single.php

Quelles sont vraiment les relations entre la Chine et les États-Unis depuis le retour de Trump ?

Par Elliott Léonard

DECRYPTAGE SUD RADIO - Ce mercredi, Xi Jinping, le président chinois, accueille le président des Etats-Unis, Donald Trump, pour la première fois depuis 2017. Objectifs : apaiser les relations sur fond de conflit au Moyen-Orient, différends commerciaux et pression en mer de Chine. Etat des lieux entre deux pays à l'entente intermittente.

Donald Trump avant son départ en Chine (Photo by Kevin Dietsch / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)

Cette fois-ci, Donald Trump n’aura pas droit à la visite privée de la Cité interdite de Pékin. Contrairement à 2017, l’accueil a été bien plus froid ce mercredi pour le retour du président américain dans l'Empire du milieu. Si le respect mutuel entre les deux superpuissances était palpable il y a neuf ans, cette année, ce n’est plus le cas. Malgré la cordialité affichée, les relations diplomatiques se sont dégradées depuis le retour aux affaires de Donald Trump. Et le rapport de force semble avoir changé de camp. Alors, quel est vraiment l'état des relations actuelles entre ces deux pays maîtres du monde ?

« L'Amérique, un empire en déclin »

Le New York Times évoque une Chine qui « considère de plus en plus l'Amérique de Trump comme un empire en déclin ». Durant plusieurs décennies, les deux blocs - libéral côté américain et communiste côté chinois - ont connu de nombreux sujets de discorde. Mais la question du respect voire d'une certaine forme d’admiration subsistait pour la Chine qui s'éveillait vis-à-vis de l'Oncle Sam. Désormais, le géant asiatique se considère a minima comme l’égal des Etats-Unis, au point de se demander s'il n'est pas même devenu la première puissance mondiale. 

Symbole du « grand n'importe quoi » voire de la « décadence » des États-Unis, le conflit au Moyen-Orient sera au cœur du sommet de ce mercredi. Et pour cause, la fermeture du détroit d'Ormuz paralyse Pékin puisque la Chine importe plus de 70 % du pétrole dont elle a besoin par ce corridor maritime stratégique. Mais Xi Jinping a parfaitement conscience que ce blocage impacte également lourdement les États-Unis.

Le rôle clé de la Chine dans la guerre au Moyen-Orient 

Officiellement, la Chine se pose en médiatrice dans la guerre à rallonge au Moyen-Orient. Le président chinois a promis que son pays « continuerait à jouer un rôle constructif » pour la reprise des pourparlers avec l'Iran. Mieux, il cherche même à apparaître comme le garant de la paix car la Chine dispose d'une réelle influence sur Téhéran.

Alors que l'opération américaine en Iran s'enlise et que la popularité de Trump est en chute libre, le président chinois pourrait profiter de cette faiblesse à la table des négociations. Et prendre l'ascendant diplomatique sur son meilleur ennemi.

Une féroce rivalité commerciale

Sur le plan commercial, les États-Unis et la Chine entretiennent aujourd’hui des relations diplomatiques très tendues. Depuis l'augmentation des droits de douane imposés par Donald Trump l'an passé, les importations américaines de produits chinois ont fortement chuté, passant de 108,5 milliards de dollars au premier trimestre 2024 à 67,3 milliards en 2026. En deux ans, la part des produits chinois dans les importations totales des États-Unis est tombée de 13,8 % à 7,8 %, sous l’effet de taxes américaines comprises entre 25 % et 30 %.

Cependant, la Chine continue de profiter du marché américain en passant par des pays comme le Vietnam ou Taïwan : les exportations vietnamiennes vers les États-Unis ont augmenté de 50 % et celles de Taïwan de 94 %. L’objectif est donc d’asphyxier l’économie chinoise mais plus maline elle contourne les restrictions. Les deux puissances restent, malgré tout, économiquement dépendantes l’une de l’autre, même avec cette rivalité commerciale.

Bras de fer silencieux en mer de Chine

En toile de fond, ce sommet se déroule dans un contexte de défiance plus profond, notamment en mer de Chine méridionale. Pékin revendique la quasi-totalité de la zone et a transformé certains récifs en véritables bases militaires. L’US Navy mène, elle, régulièrement des opérations pour contester ces revendications.

Et le conflit iranien n'a pas mis cette tension en veille. De gigantesques zones d'exclusion aérienne ont été imposées par Pékin en mer de Chine méridionale et orientale entre le 27 mars et le 6 mai dernier. La Chine utilise ces points de friction comme des zones de test à faible coût. « Il n’y a pas d’autre usage possible que militaire, explique Benjamin Blandin, expert en sécurité maritime, à l’AFP. Cela peut être pour tirer des missiles, effectuer des exercices aériens, etc. On ne sait pas. » De quoi nourrir un nouveau foyer de tensions entre deux pays sur leurs gardes vis-à-vis de l'autre.

L'info en continu
16H
15H
13H
12H
11H
Revenir
au direct

À Suivre
/