Manque de moyens, horaires à rallonge, le syndicat majoritaire des policiers, Un1té, est reçu ce vendredi, au ministère de l’Intérieur. Sur fond de ras-le-bol général, une manifestation est prévue le 15 septembre 2026. Les forces de l’ordre attendent des avancées concrètes, avec notamment, une revalorisation des salaires, au cœur du débat. Dans le même temps, les sapeurs-pompiers, éprouvés par cet été incendiaire, ont déposé un préavis de grève, prévue à partir du 8 septembre.
À Marseille, policiers, cafards et rats cohabitent dans les vestiaires
Vols de sac à main, bagarres entre voisins,... Mais en 2026, le rôle du policier a bien changé. Plus d’opération "coup de poing" dans la rue, les forces armées sont sommées de concentrer leur travail sur le trafic de stups. Une obsession française qui ne plaît pas à la police, surtout marseillaise. Capitale du trafic, ses policiers, surmenés, ont cessé tout contrôles jusqu’à nouvel ordre, faute d’être entendus.
On a des voitures qui sont pourries, on a des beaux locaux sur certains secteurs, mais on a des locaux pourris sur d'autres. Les collègues ne peuvent même pas se changer dans les vestiaires sous peine de voir des rats, des cafards. C'est complètement délabré", rapporte au micro de Sud Radio, Arnaud Blaise, référent Un1té des quartiers nord. Et dans ces conditions, difficile d’imaginer poursuivre correctement les activités.
Un manque humain et matériel
En sous-effectif, la police doit également se contenter d’équipement qui "laisse à désirer" et doit parfois improviser, faute de matériel. Chaussures, jumelles, lampes, face au mur, certains policiers sortent même leur carte bleue pour ne pas être démunis. Les policiers refusent d'être la variable d'ajustement des contraintes budgétaires. Cette réunion avec Laurent Nuñez est donc décisive, annoncent les syndicalistes.
📣 RDV MINISTÉRIEL : La colère des agents du Ministère de l'intérieur et des Policiers, incomprise ! 😠
— UN1TÉ (@UN1TE_policenat) September 4, 2026
UN1TÉ a été reçu ce jour par le ministre de l’Intérieur, rendez-vous qui n’existe que parce qu’UN1TÉ, seul, a révélé la réforme de la grille indiciaire des commissaires. Sans… pic.twitter.com/U0PfcW65J3
Les pompiers, mis à nus face aux flammes
Les flammes sont éteintes, mais la colère des sapeurs-pompiers est brûlante. Filtres usés, équipements abîmés, les soldats du feu affrontent les flammes, presque à nus. Sur TF1, Xavier Boy s’indigne : "On se retrouve avec encore des cagoules d’ancienne génération qui ne filtrent rien. [..] On va au feu avec rien qui nous protège les voies aériennes." Les pompiers manquent de moyens, mais également de temps. A bout, ils sont donc décidé de déposer un préavis de grève la semaine prochaine, à compter du 8 septembre.
Un élargissement du métier, impossible à tenir
Si 10 % de leur activité concerne les feux, les pompiers sont au chevet des personnes isolées, au domicile de malades, parfois même, dépêchés en renfort auprès des ambulanciers. Un rôle "couteau suisse" difficile à assumer. Face à la hausse d’interventions, les pompiers volontaires, quatre fois plus nombreux que leurs confrères professionnels, gonflent les rangs. Problème ? Payés en indemnités, 4 à 8€ de l’heure, leur rémunération scandalise. Les syndicats demandent l’intégration en filière professionnelle de ces volontaires formés et engagés.