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Guerre au Moyen-Orient : un pèlerinage à La Mecque sous haute tension

Par Elliott Léonard

Le grand pèlerinage annuel vers La Mecque a débuté il y a 48 heures pour un million et demi de musulmans. Ce hajj 2026 se déroule jusqu'à ce samedi dans un contexte international particulier lié à la guerre au Moyen-Orient.

Mont Arafat (Photo by ALI ATMACA / Anadolu via AFP)

Depuis ce matin et par 45°C, les pèlerins se rendent sur le mont Arafat. Une étape incontournable pour les 1,5 million de musulmans qui prennent part cette année au grand pèlerinage de La Mecque - l'un des cinq piliers de l'islam - autrement appelé « hajj ». Tout musulman qui en a la capacité physique et financière se doit en effet de l'accomplir au moins une fois dans sa vie.

Dès l'aube, les fidèles se sont rassemblés pour prier et réciter le Coran autour du mont Arafat. Parmi eux, Ahmoud Abou Elezz, ingénieur égyptien de 35 ans. « C'est un sentiment indescriptible », décrit-il, concernant ce lieu si important pour les musulmans. « C'est une chance qui ne se présente qu'une fois dans une vie et j'ai décidé de ne pas la laisser passer », confie Ibrahim Diab, un Allemand de 63 ans.

« Nous sommes dans l'endroit le plus sûr au monde »

Mais ce pèlerinage en Arabie Saoudite, dans une zone de tension en plein cœur du Moyen-Orient, revêt une saveur toute particulière cette année en raison du conflit qui y règne et des négociations en cours entre les États-Unis et l'Iran.

Alors qu'un cessez-le-feu est actuellement en vigueur, Fadel, un Américain de 49 ans, dévoile : « Même si la guerre était toujours en cours, je ne me serais pas désisté. Nous sommes dans l'endroit le plus sûr au monde », insiste-t-il. Pour les croyants, la foi ne se négocie pas avec les circonstances géopolitiques. Et le nombre de personnes sur place témoigne de l'absence de peur liée au conflit.

30 000 Iraniens présents

Si la foi n'attend pas, les tensions sont, malgré tout, bel et bien présentes. Ce mardi, le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei - qui n'est pas apparu en public depuis sa prise de fonction début mars - a publié une déclaration percutante. Il explique que les pays du Golfe « ne serviront plus de bouclier aux bases américaines » et que les États-Unis « s'éloignent chaque jour davantage de leur ancien statut » dans la région.

Face à cette situation, l'Arabie Saoudite s'emploie à tenir le pèlerinage à l'écart de la politique. C'est un équilibre délicat, d'autant plus que 30 000 ressortissants iraniens, donc d'un pays ennemi, foulent son sol. Ceux-ci sont étroitement encadrés par les autorités saoudiennes, empêchant les autres fidèles d'approcher ou d'échanger avec eux.

L'Arabie Saoudite sur ses gardes

Sur le plan militaire, l'Arabie Saoudite reste très vigilante. Le ministère de la Défense a déclaré que « les forces de défense aérienne sont chargées de protéger le ciel au-dessus des lieux saints et de faire face à toute menace aérienne ». Tout est donc fait pour limiter les risques d'attaques.

La situation reste très complexe puisque Donald Trump a « exigé » hier que des pays à majorité musulmane, dont l'Arabie Saoudite, « signent les accords d'Abraham ». Le but de ces accords est de normaliser leurs relations avec Israël. La déclaration est donc très mal venue pour Riyad, qui cherche précisément à maintenir la politique hors des lieux saints.

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