Pelé, le roi éternel
4 participations (1958, 1962, 1966, 1970) – 12 buts – 3 titres
À seulement 17 ans, Pelé choque la planète en 1958, inscrivant six buts, dont un triplé contre la France en demi-finale et un doublé en finale. Déjà En 1962, une blessure au deuxième match le prive d'un tournoi que le Brésil remporte tout de même avant de rentrer dans définitivement dans la légende en 1970, au Mexique, grâce son but de la tête en finale contre l'Italie. Trois titres mondiaux qu’aucun joueur n'a jamais égalés presque soixante ans plus tard.
Diego Maradona, la main de Dieu
4 participations (1982, 1986, 1990, 1994) – 8 buts – 8 passes décisives – 1 titre
Il y a des performances sportives qui dépassent le cadre du sport. Le 22 juin 1986 face à l'Angleterre à Mexico, Diego Maradona offre au monde entier deux buts qui résument à eux seuls son génie : la « Main de Dieu », inscrite de la main gauche en trompant l’arbitre, et le « But du siècle », avec une course de 71 mètres parcourus en onze secondes, cinq joueurs anglais évités et un gardien crucifié. Deux buts légendaires contre l'Angleterre, quatre ans après la guerre des Malouines, qui font entrer à eux seuls Diego au panthéon de la Coupe du monde.

Zinédine Zidane, le héros français
3 participations (1998, 2002, 2006) – 5 buts – 3 passes décisives – 1 titre
12 juillet 1998, Stade de France. Zinédine Zidane, inscrit deux buts de la tête dans les 30 premières minutes contre la grande équipe brésilienne de Ronaldo. La France remporte son premier titre mondial et Zizou devient le héros d'une génération entière. En 2006, à trente-quatre ans, il revient d'une retraite internationale pour mener la France jusqu'en finale. Il est élu meilleur joueur du tournoi après une panenka et une expulsion mythique en finale pour avoir donné un coup de boule dans la poitrine de Marco Materazzi. Une finale finalement perdue aux tirs au but contre l'Italie qui reste la dernière image de sa carrière.
Franz Beckenbauer, le kaiser
3 participations (1966, 1970, 1974) – 5 buts – 1 titre comme joueur (1974) – 1 titre comme sélectionneur (1990)
Franz Beckenbauer est le premier homme de l'histoire à avoir remporté la Coupe du Monde comme joueur, en 1974, à domicile, et comme entraîneur en 1990, avant un certain Didier Deschamps. « Der Kaiser », l’Empereur, est l'inventeur du libéro moderne, ce défenseur central directement impliqué dans la construction du jeu, monte au milieu de terrain, lance les attaques. Avant Beckenbauer, les défenseurs défendaient. Après lui, tout est possible. En 1966, il est finaliste avec l'Allemagne, battue par l'Angleterre. En 1970, il participe à un des plus grands matchs de l'histoire de la Coupe du Monde, la demi-finale Italie-Allemagne (4-3 après prolongation), en jouant une grande partie du match avec une fracture à l'épaule, le bras en écharpe.
Ronaldo, le phénomène
4 participations (1994, 1998, 2002, 2006) – 15 buts – 2 titres
Pendant douze ans, de 2002 à 2014, Ronaldo a détenu le record du nombre de buts inscrits en Coupe du monde. Quinze réalisations en dix-neuf matchs sur quatre participations. Champion du monde à 17 ans en 1994, il n'a pas joué une seule minute de la finale mais fait partie du groupe. En 1998, il est le meilleur joueur du monde et Ballon d’or en titre et mène le Brésil jusqu'en finale contre la France, avant une performance fantomatique et une défaite 3-0.
Par la suite, après deux ruptures des ligaments croisés, des années de galère Ronaldo fait son retour en 2002 et inscrit huit buts dans le tournoi dont deux en finale contre l’Allemagne d’Oliver Khan pour ce qui est encore le dernier titre mondial de l’histoire du Brésil. La même année, il est même sacré Ballon d’or pour la seconde fois.

Lionel Messi, la rédemption
5 participations (2006, 2010, 2014, 2018, 2022) – 13 buts – 8 passes décisives – 1 titre
Pendant seize ans, la relation de Lionel Messi avec la Coupe du monde a été le feuilleton le plus angoissant du football mondial. Chaque tournoi apportait son lot de déceptions, de critiques, de comparaisons cruelles avec Maradona. 2006 : éliminé en quart. 2010 : éliminé en quart. 2014 : finaliste, battu par l'Allemagne en prolongation. 2018 : éliminé en huitièmes.
Et puis 2022 arrive, et avec lui la réconciliation d'un peuple avec son fils prodige. A 35 ans, Messi livre le tournoi de sa vie au Qatar. Sept matchs, sept victoires. Sept buts, trois passes décisives. Une finale contre la France qui entrera dans l'histoire des plus grands matchs de la Coupe du monde : 3-3 après prolongation, victoire aux tirs au but. Messi inscrit deux buts. Avec 26 matchs disputés en cinq Mondial, Messi détient le record de participations à la phase finale du tournoi. Avec un bilan de 13 buts et 8 passes décisives, il pourrait même dépasser un certain Miroslav Klose, toujours meilleur buteur de l’histoire de la compétition.
Johan Cruyff, l’éternel second
1 participation (1974) – 3 buts – Finaliste
Une seule Coupe du monde aura suffi à Johan Cruyff pour marquer l'histoire. En 1974, il est la tête de gondole du « football total » néerlandais, où chaque joueur peut occuper tous les postes. Sa célèbre « Cruyff Turn » devient immédiatement iconique et son influence dépasse largement les résultats. Malgré une finale perdue contre l'Allemagne de Beckenbauer et Gerd Muller, il est élu meilleur joueur du tournoi, remporte le ballon d’Or quelques mois plus tard et laisse derrière lui un héritage tactique immortel.

Gerd Müller, le bombardier
2 participations (1970, 1974) – 14 buts – 1 titre
Gerd Müller est le prototype du tueur de surfaces de réparation. Le « Bombardier de la nation » est le surnom qui colle à sa peau depuis qu'il inscrit dix buts lors de la Coupe du Monde 1970 au Mexique qui lui valent le soulier d’or. En 1974, il devient champion du monde à domicile et ajoute encore quatre buts à son total, dont le but de la victoire en finale contre les Pays-Bas. Son bilan final de 14 buts en 13 matchs reste le record absolu pendant trente-deux ans, jusqu'à ce que Ronaldo le dépasse en 2006.
Garrincha, l'invincible
3 participations (1958, 1962, 1966) – 5 buts – 2 titres
Né avec les jambes déformées, Garrincha est devenu l'un des dribbleurs les plus iconiques de tous les temps. Au-delà des titres, son palmarès est surtout de ne jamais avoir perdu en Coupe du monde. Sur l'ensemble des rencontres auxquelles il participe en 1958, 1962 et 1966, le Brésil ne perd pas un seul match en sa présence. En 1962, année où Pelé se blesse dès le deuxième match, c'est lui qui porte le Brésil sur ses épaules et mène la Seleção vers son deuxième titre consécutif, au point d’être élu meilleur joueur du tournoi.
Miroslav Klose, le canonnier
4 participations (2002, 2006, 2010, 2014) – 16 buts – 1 titre – 4 podiums
Si son nom est moins clinquant que les noms précédents, Miroslav Klose a bâti sa légende grâce à une régularité exceptionnelle. De 2002 à 2014, il inscrit des buts lors de quatre Coupes du monde consécutives et participe à quatre podiums d'affilée avec l’Allemagne, un record. En demi-finale du Mondial 2014 face au Brésil, il marque son 16e but dans la compétition et dépasse définitivement Ronaldo au sommet du classement des buteurs. Quelques jours plus tard, à 36 ans, il devient champion du monde et entre définitivement dans l'histoire.... à moins que Kylian Mbappé ne fasse tomber son record aux États-Unis et remplacerait de facto l'Allemand dans ce club très fermé des immortels de l'histoire de la Coupe du monde.