Un début d’été sous canicule, des envies de mer, et une question qui s’impose désormais dans de nombreux foyers : la voiture électrique est elle vraiment prête et adaptée aux vacances ? Oui… mais pas partout, et pas n’importe comment. C’est ce que révèle l’analyse menée début juillet par Beev, spécialiste français de l’accompagnement vers le véhicule électrique, qui a passé au crible les villes de France, côtières ou pas, pour mesurer leur véritable maturité en matière de mobilité décarbonée.
« L’autonomie, aujourd’hui, n’est plus le sujet principal, estime Solal Botbol, cofondateur et PDG de Beev, pour qui le débat s’est déplacé. Le vrai enjeu, c’est l’expérience globale une fois arrivé à destination. Vous pouvez avoir 500 km d’autonomie, mais si vous ne pouvez pas recharger facilement ou vous garer à votre arrivée, le séjour se complique. »
Beev a donc développé un éco score inédit, qui ne se limite pas au nombre de bornes disponibles. Il intègre la puissance des infrastructures, leur accessibilité, les conditions de stationnement et les politiques locales.
Un classement qui bouscule les idées reçues
Pour établir son classement, Beev a croisé trois piliers : recharge, stationnement et politiques locales. Cette approche révèle un décalage entre attractivité touristique et maturité électrique. « Être une destination touristique reconnue ne signifie pas automatiquement être prête pour la mobilité électrique. Certaines villes très équipées ne sont pas forcément les mieux classées. Ce qui compte, c’est la cohérence de l’écosystème, pas juste les volumes. »
Beev appelle à un maillage cohérent entre métropoles, villes étapes et stations balnéaires. « La meilleure destination électrique sera demain celle qui aura pensé toute la chaîne du voyage. De la recharge au départ jusqu’aux déplacements une fois arrivé. »
Le Top 10 des villes les plus adaptées à la voiture électrique :
- 1er : MARSEILLE avec 1220 bornes et éco-score de 3,2/5
- 2e : BORDEAUX avec 1179 bornes et 3,2/5
- 3e : RENNES avec 375 bornes et 2,3/5
- 4e : NANTES avec 256 bornes et 2,3/5
- 5e : TOULON avec 241 bornes et 2,3/5
- 6e : MONTPELLIER avec 318 bornes et 1,8/5
- 7e : LE HAVRE avec 62 bornes et 1,7/5
- 8e : NIMES avec 480 bornes et 1,7/5
- 9e : LA ROCHELLE avec 295 bornes et 1,5/5
- 10e : NICE avec 988 bornes et 1,3/5
« Toutes les bornes ne se valent pas »
Si de nombreuses villes du littoral affichent un parc de bornes conséquent, la qualité de l’expérience varie fortement. « Ce qui compte, ce n’est pas seulement leur nombre, mais leur puissance et leur accessibilité réelle. En été, la demande explose, et certaines infrastructures saturent très vite. Les villes les mieux classées sont celles qui anticipent ces pics avec des bornes rapides bien réparties. »
Selon Beev, la répartition et la puissance des bornes sont désormais des critères aussi importants que leur quantité.
« Le stationnement est clairement le grand oublié »
Autre enseignement : le stationnement joue un rôle déterminant dans la qualité du séjour. « Une borne, c’est bien, mais encore faut il pouvoir se garer pour l’utiliser. Dans des zones touristiques saturées, ça devient vite un casse tête. Les villes qui facilitent le stationnement des véhicules électriques créent un vrai avantage. Gratuité, places dédiées, accessibilité : ce sont des leviers très concrets. » Beev souligne que ce critère, rarement mis en avant, peut pourtant transformer l’expérience du vacancier.