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Naïma Moutchou : "Edouard Philippe est le mieux placé pour l'emporter"

Par Adélaïde Motte

ENTRETIEN SUD RADIO - candidature d'Edouard Philippe, incendies, narcotrafic : Naïma Moutchou, était “L’invitée politique” sur Sud Radio.

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Naïma Moutchou, interviewée par Benjamin Glaise sur Sud Radio, le 28 juillet 2026, dans “L’invité politique”.

A la présidentielle 2027, "Edouard Philippe est le mieux placé pour l'emporter" : au micro de Sud Radio, Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, a répondu aux questions de Benjamin Glaise.

"Le RN et LFI ont l’habitude de prospérer sur les crises"

Benjamin Glaise : La France est confrontée à une année tristement historique sur le front des incendies. Emmanuel Macron s’est rendu en Gironde hier, en début de soirée, aux côtés des sapeurs-pompiers. Il se devait d’être là-bas, le chef de l’État ?

Naïma Moutchou : Oui, absolument. Il a souhaité être au plus près de la population pour entendre les inquiétudes, les craintes, les angoisses, et c’est légitime, et pour répondre aussi à un certain nombre de sujets et réexprimer l’idée que l’État est présent. L’État est bien présent face à ce qui est une situation exceptionnelle, hors norme. C’est quelque chose que nous n’avions pas connu depuis très, très longtemps. Nous avons chaque jour entre trente et quarante départs de feu. On en comptabilise plus de 13 000 depuis le début de la saison des incendies, près de 120 000 hectares ont été brûlés. C’est une situation exceptionnelle qui nécessite une réponse exceptionnelle.

Benjamin Glaise : En tout cas, les critiques sont nombreuses, je le disais tout à l’heure, à l’égard du gouvernement. Jordan Bardella dénonce le manque de réactivité du gouvernement, notamment l’utilisation trop tardive, selon lui, de l’Airbus A400M, et le manque de moyens accordés à la Sécurité civile. Du côté de LFI aussi, on vous accuse, notamment Manon Aubry, d’avoir fait le choix d’abandonner la lutte contre les incendies. Est-ce que vous entendez ces critiques et que répondez-vous, que ce soit à LFI ou au RN, notamment ?

Naïma Moutchou : Je ne suis pas étonnée, puisque ceux que vous venez de citer ont l’habitude de prospérer sur les crises. Malheureusement, je vais vous dire, les Français attendent des résultats. Ils veulent qu’on garde notre sang-froid et qu’on puisse répondre à la situation. L’État est au rendez-vous. D’abord, il faut le savoir, ce sont des polémiques qui sont totalement inutiles et qui ne correspondent pas à la réalité opérationnelle. Ce sont des polémiques, ce ne sont pas des critiques constructives. Ça ne correspond pas à ce qui se passe sur le terrain. Moi, ce qui m’intéresse, c’est la réalité des choses. D’abord, la flotte aérienne dont nous disposons ne se limite pas à des Canadair. Bien sûr, il y a des Canadair, mais il y a aussi des Dash supplémentaires, qui ont d’ailleurs des capacités d’action plus importantes que les Canadair. Vous y ajoutez tous les moyens que nous avons l’habitude de louer chaque année pour ce type d’incendie. Donc, il y a des avions, il y a des hélicoptères, et puis il y a tous les autres moyens. Cela fait, en tout et pour tout, 67 véhicules aériens qui sont mobilisables, en plus de la capacité terrestre. Parce que la lutte contre l’incendie, dans l’immense majorité des cas, ça se passe sur le terrain, sur le sol : 2 500 sapeurs-pompiers sont mobilisés, ainsi que 1 500 militaires.

Benjamin Glaise : Donc, vous le dites, ils prospèrent sur cette crise, sur ces incendies. Ils en profitent, finalement ?

Naïma Moutchou : Mais évidemment, comme ils ont l’habitude de le faire. La situation que vivent nos compatriotes, les centaines de milliers de Français qui sont aujourd’hui obligés d’évacuer, de quitter leur foyer, les hectares brûlés, la biodiversité qui est atteinte, enfin, tout ça devrait nous amener à beaucoup de responsabilité et, je crois, à un peu de pudeur. Il faut agir pour obtenir des résultats, pour faire en sorte qu’il y ait une réponse opérationnelle immédiate, qu’on puisse fixer ces feux et que les Français puissent rentrer chez eux.

Benjamin Glaise : Au-delà des critiques, Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, réclame en urgence une réunion de crise avec tous les partis politiques et les groupes parlementaires. Est-ce que le gouvernement va en convoquer une ?

Naïma Moutchou : Il y aura le temps du bilan, si c’est ce que cherche Marine Tondelier. La priorité aujourd’hui, c’est de sauver des vies. Sauver des vies, sauver la vie des Français qui sont aujourd’hui menacés. Et il y en a encore, puisque la situation, vous le savez, n’est pas réglée. C’est un long combat que nous devons mener. Moi, je veux d’abord avoir une pensée pour ceux qui sont sur le terrain, pour tous ces sapeurs-pompiers mobilisés. Un jeune sapeur-pompier de 38 ans est encore mort cette nuit dans les Bouches-du-Rhône. Je veux dire toute ma reconnaissance, toute ma solidarité à ceux qui sont sur le terrain. Je pense aux proches, aux familles, à tous les collègues qui prennent des risques tous les jours.

Benjamin Glaise : Donc, on est clairs : pas de réunion prévue pour le moment avec les chefs de parti et de groupes parlementaires du côté du gouvernement ?

Naïma Moutchou : Je n’en suis pas informée. Je dis que la priorité, c’est l’action, l’action de terrain.

Benjamin Glaise : J’entends. On a beaucoup de colère exprimée, notamment du côté du Porge. Les habitants du Porge, une commune qui a été martyrisée, totalement dévastée par les flammes. On a une auditrice, hier matin, qui nous disait que sa commune avait été sacrifiée pour sauver le Cap-Ferret. Elle n’est pas la seule à le dire. On en a un autre qui dit qu’on n’a pas sauvé Le Porge parce qu’il n’y a pas de stars. Qu’est-ce que vous répondez à cette colère ? Ça rejoint un petit peu ce qu’un député insoumis avait écrit sur Twitter avant de supprimer son message. Il parlait des « bourgeois du Cap-Ferret ».

Naïma Moutchou : Non. L’État ne trie pas en fonction des statuts. Notre responsabilité, c’est de protéger tous nos compatriotes et nous déployons donc des moyens aériens et des moyens terrestres partout où nous le pouvons. À la fois la flotte aérienne que je vous ai décrite, à la fois la flotte terrestre, les appuis avec nos partenaires européens : nous agissons partout où nous pouvons agir.

"Les Outre-mer sont aux avant-postes de la lutte contre le narcotrafic"

Benjamin Glaise : Naïma Moutchou, vous êtes ministre des Outre-mer. Parlons-en, des Outre-mer. Un mot sur cette loi pour le développement économique des Outre-mer. Elle a été mise en place avec un dispositif d’allègement de charges pour les employeurs. Son avenir était en suspens. Est-ce que ces mesures, ce dispositif, seront prolongés ?

Naïma Moutchou : Ils le seront, et ça, c’est une bonne nouvelle pour les territoires et pour les Outre-mer. Vous savez la situation de contrainte budgétaire dans laquelle la France se trouve aujourd’hui. Nous allons devoir faire des économies sur le budget qui est actuellement en préparation, mais pas n’importe quelles économies, pas de mauvaises économies. Ces dispositifs économiques dont bénéficient les territoires ultramarins, la LODEOM et le RAFIP, pour ne pas les citer, sont en fait des dispositifs de soutien à l’emploi, à l’attractivité et à la création d’investissements. Ils seront préservés. Nous aurions pu les supprimer. L’idée était sur la table : plusieurs centaines de millions d’euros d’économies. Mais ce sont des économies qui auraient affaibli les territoires. Le Premier ministre a une vigilance toute particulière pour les Outre-mer, qu’il connaît bien. Il ne veut pas les affaiblir. Dans le cadre des discussions budgétaires que nous avons menées, j’ai donc pu obtenir, avec le soutien du Premier ministre, le maintien de ces dispositifs essentiels aux Outre-mer.

Benjamin Glaise : Les Outre-mer sont victimes du narcotrafic, principalement la Guyane et les Antilles. Vous avez fait un déplacement là-bas pour lancer un plan anti-gangs en Guyane, pour lutter contre le narcotrafic. Quelle est la réalité de ce narcotrafic aux Antilles et en Guyane ? Est-ce aujourd’hui le premier point de deal de cocaïne de France, la première plaque tournante du pays ?

Naïma Moutchou : Je dirais que les Outre-mer sont aux avant-postes de la lutte contre le narcotrafic, effectivement, parce que la cocaïne vient d’Amérique du Sud et transite par les frontières des territoires ultramarins : la Guyane, la Martinique et la Guadeloupe. Avant qu’elle arrive en France ou en Europe, elle transite par les ports et les aéroports de certains territoires ultramarins. C’est pour ça que la réponse doit être à la hauteur. Le narcotrafic, ce n’est pas juste la vente de stupéfiants aujourd’hui. Dans des territoires comme ceux que je viens de vous citer, le narcotrafic tue, recrute des enfants et corrompt.

Benjamin Glaise : Alors, comment fait-on pour lutter contre ce narcotrafic qui gangrène notamment la Guyane et les Antilles ? Ce plan anti-gangs, qu’est-ce que c’est ? Des moyens humains et financiers supplémentaires ?

Naïma Moutchou : Ce plan, effectivement, c’est une contre-offensive qui dit : on amplifie la guerre contre le narcotrafic et, pour ça, il faut des moyens.

Benjamin Glaise : Ce n’est pas seulement de la communication ? Vraiment, il y a une évolution là-dessus ?

Naïma Moutchou : Absolument, on change de dimension. Vous savez, les narcotrafiquants s’adaptent. Vous avez aujourd’hui des organisations criminelles avec des moyens colossaux, qui arrivent à infiltrer, y compris les systèmes. Il faut que la réponse soit à la hauteur. Donc, nous adaptons aussi notre réponse. On donne des moyens humains et matériels supplémentaires. On va davantage contrôler en mer les bateaux qui arrivent et qui transportent de la cocaïne. Il y aura des radars, par exemple, pour permettre un travail plus efficient des forces de sécurité. On va doter les aéroports de scanners, là aussi, pour pouvoir détecter les colis qui transportent des stupéfiants. On crée une brigade nautique au Grand Port maritime de Fort-de-France. On crée un tribunal judiciaire à Saint-Martin, le garde des Sceaux l’a annoncé, parce qu’il faut aussi que la réponse pénale soit au rendez-vous. Bref, on agit sur toutes les facettes.

Benjamin Glaise : La reconnaissance faciale aussi, pour lutter contre le narcotrafic, c’est envisagé ou pas ?

Naïma Moutchou : Absolument. La reconnaissance faciale ou l’intelligence artificielle. On va doter notamment la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane de vidéoprotection, de vidéosurveillance, avec des moyens, notamment d’intelligence artificielle, pour être beaucoup plus efficaces et pour que les enquêteurs puissent voir leur travail facilité.

"Édouard Philippe est une cible de choix, notamment pour ces réseaux prorusses"

Benjamin Glaise : Naïma Moutchou, vous êtes ministre. Vous êtes également un soutien d’Édouard Philippe pour l’élection présidentielle. Vous faites partie d’Horizons. Édouard Philippe est le premier candidat à cette élection présidentielle à avoir été visé par une opération de désinformation, en l’occurrence une campagne prorusse à propos de son état de santé. Comment l’ancien Premier ministre a-t-il vécu cette opération de désinformation ?

Naïma Moutchou : Alors, d’abord, Édouard Philippe va bien. Il mène campagne, il continue à sillonner le territoire. Il est la première victime de cette campagne de désinformation. Vous l’avez dit, sans grand étonnement. Il alerte, nous alertons depuis très longtemps sur ce qui est en train de se passer. Nous savons depuis très longtemps que les grands rendez-vous nationaux, les grandes campagnes nationales, notamment de type présidentiel, seront le grand théâtre de la manipulation. Donc, ça ne m’étonne pas qu’Édouard Philippe soit le premier visé par une campagne de désinformation dans le cadre de cette campagne. Édouard Philippe est une cible de choix, notamment pour ces réseaux prorusses. Il est le candidat le mieux placé pour l’emporter.

Benjamin Glaise : Il est donc une cible. Ça veut dire qu’il est une menace pour Vladimir Poutine ? Édouard Philippe fait peur à Vladimir Poutine ?

Naïma Moutchou : Mais de quoi parle-t-on ? On parle d’ingérence étrangère. Vous avez aujourd’hui un certain nombre d'États ou d’organisations qui veulent déstabiliser les scrutins, qui veulent influencer le vote des Français et qui diffusent donc massivement de fausses informations pour semer le doute et essayer de faire pencher la décision. Il se trouve qu’Édouard Philippe est effectivement une menace pour un certain nombre d’entre eux. Édouard Philippe incarne la démocratie, le respect des règles, l’État de droit. Il est donc une menace pour un certain nombre de ces pays.

Benjamin Glaise : Le gouvernement souhaite en tout cas durcir les peines pour les personnes diffusant de fausses informations dans un contexte électoral. Nous y sommes. Que peut-on faire, notamment, pour les personnes qui agissent depuis l’étranger ? Est-ce qu’on peut vraiment faire quelque chose ?

Naïma Moutchou : Oui, parce que, d’abord, nous avons commencé à le faire. Je suis bien placée pour vous en parler. J’ai porté un texte en 2018, le premier texte qui visait précisément à lutter contre les fake news, qui permet de saisir un juge, notamment en période électorale, quand une fausse information est diffusée sur un candidat. À l’époque, je peux vous dire qu’il y avait une levée de boucliers de tous les partis d’opposition, qui criaient à la censure. Vous voyez que, quelques années après, plus personne ne fait le constat inverse. Il y a une menace qui pèse sur la démocratie. Il faut aller plus loin. C’est ce que fait le texte qui a été présenté par Laurent Nuñez, qui donnera des moyens supplémentaires pour agir contre les fake news, pour les supprimer en temps réel et pour aggraver les peines.

Benjamin Glaise : Sur cette question de la censure, il y a des inquiétudes tout de même. On a notamment un sénateur centriste, Laurent Lafon, qui a parlé d’« ingérence intérieure ». Est-ce que vous craignez vous-même une forme de désinformation de l’intérieur ?

Naïma Moutchou : Absolument pas. Ce dont on doit se méfier, ce qui doit nous inquiéter, c’est ce qui vient de l’extérieur. Le cadre interne est réglé. C’est-à-dire que la liberté d’expression, en France, est large, ce qui fait d’ailleurs de nous un grand pays. On peut avoir des débats d’idées, des débats d’opinion, dans le respect, bien évidemment, de l’ordre public et des limites liées au racisme et aux discriminations. Le cadre est clair. Ce qui doit aujourd’hui nous rassembler, et qui doit rassembler notre énergie, c’est la lutte contre les fake news qui vont venir d’ailleurs.

Benjamin Glaise : Ça veut dire, je ne sais pas, qu’un internaute, un twittos français qui relaie, par exemple, cette campagne de désinformation dont a été victime Édouard Philippe doit être condamné, interpellé pour l’avoir relayée ? Justement, sur un cas très concret, ici, vous l’avez vécu.

Naïma Moutchou : Oui, vous voyez bien la difficulté qui est la nôtre aujourd’hui. C’est pour ça qu’il faut, en amont, se doter de moyens qui permettent de stopper net ces fausses informations, parce qu’elles circulent très, très vite. Une fausse information circule six fois plus vite qu’une vraie information. À partir de là, je crois que les choses sont dites.

"Édouard Philippe parle à la France et aux Français"

Benjamin Glaise : Naïma Moutchou, donc, ministre des Outre-mer et soutien également d’Édouard Philippe dans cette campagne présidentielle. Je le rappelle, il est l’un des candidats du bloc central avec Gabriel Attal. Lequel se désistera et lequel sera finalement le candidat pour 2027 ?

Naïma Moutchou : Ça, c’est une rencontre avec les Français. Ce sont les Français qui choisiront.

Benjamin Glaise : « Ce sont les Français qui choisiront », ça veut dire quoi ? Ça veut dire quoi ? C’est une rencontre ? La présidentielle, ce sont les sondages qui vont décider ou pas ?

Naïma Moutchou : La présidentielle, en tout cas, ce n’est pas un concours de réseaux sociaux, de petites phrases ou de slogans. La présidentielle, c’est une question simple : à qui voulez-vous confier le pays pendant cinq ans pour faire face à des défis qui sont immenses ? Crise internationale, défi de la dette, poids de l’immigration… C’est donc quelque chose de sérieux. Édouard Philippe incarne ça. Il a cette stature, d’abord. Il a cette expérience. Il a été Premier ministre.

Benjamin Glaise : Il a plus d’expérience que Gabriel Attal ?

Naïma Moutchou : Il a été dans la gestion de crise. Il a une histoire personnelle aussi. Je crois qu’il parle aux Français, qui s’identifient à elle. Son grand-père était docker. Ses parents étaient instituteurs. Il vient d’un milieu modeste. Il a réussi par l’école. Il a été maire, au contact des Français. Vous voyez, cela fait un certain nombre de qualités ou d’atouts qui font qu’il est connecté à la population.

Benjamin Glaise : Certains rattachent aussi Édouard Philippe aux Gilets jaunes et à sa volonté…

Naïma Moutchou : On aura l’occasion, dans le cadre des débats, de revenir sur ce qu’a été le vrai bilan d’Édouard Philippe et, là aussi, de lutter contre une forme de désinformation politique qui s’annonce. Mais ce que je veux vous dire, c’est qu’il est le seul en capacité de rassembler, parce qu’Édouard Philippe parle à la France et aux Français. Il ne parle pas à un camp politique ou à une famille politique, ça ne l’intéresse pas.

Benjamin Glaise : Il peut parler aux Gilets jaunes, par exemple ?

Naïma Moutchou : Il parle à tout le monde. Il doit parler à tout le monde. Ce qui l’intéresse, c’est un projet commun. C’est essayer de dessiner un avenir et un destin pour tous les Français, et ne pas composer avec une addition de partis politiques.

Benjamin Glaise : Quand faudra-t-il décider qui, de Gabriel Attal ou d’Édouard Philippe, sera candidat pour 2027 ? C’est la question qui se pose. Ça va aller vite. On est dans la dernière ligne droite, à moins de neuf mois. À quel moment faudra-t-il décider entre les deux ?

Naïma Moutchou : À mon avis, à mon goût en tout cas, le plus vite possible. Le plus vite possible, parce qu’il y a une bataille, dès cet été, dès la rentrée. Il y a une bataille qui s’annonce contre le Rassemblement national et contre La France insoumise. Donc, j’espère que l’énergie qui sera déployée par les candidats du bloc central pourra vite trouver une réponse dans un candidat commun. Je veux dire qu’il faut qu’on se rassemble, qu’on rassemble nos idées et qu’on rassemble notre énergie, justement, dans la lutte contre le Rassemblement national et La France insoumise.

Benjamin Glaise : Gabriel Attal doit se désister au profit d’Édouard Philippe, compte tenu de ce qu’on observe aujourd’hui ?

Naïma Moutchou : Je suis un soutien d’Édouard Philippe, je ne vais pas vous dire l’inverse. Pour moi, il est le seul candidat qui est en capacité de l’emporter. Donc, raisonnablement et en responsabilité, j’appelle effectivement les autres candidats à se rallier à la candidature d’Édouard Philippe.

Benjamin Glaise : Merci beaucoup. Les autres candidats, Bruno Le Maire notamment… Alors, il n’est pas encore candidat, mais vous avez vu qu’il a accordé une longue interview à La Tribune Dimanche.

Naïma Moutchou : Vous venez de le dire, il n’est pas candidat. Mais Bruno Le Maire, qui a des idées, qui fait des propositions, est le bienvenu aussi dans cette grande équipe au service de la France.

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