Léo Schilperoord est le « patient zéro » de l'hantavirus des Andes. Celui par qui, la psychose mondiale autour de ce virus jusqu'alors méconnu a débuté. Et s'est propagé. Alors qu'il voyageait depuis 5 mois en Amérique du Sud avec sa femme, cet ornithologue néerlandais souhaitait observer un volatile rare, le caracara à gorge blanche, très prisé des passionnés.
Lui et sa femme, également passionnée par cette espèce d'oiseaux, décident donc de faire un arrêt à Ushuaia le 27 mars dernier, avant de prendre le navire de croisière MV Hondius - dont beaucoup de passagers étaient également des scientifiques ou des ornithologues - afin de rentrer en Europe.
Une décharge infestée de rats
Le couple se rend donc - sans le savoir - dans une décharge infestée de rats, porteurs du virus, au dessus de laquelle volent ces oiseaux. Dans cette ville de Patagonie, par son climat et sa flore particulière, il est en effet possible de voir des volatiles rares. Le problème : ils se trouvent dans des zones peu accessible ou très délabrée. C’est le cas du caracara à gorge blanche qui, attiré par les déchets, volait précisément au-dessus d’une décharge remplie de rats de riz pygmées à longue queue, porteur de la souche des Andes du hantavirus.
Des particules d'excréments ou d'urine inhalées
En examinant et en photographiant au plus près cette espèce, le couple néerlandais va donc respirer à son insu des particules d'excréments ou d'urine de rats de riz pygmées à longue queue. Et désormais, on le sait, c'est à travers cette inhalation que se transmet l’hantavirus à l’homme.
De la fièvre, des maux de tête, des douleurs à l'estomac... Quinze jours après cette « visite », le septuagénaire décède à bord du MV Hondius. Ses premiers symptômes avaient débuté le 6 avril. Sa femme, elle, décèdera une dizaine de jours plus tard dans les mêmes circonstances.