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« Jusqu'à 30 ou 40 % de mortalité » : que sont les hantavirus, à l’origine de trois morts sur une croisière ?

Par Quentin Barbaza

ÉCLAIRAGE SUD RADIO - Trois morts sur un bateau de croisière relancent l’attention sur les hantavirus, des virus rares transmis par les rongeurs. Symptômes, modes de transmission, risques et prévention : ce qu’il faut savoir sur cette infection potentiellement contagieuse entre humains.

Trois personnes sont décédés sur un navire de croisière, potentiellement à cause d'un foyer d'hantavirus © AFP

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état dimanche de trois morts liés à un présumé foyer d’infection au hantavirus, sur un navire de croisière dans l’Atlantique. Parmi les 149 autres passagers du bateau, deux nouveaux cas ont été confirmés ce mardi et cinq autre sont suspectés.

Le navire touché, le MV Hondius, originaire des Pays-Bas, reliait Ushuaïa à l’archipel du Cap-Vert. Tous les occupants sont toujours confinés à bord. Le paquebot n’a pas été autorisé à accoster dans le port de Praia, capitale cap-verdienne. Même si selon l'OMS, les autorités espagnoles ont accepté de recevoir le navire aux Canaries. Les victimes décédées sont un couple de Néerlandais et un Allemand. L'incertitude règne toujours sur l’origine de la contamination.

Un virus transmis principalement par les rongeurs

Les hantavirus constituent une famille de virus transmis à l’être humain essentiellement par des rongeurs infectés. « C’est possible que des rats contaminés soient montés à bord et aient touché la nourriture des passagers avec leurs urines ou leurs excréments. La contamination survient le plus souvent par inhalation de particules », explique Antoine Flahault, épidémiologiste à l'hôpital Bichat.

Mais « il y a très peu de contaminations interhumaines, rassure-t-il. Il n'y a que dans de très rares cas, certaines souches, notamment celle des Andes, qui peuvent se transmettre entre humains ». Et là est la clé du problème pour les autorités sanitaires, car la croisière vient d'Argentine. Une zone où « le virus est endémique et circule », selon Antoine Flahault.

Pneumonies, fièvres hémorragiques, grippe...

L’infection peut provoquer plusieurs formes de maladies : « des pneumonies pouvant être extrêmement graves voire des fièvres hémorragiques. Lorsqu’on a des signes pulmonaires le risque de mortalité est très élevé, jusqu'à 30 ou 40 % », selon l'épidémiologiste

Les premiers symptômes ressemblent souvent à une grippe (fièvre, douleurs musculaires), avant d’évoluer vers des complications respiratoires ou cardiaques potentiellement mortelles.

Moins virulents que les coronavirus

À ce jour, il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique contre les hantavirus. La prise en charge repose sur le traitement des symptômes et la réanimation dans les cas graves. « Le risque sur cette croisière, c'est la promiscuité et le fait qu’il y ait beaucoup de personnes âgées à bord. Elles ont un métabolisme plus fragile, un déficit immunitaire lié à l’âge », s'inquiète Antoine Flahault.

Pour rassurer, le professeur de l'hôpital Bichat affirme que « les hantavirus ne sont pas très fréquents. Beaucoup moins virulents que les coronavirus par exemple. Ils existent en Europe, il y a des souches avérées aux Etats-Unis largement connues de l'OMS. » Actuellement des équipes sanitaires sont sur place pour s'inquiéter de l'état psychologique des passagers.

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