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100 jours de guerre au Moyen-Orient : pourquoi ce conflit devrait durer et s'enliser

Par Elliott Léonard

Au 100e jour de la guerre au Moyen-Orient, les combats entre l’Iran et Israël ont repris ce lundi. Alors que Donald Trump parlait d’un « bon accord » avec Téhéran, la situation semble s’envenimer à nouveau.

Ilia YEFIMOVICH - POOL/AFP/Archives

Après 100 jours de conflit au Moyen-Orient et deux mois de cessez-le-feu, les missiles pleuvent à nouveau entre l'Iran et Israël. Pour la première fois depuis le 8 avril, date du début de la trêve, l’Iran a envoyé des salves de missiles sur l’État hébreu et en particulier Jérusalem, qui a répondu. Dans ce contexte, difficile de voir la moindre éclaircie dans les négociations entre les différentes parties. La fin de ce cessez-le-feu, déjà très fragile, ne semble pas être de très bon augure.

20 semaines de conflit au lieu de 5

Malgré les déclarations optimistes de Donald Trump, qui affirme que « nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l’Iran », la situation s'enlise et semble repartir de « plus belle » alors que cette guerre devait durer entre quatre et cinq semaines, selon le président américain début mars… Mais près de 20 semaines se sont désormais écoulées. Selon Patrick Martin-Genier, spécialiste des questions internationales et ancien professeur à Sciences Po : « Aucune des parties ne veut faire quelque concession que ce soit. »

« On en est exactement au statu quo »

Cela signifie qu’après 100 jours, les relations entre les États-Unis, Israël et l’Iran n’ont pas évolué. « On en est exactement au statu quo, c'est-à-dire à la situation qui existait avant le début du conflit », explique l’ancien professeur. « L’Iran, de son côté, sait très bien qu’il est en position de force. Même si le régime est affaibli, on voit bien qu’il maîtrise la situation », poursuit-il.

De surcroît, le manque de coopération d’Israël conforte son ennemi iranien dans sa volonté de rester campé sur ses positions. Pour Donald Trump, la reprise des tirs est une très mauvaise nouvelle. Celui qui souhaite redorer son image auprès de son peuple voit, une nouvelle fois, son pays s’enliser dans cette guerre. Avec un impact sur les porte-feuille des Américains, exaspérer pour l'essentiel de devoir payer l'addition, aussi bien à la pompe que dans le financement d'une guerre qu'ils n'ont pas voulue.

« Aucune des deux parties ne veut faire de concession majeure »

Il y a quelques jours, des indiscrétions avaient fait état d'un entretien téléphonique très agité entre le président américain et Benjamin Netanyahou au cours de laquelle, fou de rage, Donald Trump aurait qualifié ce dernier de « fou », affirmant qu’il serait « en prison » sans les États-Unis. Plus qu'un désaccord ou une divergence de point de vue, peut-être le début d'une fracture puiqu'« aucune des deux parties ne veut faire de concession majeure », conclut Patrick Martin-Genier.

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