Hausse des prix du carburant, aides annoncées par le gouvernement, pouvoir d’achat, budget 2027, menace du 49.3, programme économique du Parti socialiste (PS), désignation d’un candidat pour 2027, concentration des médias. Au micro de Sud Radio, Philippe Brun a répondu aux questions de Maxime Lledo.
Aides sur le carburant : "Le gouvernement se refait une santé financière sur le dos des Français qui travaillent"
Maxime Lledo pour Sud Radio : Les annonces du Premier ministre sur les conséquences de la guerre au Proche et au Moyen-Orient sont-elles suffisantes ?
Philippe Brun : “Non, c’est tout à fait insuffisant. Le gouvernement se refait une santé financière sur le dos des Français qui travaillent. Dans les territoires ruraux et périurbains, la voiture est indispensable pour aller travailler. Avec une essence au-dessus de 2 euros le litre, une partie du pays ne peut plus suivre.”
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Que faut-il faire en urgence sur le carburant ?
“Il faut baisser les taxes maintenant. Le gouvernement encaisse davantage de TVA avec la hausse des prix, et cet argent doit servir à soulager les Français. Il faut agir tout de suite plutôt que d’attendre une crise plus grave sur la consommation. Le pouvoir d’achat doit redevenir la priorité du gouvernement.”
Vous défendez une taxe flottante sur le carburant. Pourquoi ?
“Il faut s’inspirer de la TIPP flottante mise en place sous Lionel Jospin. La TIPP, c’était la taxe intérieure sur les produits pétroliers. Le principe est simple : quand les prix montent, l’État réduit une partie de la taxe pour limiter le choc à la pompe. C’est plus efficace qu’une aide tardive, et surtout plus lisible pour les Français.”
Les aides annoncées par le gouvernement vous paraissent-elles adaptées ?
“Non, c’est une machine à gaz. Le gouvernement multiplie les conditions et les formulaires administratifs pour limiter le nombre réel de bénéficiaires. Quand une aide est noyée sous les Cerfa, beaucoup de Français finissent par renoncer à la demander, par manque de temps, de clarté ou parce qu’ils pensent ne pas entrer dans les bonnes cases. Cela permet d’annoncer un soutien massif, tout en réduisant dans les faits le nombre de personnes qui toucheront vraiment l’aide.”
Qui paie le plus lourd tribut à cette flambée des prix ?
“Je pense aux ouvriers, aux intérimaires, aux infirmières libérales et à tous ceux qui roulent chaque jour pour travailler. Dans une grande partie de la France, il n’y a pas d’alternative à la voiture. Les salaires n’ont pas suivi la hausse des prix alimentaires et de l’énergie. Toute une France est en train de décrocher, et c’est cela qui devient très inquiétant.”
Budget 2027 : "Un 49.3 rapide serait le meilleur scénario"
Le gouvernement évoque 6 milliards d’euros d’économies. Vous y croyez ?
“Non, ce chiffre n’est pas étayé. On nous parle d’économies sans expliquer sérieusement d’où elles viendraient. Pour Philippe Brun, c’est surtout un écran de fumée pour éviter de répondre sur le pouvoir d’achat et sur la hausse des carburants. En revanche, la hausse des recettes de TVA, elle, est bien réelle et immédiatement visible.”
Comment éviter un blocage budgétaire en 2027 ?
“Il faut soit un accord politique, soit une solution pour éviter que le pays ne se retrouve paralysé. Philippe Brun dit travailler avec des juristes sur l’hypothèse d’une loi spéciale. L’idée est de permettre à la France de tenir quelques mois sans budget complet si aucun compromis n’est trouvé. L’État doit continuer à fonctionner, quelles que soient les tensions politiques.”
François Hollande évoque une discussion budgétaire rapide suivie d’un 49.3. Est-ce la bonne option ?
“Oui, ce serait le meilleur scénario. Ce serait plus lisible pour les Français et plus rassurant pour les acteurs économiques. En pleine campagne présidentielle, il faut éviter six mois de crise politique permanente. Le pays a besoin de stabilité et de visibilité.”
💵Budget 2027
🗣️@p_brun (PS) : "Un 49.3 rapide serait le meilleur scénario, comme le propose @fhollande (...) Le gouvernement devra faire des concessions significatives" #GrandMatin
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Faut-il continuer à brandir la menace de censure ?
“La menace de censure reste un levier utile pour obtenir des concessions. Sans rapport de force, rien n’avance dans les négociations. Mais si le gouvernement veut un accord, il doit négocier sérieusement en amont. Il faut des concessions concrètes pour les Français qui travaillent.”
"Le programme du PS est intéressant, mais il n’est pas financé"
Que pensez-vous du nouveau programme économique du Parti socialiste ?
“Le programme est intéressant, mais il n’est pas financé. Il contient des pistes utiles, mais ce n’est pas encore une version définitive. Il faut maintenant le débattre dans le parti, l’amender et le chiffrer sérieusement. J’espère un texte solide et crédible dans les prochaines semaines.”
La notion de liberté peut-elle redevenir un marqueur du PS ?
“Oui, il faut reprendre ce mot à la droite et à l’extrême droite. La gauche doit reparler de liberté, de laïcité, de travail et de service public. Elle ne peut pas abandonner ces thèmes à ses adversaires. Ce sont des valeurs républicaines qu’elle doit assumer pleinement.”
La dénonciation d’une "oligarchie économique et financière" vous semble justifiée ?
“Oui, parce qu’il existe une concentration réelle des pouvoirs économiques et médiatiques. Cette situation pèse sur le débat démocratique et sur la diversité des voix. Ce n’est pas un slogan abstrait, c’est une réalité politique et économique. Il faut être capable de la nommer clairement.”
"Il faut un vote en juin pour avoir un candidat au PS pour 2027"
Pourquoi voulez-vous un vote dès juin au Parti socialiste ?
“Parce qu’il faut aller vite. Les autres forces politiques avancent déjà, et le PS ne peut pas rester dans le flou plus longtemps. Il faut désigner rapidement un chef de file pour 2027. Ensuite, il pourra construire un rassemblement plus large à gauche.”
Quelle stratégie défendez-vous pour la gauche ?
“Je propose une coalition large, du centre gauche à la gauche sociale. Il faut pouvoir aller de Raphaël Glucksmann à François Ruffin. La gauche ne pourra peser qu’en se rassemblant sur une ligne claire. Cela suppose une méthode rapide et un calendrier lisible.”
La primaire d’octobre a-t-elle encore un sens ?
“Oui, mais seulement si tout le monde y participe. Sans Raphaël Glucksmann ni Fabien Roussel, ce ne serait pas une vraie primaire de la gauche. Dans ces conditions, une coalition me paraît plus réaliste. Il faut d’abord un candidat socialiste, puis un rassemblement plus large.”
François Hollande peut-il encore compter dans cette séquence ?
“Oui, sa voix compte dans le débat. Il dit qu’il se prépare, et chacun doit se préparer sérieusement. La présidentielle exige des candidatures solides et crédibles. Les militants devront pouvoir trancher entre des options sérieuses.”
"Il faut découper les grands groupes comme Bolloré"
Pourquoi faites-vous de la concentration des médias un sujet majeur ?
“Parce qu’une trop forte concentration nuit au pluralisme. Quand un même groupe pèse à ce point sur les médias et l’édition, cela devient un enjeu démocratique central. Un actionnaire a des droits, mais il ne doit pas pouvoir tout contrôler. Le débat public doit rester équilibré et ouvert.”
Vous dites qu’il faut découper certains groupes. Que voulez-vous dire ?
“Je pense qu’il faut empêcher les situations de domination excessive. Dans l’histoire économique, certains empires ont déjà été démantelés pour rétablir la concurrence et éviter une concentration trop forte. Il faut réfléchir à ce type de réponse pour les grands groupes médiatiques. Le pluralisme ne peut pas être un simple principe affiché.”
Cette règle doit-elle valoir pour tous les groupes ?
“Il faut regarder la réalité des concentrations, des audiences et de l’influence. Tous les groupes n’ont pas le même poids dans le débat public. Le sujet, c’est la puissance réelle de diffusion et l’emprise qu’elle permet. Quand elle devient trop forte, il faut intervenir.”
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