Émeutes après la victoire du PSG, coût des dégradations, aides aux carburants, crise au Moyen-Orient, déficit public, économies budgétaires, dépenses sociales, retraites et budget 2027. Au micro de Sud Radio, David Amiel a répondu aux questions de Maxime Lledo.
Violences après le sacre du PSG : "Il faut que les casseurs paient"
Maxime Lledo pour Sud Radio : Après les violences urbaines survenues à Paris et dans plusieurs villes de France, combien les Français vont-ils devoir payer pour réparer les dégâts ?
David Amiel : “On a tous été écœurés par les émeutes qui se sont déroulées après la victoire du PSG et qui ont gâché la fête de très nombreux Français. Il y a eu environ 900 interpellations, et il faut évidemment que les casseurs paient. Ce sera le cas, parce que des consignes ont été passées par le Premier ministre aux différents ministères pour continuer à renforcer cela. Ce n’est pas aux Français de payer, c’est aux casseurs de le faire.”
Pouvez-vous chiffrer précisément les dégâts causés par ces violences ?
“Les chiffrages sont en cours et je ne peux pas vous donner de chiffre ce matin. C’est une affaire trop sérieuse pour qu’on donne ici des approximations ou qu’on commente des montants qui circulent. Dès que ces chiffres seront connus, je les rendrai publics. L’essentiel, c’est que cela ne doit pas être l’argent des Français, mais celui des casseurs.”
Concrètement, comment faire payer les casseurs ?
“Il faut les taper au portefeuille. La première chose, c’est de pouvoir les interpeller, et c’était l’enjeu du dispositif policier record mis en place samedi soir. Ensuite, il faut qu’il y ait des condamnations et des suites judiciaires. Puis il faut regarder comment tout cela peut être saisi, et c’est ce que nous travaillons avec l’ensemble des ministres concernés.”
🗣️@Amiel_David_ : "Nous avons tous été écœurés par les émeutes. Il faut que les casseurs paient, et non avec l'argent des Français ! Taper au portefeuille, c'est à l'étude" #GrandMatin
➡️Suivez le direct : https://t.co/QKa5Efuc2W
☎️Réagissez au 0 826 300 300 pic.twitter.com/KoAzbgASB4— Sud Radio (@SudRadio) June 5, 2026
L’idée de prélever sur certaines aides sociales des casseurs est-elle sérieusement étudiée ?
“Oui, bien sûr. À la demande du Premier ministre, nous regardons comment on peut saisir sur un certain nombre de revenus, y compris les prestations sociales en dehors du reste à vivre. Il faut chercher l’argent des émeutiers, quelle que soit leur source de revenus. Les casseurs doivent payer, et c’est bien ce qui est en cours.”
"Le coût de la crise au Moyen-Orient sera de plus de 6 milliards d’euros"
La crise au Moyen-Orient pèse aussi sur les finances publiques. Le coût pour l’État pourrait-il atteindre 10 milliards d’euros ?
“On sera à plus de 6 milliards d’euros de coût de la crise, et c’est très important de le dire. Beaucoup de gens ont expliqué que l’État s’enrichissait avec cette crise, mais en réalité elle appauvrit tout le monde. Elle appauvrit les Français, les entreprises, et elle représente aussi un coût très dur pour les finances publiques. Il faut aider les Français, mais ces aides doivent être financées.”
🗣️@Amiel_David_ : "Le coût de la crise au Moyen-Orient sera de plus de 6 milliards d'euros. Elle appauvrit tout le monde. Il faut aider les Français en faisant des économies" #GrandMatin
➡️Suivez le direct : https://t.co/QKa5Efuc2W
☎️Réagissez au 0 826 300 300 pic.twitter.com/Cic3ChfYqG— Sud Radio (@SudRadio) June 5, 2026
Les aides aux carburants vont-elles continuer si le conflit se prolonge ?
“Le 1,4 milliard d’euros annoncé prend en compte les aides mises en place entre mars et juin, puis prolongées pour l’ensemble de l’été. Nous adapterons évidemment le dispositif en fonction de l’évolution du conflit, afin de continuer à aider les Français qui en ont besoin tout en faisant des économies. Il y a déjà 700.000 personnes qui ont demandé le soutien de 100 euros parce qu’elles travaillent loin de leur domicile et ont besoin de leur voiture. Toutes ces aides seront financées à l’euro près.”
Pourquoi insistez-vous autant sur le financement de ces aides ?
“Parce que si l’on faisait exploser la dette et les déficits aujourd’hui, cela ferait exploser les impôts demain. Le gouvernement s’y refuse. Trop souvent, des responsables viennent annoncer des aides immédiates, puis la dette augmente et d’autres reviennent ensuite pour augmenter les impôts. Je refuse de promettre aujourd’hui d’une main ce que d’autres viendraient reprendre demain de l’autre.”
"S’il n’y a pas de mesures, oui, le déficit explosera !"
Le déficit public pourrait-il grimper jusqu’à 6,2% du produit intérieur brut en 2027 sans correction immédiate ?
“Les chiffres et les risques pour le déficit en 2027 seront rendus publics. Nous avons missionné quatre économistes indépendants, ce qui est complètement inédit, pour établir un rapport qui sera rendu au mois de juillet. Ce rapport montrera précisément ce qui se passe si l’on ne fait pas d’économies en 2027, en 2028, en 2029 et en 2030. Et oui, évidemment, s’il n’y a pas de mesures, le déficit explosera.”
L’objectif de maintenir le déficit autour de 5% est-il toujours tenu ?
“Oui. La raison pour laquelle nous prenons ces mesures d’économie, qui sont difficiles et suscitent des critiques, c’est précisément de tenir cet objectif de 5% de déficit en 2026. Les projections alarmantes sont faites à politique inchangée, c’est-à-dire si le gouvernement n’agissait pas. Le gouvernement agit justement pour éviter ces scénarios catastrophes.”
Certains dénoncent un manque de sincérité budgétaire et réclament une loi de finances rectificative. Pourquoi ne pas passer par un vote ?
“Ceux qui réclament une loi de finances rectificative le font parce qu’ils veulent augmenter les impôts. Les mesures d’économie peuvent être prises par voie réglementaire, et c’est ce que nous avons fait. Ce qu’on ne peut pas faire sans loi de finances rectificative, c’est augmenter massivement les impôts. Ce n’est pas la ligne du gouvernement.”
Pouvez-vous garantir qu’il n’y aura pas d’augmentation d’impôts pour les classes moyennes et populaires ?
“J’ai fait partie d’une majorité qui a supprimé la taxe d’habitation et qui a refusé d’augmenter l’impôt sur le revenu. Nous n’augmenterons pas les impôts des classes moyennes et des classes populaires. C’est notre ligne depuis dix ans, et nous n’en changeons pas. La réponse à la crise ne peut pas être d’alourdir massivement la fiscalité des Français.”
"La classe politique fait l’autruche en matière de dépenses publiques"
Quand vous parlez d’économies, où faut-il couper ?
“En matière de finances publiques, il y a plus de croyants que de pratiquants. Beaucoup de responsables réclament des économies en gros, mais les refusent dans le détail. Pour cette année, nous avons demandé à l’ensemble des ministères de faire des efforts, parce que dans cette crise qui frappe les Français et les entreprises, l’État aussi doit se serrer la ceinture. Les décrets d’annulation et de surgel ont été transmis au Parlement avec le détail ministère par ministère.”
Le non-remplacement de fonctionnaires est-il une piste sur la table ?
“Je pense d’abord qu’il ne faut pas se tromper de diagnostic. La raison pour laquelle les dépenses publiques augmentent depuis 50 ans, c’est d’abord en raison des dépenses sociales. 80% de l’augmentation de la dépense publique depuis 50 ans vient des retraites et de la santé. C’est sur ces deux sujets que je veux faire la transparence.”
Comment rendre cette dépense plus lisible pour les Français ?
“Les Français doivent savoir où vont leurs impôts et leurs cotisations. Je souhaite que lorsqu’on sort d’un rendez-vous chez un médecin, d’une pharmacie ou d’un centre de santé, on puisse recevoir immédiatement un SMS indiquant combien cela a coûté et combien la Sécurité sociale a remboursé. À l’hôpital, cela prendra plus de temps parce que les développements informatiques sont plus longs. Cette prise de conscience est indispensable, et nous travaillons à des progrès très concrets dès les prochains mois.”
Estimez-vous que les Français ne sont pas assez conscients du coût de la santé ?
“Je pense que les Français en sont très conscients. En revanche, je pense que la classe politique fait l’autruche en matière de dépenses publiques et refuse de voir la réalité de la situation. Je ne serai pas le ministre qui mettra la poussière sous le tapis, ni sur les causes de la dépense publique, ni sur l’état des finances. Depuis le début de cette crise, nous faisons preuve d’une transparence inédite, notamment en publiant régulièrement l’évolution des recettes.”
"Le budget 2027 nécessitera un compromis"
Faut-il s’attaquer aux retraites les plus élevées pour maîtriser la dépense publique ?
“Concernant le diagnostic général, 80% de l’augmentation de la dépense publique depuis 50 ans vient des dépenses sociales. Quand on parle de dépenses sociales, il s’agit d’abord des retraites et de la santé. J’ai défendu une réforme des retraites il y a quelques années, mais il n’y a plus de majorité au Parlement pour la poursuivre. Oui, il faut s’attaquer dans les prochains mois et les prochaines années à l’explosion de la dépense sociale, qui n’est pas soutenable.”
Une réflexion sur les retraites les plus aisées vous paraît-elle légitime ?
“Cela fait partie des débats qui ont déjà eu lieu au Parlement. À l’évidence, ce n’est pas un sujet délirant. Ces débats continueront, notamment dans la perspective de l’élection présidentielle de 2027. Tous les débats sont légitimes dès lors qu’ils visent à maîtriser l’explosion de la dépense publique.”
Le prochain budget pourrait-il être adopté par ordonnance ?
“Le prochain budget nécessitera un compromis. Il est extrêmement important de le répéter, parce qu’on voit bien la tentation des uns et des autres de faire de ce dernier budget du mandat un meeting politique ou un tract électoral. Pour cela, il y aura l’élection présidentielle, où chaque force politique pourra présenter ses choix aux Français. Mais nous avons besoin d’un budget, car sans budget l’année prochaine, s’il y a une crise, nous ne pourrons pas aider les Français comme nous le faisons aujourd’hui.”
Quelle est votre priorité pour ce budget 2027 ?
“Ma priorité est de construire les conditions politiques qui permettront d’avoir un budget et de réduire le déficit. Il ne s’agit pas de régler des comptes idéologiques, mais de répondre à ce que l’on doit aux Français. Avoir un budget et réduire le déficit sont nos deux priorités. Le budget 2027 nécessitera un compromis.”
Retrouvez "L’invité politique" chaque jour à 8h15 dans le Grand Matin Sud Radio
Cliquez ici pour écouter "L’invité politique"
Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !