Il y a un risque. Elle a droit à la présomption d’innocence, et je suis attaché à la présomption d’innocence."

"Mais il y a un risque pour elle de dix ans de prison et d’une peine d’inéligibilité qui ferait qu’elle pourrait être déchue de son mandat. Et c’est quand même un problème qui peut se poser. Et c’est un risque sur la réputation de Paris."

Jean-François Achilli : Vous voulez dire que vous nous dites : c’est le scénario, dans six mois Madame Dati élue maire pourrait être inéligible, donc ne serait plus maire.

Pierre-Yves Bournazel : "C’est le risque. Chacun le sait. Voilà. Et en conscience, il faut savoir ça. Et puis surtout Madame Dati devrait répondre à une question : qui serait maire à sa place ? Parce que les Parisiens ont le droit de savoir quand même."

Jean-François Achilli : Je lui ai posé la question hier sur cette histoire de procès et d’inéligibilité. Elle a répondu : « Les mêmes qui se gargarisent des principes pour les autres… Monsieur Édouard Philippe est mis en cause dans une affaire aussi de favoritisme, de prise illégale d’intérêt d’argent public, ce qui n’est pas mon cas », dit-elle.

Pierre-Yves Bournazel : "Pardon, mais ça n’a absolument rien à voir. Et les faits… moi je m’en tiens aux faits. Madame Dati sera devant un tribunal correctionnel pour corruption. Point à la ligne. Pas plus, pas moins. Après, c’est à elle de s’expliquer."

Jean-François Achilli : Ce matin sur l’antenne de Sud Radio, vous vous posez comme quoi ? Le candidat de la probité, c’est ça l’idée ?

Pierre-Yves Bournazel : "Je suis un homme honnête, oui. Et je crois que l’honnêteté, ça compte. La probité, ça compte."

"Il faut alléger le poids de la dépense publique et il faut que les élus montrent l’exemple à Paris. Je propose 4,2 milliards d’euros d’économies sur six ans : débureaucratisation, application des 35 heures, lutte contre l’absentéisme. Mais dans ces 4,2 milliards, il y a 120 millions d’euros d’économies sur le train de vie des élus."

Jean-François Achilli : Quand vous dites cela, c’est aussi un coup de pied à Emmanuel Grégoire qui, au fond, est le candidat de vingt-cinq années de gestion socialiste à la mairie de Paris.

"Emmanuel Grégoire porte le bilan de Madame Hidalgo, il ne peut pas s’exonérer"

Pierre-Yves Bournazel : "Oui, c’est le candidat sortant, incontestablement. Il a un bilan : celui de Madame Hidalgo depuis douze ans. Donc il porte le bilan. Il ne peut pas s’exonérer. C’est le candidat du mea culpa permanent."

"Il dit : « Ah oui, la sécurité, il va falloir mieux faire. Ah la propreté, on n’a pas fait assez. Les travaux, on ne les a pas bien organisés. Le périscolaire, on est vraiment en dessous de tout. » Mais alors pourquoi se représenter ? Que fera-t-il en six ans qu’il n’a pas fait en douze ans avec Madame Hidalgo comme numéro deux de la ville ?"

Jean-François Achilli : La probité que vous revendiquez, est-ce qu’elle fout le cafard aux Parisiens ? Je vous dis ça parce qu’il y a quelques jours c’était Sarah Knafo qui a dit : « Il me fout le cafard ».

Pierre-Yves Bournazel : "Oui, j’ai entendu ça. Mais moi je dis autre chose. Je dis que Madame Hidalgo et un certain nombre de vos confrères l’ont démontré dans des journaux très sérieux : rien n’est financé chez elle. Elle parle d’un jumeau numérique, elle donne un coût. En fait c’est 90 fois plus le coût. Elle parle d’un aménagement pour remettre des voitures au-dessus des voies sur berge. Tous les spécialistes ont dit que ça ne tenait pas debout, que ce n’était pas sérieux. En plus, c’est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ça ne serait pas possible."

"Sarah Knafo travaille à la Cour des comptes, mais son projet c’est la Cour des miracles"

"Donc le projet, il est un peu bidon. Elle nous explique tous les jours qu’elle travaille à la Cour des comptes, mais son projet c’est la Cour des miracles. Ce n’est pas sérieux. Ce n’est pas financé. Les chiffres qu’elle donne ne sont pas les bons. Et par ailleurs les projets qu’elle propose sont des projets irréalisables."

"Moi je ne prends pas les Parisiens pour des gogos. Je suis élu de Paris depuis dix-huit ans. Je les respecte profondément. Et mon projet, il est sérieux, il est chiffré et je suis sur les solutions concrètes."

"Il y a déjà des mélenchonistes. Il y a déjà de la gauche radicale dans la liste de Monsieur Grégoire."

Jean-François Achilli : Emmanuel Grégoire, qui ne fera pas alliance avec La France insoumise. Vous y croyez à ça ?

Pierre-Yves Bournazel : "Moi je ne suis pas très sûr. Écoutez, quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup. Parce qu’il y a déjà des mélenchonistes, des LFIstes sur la liste de Monsieur Grégoire. À commencer par Madame Simonnet, qui faisait campagne en 2022 comme candidate LFI-mélenchoniste pour les législatives avec Jeremy Corbyn, qui a été exclu du Parti travailliste anglais pour cause d’antisémitisme. Monsieur Grégoire a fait rentrer le loup LFIste."

"Il y a déjà des mélenchonistes. Il y a déjà de la gauche radicale dans la liste de Monsieur Grégoire. Et je ne veux pas ça pour Paris."

"D’ailleurs il y a des zemmouristes sur la liste de Madame Dati. Et il y a des datistes de 2020 qui sont sur la liste de Madame Knafo. Elles s’échangent les candidats. C’est un peu le jeu des sept familles."

Jean-François Achilli : Cette campagne n’est pas finie. Il reste une bonne semaine, on va dire une grosse semaine. Elle aurait été violente à vos yeux ?

Pierre-Yves Bournazel : "Écoutez, sur moi ça glisse. Ce qui m’intéresse, c’est le service de Paris et des Parisiens. Je veux remettre en ordre de marche Paris. Avec moi, les travaux vont fonctionner."

"Les rues seront sécurisées avec une vraie police municipale avec 6 000 agents, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Il y aura du bleu dans nos rues. Les femmes se sentiront en sécurité dans le métro parce que chaque soir je mettrai un policier municipal, en plus de la police des transports, dans chaque métro."

Jean-François Achilli : Je vous ai posé la question parce que j’ai vu tout ce qui était attaques au physique, attaques sur l’orientation sexuelle vous concernant. Et puis il y a Pierre Liscia aussi qui vous a comparé au pilote de la Germanwings. Vous savez, celui qui avait jeté son avion.

Pierre-Yves Bournazel : "Les attaques sur le physique, les attaques personnelles, en disent plus long sur ceux qui les professent que sur ceux qui les reçoivent. Moi je suis de force tranquille et déterminé. Comme dit ma grand-mère : les chiens aboient, la caravane passe."

Jean-François Achilli : Et donc aucun accord ni avec l’un ni avec l’autre ?

Pierre-Yves Bournazel : Je suis candidat pour convaincre et pour gagner. Et d’ailleurs Madame Dati elle-même dit que sa liste de second tour sera sa liste de premier tour. Donc c’est une conversation qui est close.

Retrouvez "L’invité politique" chaque jour à 8h15 dans le Grand Matin Sud Radio

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