« C’est une visite historique, qui fera date », a déclaré Xi Jinping ce matin. La visite de Donald Trump semble être concluante selon les deux parties. En témoignent les accords commerciaux qui ont été conclus et qui sont jugés « excellents » par le président américain. Concernant la guerre au Moyen-Orient, le président de l’Empire du Milieu a demandé un cessez-le-feu et une réouverture du détroit d’Ormuz. Dans le même temps, le chef d’État chinois a expliqué vouloir être « partenaire, pas adversaire ». Mais une question demeure extrêmement délicate : celle de Taïwan. Explications.
Une question d’honneur pour la Chine, une ressource incontournable pour les États-Unis
Hier, une fois les formules de politesse échangées et les accords conclus, Xi Jinping n’a pas hésité à faire preuve de fermeté concernant l’île de Taïwan. Si en mandarin, le terme exprimé n'est un exact synonyme du mot conflit, le président chinois laisse parfaitement entendre le fait qu'il n'hésiterai pas à se défendre si la question de l’île était mal gérée par Washington.
Avant d’avoir l’explication de Patrick Martin-Genier, il faut comprendre ce que représente l’île pour les deux pays. Pour la Chine, Taïwan est une question d’honneur national. Pékin considère cette île comme une partie intégrante de son territoire, séparée depuis 1949 à la suite d’une guerre civile. La réunifier est un objectif non négociable, presque existentiel pour le gouvernement chinois.
Pour les États-Unis, Taïwan est un allié stratégique qu’ils ne peuvent pas se permettre de perdre. L’île produit les puces électroniques les plus avancées du monde, notamment via TSMC, dont dépend toute l’économie numérique mondiale. Et c’est également un rempart militaire en Asie et un symbole. Si la Chine s’en empare, la crédibilité américaine se déliterait encore un peu, surtout dans la région.
La Chine souhaite récupérer Taïwan « quels qu’en soient les moyens »
Selon Patrick Martin-Genier, l’avertissement de Xi Jinping n’est pas à prendre à la légère. « La Chine ne veut absolument pas d’un soutien américain à l’indépendance taïwanaise, d’autant qu’elle a annoncé, dans une sorte de démarche impérialiste et nationaliste, qu’elle souhaitait récupérer l’île, quels qu’en soient les moyens, diplomatiques ou militaires. »
Cela souligne parfaitement les propos de Xi Jinping : Taïwan restera une province chinoise quoi qu’il arrive. Cependant, « on sait que les États-Unis soutiennent Taïwan en termes d’indépendance, parce que des composants électroniques liés notamment aux métaux précieux et aux terres rares y sont essentiellement produits », explique le professeur.
« La Silicon Valley et la Californie en ont besoin », conclut-il. Le défi est donc de taille pour Donald Trump : réussir à garder Taïwan comme allié économique et la Chine comme « partenaire » sans déclencher de conflit. Reste à voir si le sujet sera de nouveau évoqué par le président du pays de l’Oncle Sam.