Ferenc Puskás (Hongrie) - Mondial 1954
Puskás n’a disputé qu’une seule Coupe du monde, mais elle reste l’une des plus marquantes de l’histoire. En 1954, il mène la Hongrie des « Magyars Magiques », invaincue depuis quatre ans, jusqu’à la finale. Blessé à la cheville lors du premier tour contre l’Allemagne, il revient diminué pour la finale de Berne. Malgré un but inscrit dès la 6e minute, la Hongrie s’incline 3 2 dans ce qui deviendra « le Miracle de Berne ».
Puskás termine le tournoi avec 4 buts en 3 matchs, mais son influence dépasse les statistiques : il fut le chef d’orchestre d’une équipe considérée comme l’une des plus grandes à n’avoir jamais été championne du monde.
Alfredo Di Stéfano (Argentine / Espagne) - Aucune participation
Di Stéfano est l’un des plus grands joueurs à n’avoir jamais disputé la moindre Coupe du monde. En 1950, l’Argentine se retire des qualifications. En 1954, il n’est pas encore éligible avec l’Espagne après avoir changé de nationalité. En 1958, l’Espagne ne parvient pas à se qualifier malgré sa présence. En 1962, blessé à la veille du tournoi, il reste sur le banc durant toute la compétition.
Résultat : aucune minute jouée en Coupe du monde pour un joueur qui a pourtant redéfini le football moderne. Une anomalie historique, fruit d’un contexte politique, administratif et sportif unique.
Eusébio (Portugal) - Mondial 1966
Eusébio n’a joué qu’une seule Coupe du monde, mais il y a laissé une empreinte indélébile. En 1966, il porte le Portugal jusqu’à une troisième place historique. Meilleur buteur du tournoi avec 9 réalisations, il signe notamment un quadruplé contre la Corée du Nord en quart de finale après avoir été mené 0 3. En demi finale, il réduit l’écart face à l’Angleterre mais ne peut empêcher la défaite (2 1).
Son Mondial reste l’un des plus impressionnants jamais réalisés par un joueur unique, mélange de puissance, de vitesse et de sang froid.
Johan Cruyff (Pays Bas) - Mondial 1974

Johan Cruyff n’a disputé qu’une seule Coupe du monde, mais il y a révolutionné le jeu. En 1974, il mène les Pays Bas du « football total » jusqu’en finale. Auteur de 3 buts et de performances magistrales, il incarne un style fluide, collectif et moderne. En finale, il provoque un penalty dès la première minute, mais la RFA renverse le match (2 1).
Cruyff refuse ensuite de participer au Mondial 1978 pour des raisons personnelles. Son héritage mondial reste immense : il n’a pas gagné la Coupe du monde, mais il a changé la manière de la jouer.
Michel Platini (France) - Mondial 1978, 1982, 1986
Platini dispute trois Coupes du monde et atteint deux fois le dernier carré. En 1978, jeune meneur, il marque contre l’Argentine mais la France sort au premier tour. En 1982, il conduit les Bleus jusqu’à la mythique demi finale de Séville face à l’Allemagne, perdue aux tirs au but après un match d’anthologie. En 1986, il marque contre l’Italie en huitième et participe à l’élimination du Brésil en quart, avant une nouvelle défaite contre l’Allemagne en demi finale.
Avec 5 buts en Coupe du monde, Michel Platini reste l’un des grands artisans de l’épopée bleue des années 80.

Paolo Maldini (Italie) - Mondial 1990, 1994, 1998, 2002
Maldini a disputé quatre Coupes du monde, sans jamais soulever le trophée malgré des parcours remarquables. En 1990, il atteint la demi finale à domicile. En 1994, il joue chaque minute du tournoi et conduit l’Italie jusqu’à la finale, perdue aux tirs au but contre le Brésil. En 1998, il s’arrête en quart face à la France, encore aux tirs au but. En 2002, il vit une élimination controversée contre la Corée du Sud en huitième.
Maldini détient le record italien de minutes jouées en Coupe du monde (2217), symbole d’une longévité exceptionnelle.
David Beckham (Angleterre) – Mondial 1998, 2002, 2006
Beckham vit trois Coupes du monde contrastées. En 1998, il marque un superbe coup franc contre la Colombie mais est expulsé contre l’Argentine en huitième, devenant bouc émissaire national. En 2002, il prend sa revanche en inscrivant le penalty victorieux contre l’Argentine au premier tour, avant une élimination en quart face au Brésil. En 2006, capitaine, il marque contre l’Équateur mais sort blessé en quart contre le Portugal.
Malgré 3 buts et des moments iconiques, Beckham n’a jamais dépassé les quarts de finale.
Raúl (Espagne) - Mondial 1998, 2002, 2006
Raúl dispute trois Coupes du monde mais ne franchit jamais le cap des quarts. En 1998, il marque contre le Nigeria mais l’Espagne sort dès le premier tour. En 2002, il inscrit 3 buts et mène la Roja jusqu’en quart, où une série d’erreurs arbitrales face à la Corée du Sud met fin à leur parcours. En 2006, diminué physiquement, il marque contre la Tunisie mais l’Espagne tombe en huitième face à la France. Raúl reste l’un des grands absents du sacre espagnol de 2010, auquel il ne participera pas.
George Weah (Liberia) - Aucune participation
Ballon d’or 1995, Weah n’a jamais disputé la Coupe du monde, faute d’une sélection suffisamment compétitive. Il porte pourtant le Liberia à bout de bras durant les années 90 et 2000, finançant parfois lui même les déplacements de l’équipe. Le Liberia échoue à un point de la qualification pour le Mondial 2002, malgré plusieurs buts décisifs de Weah en éliminatoires. Son absence en Coupe du monde est l’une des plus grandes frustrations de l’histoire du football : un génie individuel privé de la plus grande scène.
Cristiano Ronaldo (Portugal) - Mondial 2006, 2010, 2014, 2018, 2022
Cristiano Ronaldo détient le record de participations pour un joueur de champ : cinq Coupes du monde. En 2006, il atteint la demi finale. En 2010, il marque contre la Corée du Nord mais s’arrête en huitième. En 2014, diminué, il inscrit un but mais le Portugal sort au premier tour. En 2018, il signe un triplé mémorable contre l’Espagne et marque 4 buts, mais s’arrête en huitième. En 2022, il devient le premier joueur à marquer dans cinq éditions, mais le Portugal est éliminé en quart par le Maroc.
Malgré 8 buts en Coupe du monde, le trophée lui échappe. A 41 ans, dernière tentative à l'occasion de ce Mondial 2026.

De Puskás à Cristiano Ronaldo en passant par Cruyff, Platini ou encore Maldini, dix légendes du football n’ont jamais gagné la Coupe du monde.