Les frais bancaires concernent tous les clients, mais leur montant annuel reste difficile à évaluer, même si la fourchette oscille entre 200 et 230 € par an. La raison : ils sont répartis entre de nombreuses petites lignes qui apparaissent au fil des relevés bancaires.
Parmi les principaux frais figurent la tenue de compte, généralement facturée entre 2 et 3 euros par mois, la carte bancaire, qui coûte en moyenne entre 40 et 60 € par an, ou encore les alertes SMS, pouvant atteindre 2 € mensuels selon les établissements. À ces dépenses s’ajoutent les frais liés aux incidents bancaires. Une commission d’intervention peut ainsi atteindre 8 € par opération, avec un plafond mensuel fixé à 80 € pour les clients considérés comme fragiles.
Un système qui soulève une question : les personnes disposant des revenus les plus faibles sont-elles aussi celles qui supportent le plus lourdement les frais bancaires ?
« Les gens les plus fragiles financièrement » particulièrement touchés
Pour Matthias Renault, député RN et rapporteur d'une proposition de loi portant sur plusieurs mesures de justice pour limiter les frais bancaires injustes, le problème se situe notamment dans l’encadrement des frais d’incidents bancaires. « Il y a une réglementation qui est parcellaire, il y a des plafonnements par opération. En revanche, il y a un vrai problème sur les frais d'incidents bancaires. Et là, ça touche vraiment les gens les plus fragiles financièrement », explique-t-il.
Selon des associations de consommateurs qu’il cite, entre « 4 et 6 millions de personnes » seraient concernées chaque mois par des incidents bancaires. Le député pointe également l’accumulation des frais lorsqu’un client se retrouve à découvert. « Pour chaque opération, vous allez payer une commission d’intervention. Vous le payez le lundi, le mardi, le mercredi. Et ensuite, vous payez des frais de refus d'exécution en plus de la commission d'intervention », détaille-t-il.
Face à cette situation, Matthias Renault défend un plafonnement global des frais d’incidents : « Ce qu'on a essayé de faire au Parlement, c'est de réglementer ça pour que la totalité des frais d'incidents soient plafonnés. »
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— Sud Radio (@SudRadio) September 4, 2026
💰 @MatthiasRN : "Le principal problème sont les commissions d'intervention. On essaye de réglementer au Parlement"
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Une réforme déjà votée, mais restée sans suite
Il rappelle que la question avait déjà été mise sur la table lors de la crise des gilets jaunes, avec un engagement d’Emmanuel Macron sur l’encadrement des frais bancaires. Une proposition de loi a depuis été adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale, sans toutefois aller au bout de la procédure. « Ce texte a été voté en première lecture et ensuite, ce n'est pas allé au bout », regrette-t-il.
Selon lui, un accord existe pourtant sur le principe d’un plafonnement global : « Il y a une sorte de consensus à l’Assemblée, au moins pour plafonner globalement les frais d'incidents bancaires. »
Des banques françaises aux bénéfices records
Cette question intervient alors que les grandes banques françaises affichent des résultats particulièrement élevés. Pour Matthias Renault, il est alors difficile de justifier une opposition à une régulation renforcée au nom de la fragilité économique du secteur. Le député rapporte notamment les arguments avancés « la Fédération bancaire française » qui « saute au plafond quand on cherche à réglementer ça » et « dit “mais attention, on va fermer nos petites agences de proximité”. »
Un argument qu’il conteste en s’appuyant sur les résultats du secteur : « Les cinq plus grandes banques françaises ont fait 35 milliards d'euros de bénéfices en 2025, donc tout va bien pour elles ». La question reste donc posée : comment expliquer le niveau des frais bancaires français alors que les principaux établissements affichent une telle rentabilité ?
Les banques en ligne, une bonne alternative ?
Face aux banques traditionnelles, les banques en ligne pourraient constituer un autre levier de pression. Leurs tarifs sont généralement plus faibles. « Même sur les frais d'incidents, pour les commissions d'intervention, la plupart d'entre elles, c'est zéro euro », souligne Matthias Renault. Pour le député, cette concurrence pourrait finalement contraindre les banques traditionnelles à revoir leurs pratiques, même en l’absence de nouvelle réglementation : « Si on ne réglemente pas, la solution ou la pression pour les très grandes banques sera peut-être les banques en ligne. D'une certaine façon, la réglementation pourrait les aider ».