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Incendies records, sécheresses extrêmes… l’ONU redoute une année 2026 « sans précédent » 

Par Tania Robieu

ECLAIRAGE SUD RADIO – Plus de 150 millions d’hectares ont déjà brûlé à travers le monde depuis le début de l’année 2026. Un niveau inédit qui inquiète fortement l’ONU et les scientifiques, alors que le retour d’El Niño pourrait encore aggraver les incendies et les sécheresses dans les prochains mois.

INCENDIE
En France, plus de 70.000 hectares ont déjà brûlé entre le 1er janvier et le 6 mai 2026 Zarzycka/NurPhoto) (Photo by Dominika Zarzycka / NurPhoto via AFP)

Entre vagues de chaleur, sécheresses à répétition ou encore incendies géants, l’année 2026 pourrait devenir un nouveau symbole de l’accélération du dérèglement climatique. L’Organisation des Nations unies (ONU) alerte sur une explosion des feux de végétation à l’échelle mondiale, dans un contexte de températures records et de conditions météorologiques qui sont de plus en plus extrêmes.

Plus de 150 millions d’hectares déjà partis en fumée !

Selon les données relayées par l’ONU le 12 mai, plus de 150 millions d’hectares ont déjà brûlé depuis le 1er janvier 2026 à travers le monde. Le Système d’information mondial sur les incendies (GWIS) estime d’ailleurs cette surface à environ 163 millions d’hectares au 6 mai, contre 110 millions en moyenne sur la même période entre 2012 et 2025.

Les chercheurs parlent d’une saison des feux qui démarre « très fort ». Les surfaces brûlées sont environ 50 % plus élevées que la moyenne habituelle pour cette période de l’année. Le précédent record depuis le début de la surveillance mondiale en 2012 aurait déjà été dépassé de 20 %. Face à cette situation, l’ONU prévient donc : « Nous pourrions nous diriger vers une année sans précédent marquée par des incendies mondiaux et des événements météorologiques records. »

Afrique, États-Unis… des incendies déjà hors normes

La situation est particulièrement préoccupante en Afrique de l’Ouest et dans le Sahel, où plusieurs pays enregistrent des niveaux record d’incendies. Les scientifiques évoquent un phénomène de « coup de fouet climatique » : en effet, des épisodes de fortes pluies favorisent la pousse de la végétation, avant que des périodes de sécheresse ne transforment cette végétation en combustible idéal.

Aux États-Unis aussi, les feux ont déjà atteint des niveaux historiques. Le Nebraska, la Floride ou encore la Géorgie ont été frappés par d’importants incendies depuis le début de l’année. En Chine, plus de 291.000 personnes ont été touchées par les flammes selon l’ONU.

En France de notre coté, plus de 70.000 hectares ont déjà brûlé entre le 1er janvier et le 6 mai 2026, contre environ 24.600 hectares en moyenne sur la même période ces dernières années. Même si l’hiver pluvieux a temporairement limité les risques dans certaines régions, les autorités restent vigilantes avant l’été.

Le retour d’"El Niño" inquiète les scientifiques

Autre facteur de préoccupation : le retour très probable du phénomène climatique El Niño dans les prochains mois. Ce phénomène naturel provoque un réchauffement inhabituel des eaux du Pacifique et vient bouleverser le climat dans plusieurs régions du monde, avec souvent davantage de chaleur, de sécheresse et donc un risque accru d’incendies.

Les chercheurs redoutent qu’un El Niño puissant, combiné au réchauffement climatique provoqué par les activités humaines, ne provoque des « extrêmes climatiques sans précédent ». L’Australie, le nord-ouest des États-Unis, le Canada ou encore l’Amazonie pourraient notamment connaître des conditions particulièrement propices aux mégafeux.

Des conséquences dramatiques pour la santé

Au-delà des dégâts matériels et environnementaux, les fumées des incendies représentent une menace majeure pour la santé publique. Selon les chiffres relayés par l’ONU, l’exposition aux fumées des feux de végétation provoquerait environ 339.000 décès chaque année dans le monde.

Les personnes âgées, les enfants ou les personnes souffrant de maladies respiratoires sont particulièrement vulnérables. Lors des gigantesques incendies en Australie en 2019-2020, les fumées avaient causé des centaines de décès supplémentaires et des milliers d’hospitalisations pour des problèmes respiratoires et cardiovasculaires.

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