Donald Trump en veut toujours plus. Depuis quelques semaines et encore plus ces derniers jours, les tractations diplomatiques s'intensifient entre les Etats-Unis et l'Iran en vue d'un accord durable. Alors que la paix pouvait être scellée si Téhéran renonçait à l'arme nucléaire ou à l'enrichissement d'uranium, une nouvelle condition a été posée sur la table. Elle est même au cœur des débats : la signature des Accords d'Abraham par certains pays du Moyen-Orient, notamment l'Arabie Saoudite et le Qatar.
« J'ai déclaré qu'après tout le travail effectué par les États-Unis pour tenter de résoudre cette situation très complexe, tous ces pays devraient être obligés, au minimum, de signer simultanément les Accords d'Abraham », a déclaré le président des Etats-Unis sur ses réseaux sociaux. Mais pourquoi ces accords, signés pour la première fois en 2020, reviennent-ils au cœur de la discussion ?
Israël comme pion central
Les Accords d'Abraham – qui portent le nom du prophète commun aux trois religions monothéistes - sont un ensemble de traités visant à normaliser les relations entre les pays à majorité musulmane et Israël. Le premier traité a été signé en 2020 à la Maison-Blanche et concernait les Émirats arabes unis et Israël. Après, se sont ajoutés Bahreïn, puis le Soudan, le Maroc et dernièrement le Kazakhstan.
« Une trahison méprisable » pour les Palestiniens
C'est évidemment symbolique, puisqu'en signant ces accords, ces pays reconnaissent l'État d'Israël. Une vision qui n'est pas partagée par tous les pays musulmans. Les représentants palestiniens voient même ces accords comme une « trahison méprisable ».
Mohammed Ben Salman, le prince héritier saoudien, avait, lui, déclaré en novembre : « Nous souhaitons faire partie des Accords d'Abraham. Mais nous voulons également nous assurer que la voie vers une solution à deux États est clairement tracée. » D'autres pays ne reconnaissent même pas l'existence d’Israël.
Un « boom » économique et commercial
Au-delà des relations diplomatiques, ces accords visent aussi (et surtout ?) à nouer des objectifs commerciaux . Donald Trump a d'ailleurs annoncé que ces accords étaient à l'origine d'un « boom financier, économique et social, même en ces temps de guerre et de conflit », justifiant ainsi, auprès des pays pas encore signataires, la ratification d'un traité pour normaliser leurs relations avec Israël.
Ne pas s'attirer les foudres de l’Iran
A l'heure actuelle, beaucoup de nations refusent de signer les Accords d'Abraham : un acte considéré comme une trahison pour une partie du peuple arabe qui œuvre pour une solution à deux États. Et puis, parapher ce traité, ce serait le meilleur moyen de s'attirer les foudres de l'Iran, comme peuvent en témoigner les Emirats Arabes Unis : des signataires devenus l'une des cibles prioritaires du régime des Mollahs après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février dernier.