Après l'artisanat, les transporteurs, les taxis, les agriculteurs, les pêcheurs, les propriétaires de camping-cars (liste non exaustive), la guerre au Moyen-Orient pourrait avoir une incidence sur l'industrie de la viande en France. Alors que la viande est aujourd'hui « avant tout un produit plaisir » selon Véronique Langlais, présidente du Syndicat des bouchers à Paris, elle pourrait devenir un produit encore plus rare avec la guerre contre l'Iran et l'embrasement de tout le Moyen-Orient.
L'industrie de la viande sera-t-elle la prochaine victime collatérale ? « Avec l'augmentation du prix du carburant, les éleveurs peuvent être directement impactés, car leur activité dépend fortement des machines et du matériel agricole. On pourrait alors entrer dans une situation plus compliquée », révèle la présidente du Syndicat des bouchers à Paris.
« Cela pourrait se ressentir dans un mois ou deux »
A cette heure, l'industrie de la viande française semble épargnée par cette crise. Mais si elle s'inscrit à court terme, dans la durée, les conséquences pourraient se faire ressentir. « Le conflit est encore trop récent pour avoir un impact visible sur les prix de la viande, explique Véronique Langlais. Cela pourrait se ressentir dans un mois ou deux. »
En revanche, « sur certains produits alimentaires, notamment via la logistique ou les engrais, il peut y avoir des conséquences indirectes », révèle-t-elle. Et ce ne serait pas la première fois, puisque la guerre en Ukraine avait produit des effets similaires « notamment sur les engrais et certaines filières comme la volaille. »
Une situation de plus en plus « compliquée »
Une incertitude demeure donc dans la filière. Déjà touchée par une politique défavorisante à l'égard d'autres pays : « Les éleveurs français respectent des normes très strictes, souvent supérieures à celles imposées ailleurs, ce qui a un coût. Face à des produits importés, notamment d'Amérique ou d'Océanie, cette qualité n'est pas toujours valorisée. », la situation pourrait devenir « compliquée » selon Véronique Langlais.
Mais « la demande reste forte », nuance-t-elle avant de préciser : « si la filière française est plus chère, il faut la soutenir, car elle garantit des pratiques vertueuses et une meilleure qualité. »